Avis« Flashnitz » m’a conquis

YACHT

 · 29.08.2026

Avis : « Flashnitz » m’a conquis
Semaine du YACHT – Rétrospective

Chères lectrices, chers lecteurs,

Je l'avoue à contrecœur : c'est justement la première allemande du SailGP 2025 que j'ai manquée. À l'époque, Sassnitz portait le nom peu flatteur, mais tout à fait approprié, de « Crashnitz » qui est entré dans l'histoire de la ligue, le YACHT- Le rédacteur en chef n'était pas dans la tribune. Ça ne devrait pas m'arriver une deuxième fois.

C'est ainsi que, le week-end dernier, je me suis retrouvé pour la première fois en direct devant ce « Circus Maximus » de la voile – et j'ai été captivé dès les premières minutes. SailGP à la télévision C'est spectaculaire. Assister à une course de SailGP sur place, c'est une expérience totalement différente. On entend le sifflement des foils, on sent les rafales, on voit les jets d'écume et on réalise soudain à quel point ces bateaux sont incroyablement rapides. L'instant d'avant, un F50 planait à une extrémité du parcours ; l'instant d'après, il file à toute allure devant les tribunes. L'œil a du mal à suivre, et l'esprit encore plus.

107,63 kilomètres à l’heure ! Samedi, la France a battu le record dans des régions que l’on associe davantage à l’autoroute qu’à la voile. Auparavant, plusieurs équipes avaient déjà battu l’ancien record, dont l’équipage allemand avec 104,6 km/h. Les F50 vibraient, bondissaient, accéléraient et filaient si près les uns des autres qu’on retenait instinctivement son souffle. Il ne s’agissait pas d’une navigation tranquille en tonneau, mais d’un sport de haute vitesse sur le fil du rasoir. La comparaison avec la Formule 1 n’est pas fortuite.

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Au cœur de l'action : l'équipe allemande. Après deux courses difficiles samedi, elle a remporté une victoire sans partage et, soudain, toute la tribune s'est levée. Acclamations, drapeaux, bras levés. C'est exactement le genre de moments dont la voile allemande a besoin.

Dimanche, ils ont réalisé un nouvel exploit : l'équipage a choisi l'autre côté du parcours, y a trouvé le vent, tandis que leurs concurrents tombaient de leurs foils, et a de nouveau remporté la victoire. Une stratégie audacieuse qui a démontré qu’Erik Kosegarten-Heil et son équipe savent non seulement naviguer vite, mais aussi avec beaucoup d’intelligence. Le fait que cela n’ait finalement pas suffi pour se qualifier pour la finale s’inscrit dans les rebondissements de ce week-end. Ces deux victoires de course n’en restent pas moins un résultat remarquable.

Des nuages sombres, des averses, du soleil, un arc-en-ciel et un vent de 20 nœuds soufflant de l'ouest ont créé un mélange parfait, offrant des moments de voile à la fois palpitants et photogéniques. « Flashnitz » au lieu de « Crashnitz », a écrit notre journaliste spécialisée dans les régates, Tatjana Pokorny Tout à fait. Même une agence événementielle n’aurait guère pu imaginer un scénario plus spectaculaire. Environ 15 000 personnes ont suivi les épreuves depuis les tribunes, encourageant non seulement les Allemands, mais se laissant volontiers emporter par ce mélange de sport de haut niveau et de fête populaire. En finale, ce sont finalement les Australiens, emmenés par Tom Slingsby, qui ont triomphé une nouvelle fois, devant le Canada et l’Espagne.

Bien sûr, les puristes de la voile peuvent faire la fine bouche. Face à la musique forte, aux courses courtes, aux grands écrans et à une mise en scène qui rappelle parfois davantage la Formule 1, déjà évoquée, que les régates traditionnelles du mercredi. Mais on peut aussi reconnaître une chose : ici, on réussit ce à quoi notre sport échoue souvent par ailleurs. SailGP rend la voile immédiatement compréhensible et donc accessible au grand public. Le départ, la vitesse, les duels, le risque, la victoire ou la défaite : tout se passe sous les yeux du public et à un rythme captivant. Personne n’a besoin de jumelles pour deviner qui est en tête. Et personne ne rentre chez soi sans avoir ressenti quelque chose.

Était-ce le plus grand événement international de voile que l'Allemagne ait jamais connu ? Pour moi, c'est exactement ce que j'ai ressenti. Des athlètes de classe mondiale, une technologie de pointe poussée à ses limites, une arène pleine à craquer et une équipe allemande qui a enthousiasmé son public. Sassnitz a montré tout le potentiel que recèle la voile lorsqu’on ne la cache pas à l’horizon, mais qu’on la met en avant, au cœur même des supporters.

Les 14 et 15 août 2027, la SailGP revient à Sassnitz. J'ai déjà noté cette date dans mon agenda. Et vous ? Donnez-moi votre avis sur le spectacle de la SailGP à l'adresse suivante : hager@yacht.de ou dans les commentaires.

Martin Hager

Rédacteur en chef de YACHT


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