YACHT
· 01.02.2025
Chers lecteurs, chères lectrices,
"Alors, que penses-tu de Boris ?" On me pose cette question plus souvent ces jours-ci.
Étonnamment, la plupart des discussions se font avec des amis, des connaissances ou des voisins qui n'ont en fait rien à voir avec la voile et avec lesquels je n'ai parfois jamais parlé de voile.
Apparemment, Boris Herrmann a réussi, une fois de plus, à intéresser des personnes bien au-delà de la bulle d'intérêt de la communauté de la voile. Dans ces conversations, il n'est presque jamais question de son placement. La rupture de son foil est évoquée, tout comme son séjour dans le mât. Un grand respect se dégage de ces échanges ; apparemment, même les non-voileux peuvent se faire une idée du défi : l'homme contre la mer, l'engagement contre la solitude, la peur contre l'agressivité. C'est sans doute encore et toujours ce mythe de Jules Verne : le tour du monde en 80 jours. Autour du monde. En 80 jours. Seul !
Je dis alors que je trouve cela complètement fou, ce que Boris, ce que tous les autres participants font là. J'ai eu deux fois le privilège de naviguer sur des Imoca. Dix chevaux ne me feraient pas monter sur une telle caisse si je devais naviguer seul avec, où que ce soit, et encore moins dans l'océan Austral. Et si je devais le faire, ce ne serait pas pour plus de quelques heures et, s'il vous plaît, avec un bateau d'accompagnement.
Après la précédente Vendée, où Boris avait terminé à une sensationnelle cinquième place, j'ai vu un film. Il contenait des séquences vidéo inédites de Boris, qui ne sont toujours pas librement accessibles. On y voyait une scène où il était assis sous le pont après sa réparation de l'époque dans le mât. Il faut le savoir : L'homme a le vertige. Il était accroupi comme un tas de misère, profondément choqué, complètement anéanti, en pleurs. Je pensais qu'il en avait fini avec la Vendée.
Mon respect est d'autant plus grand qu'il l'a fait une fois de plus. Qu'il ait réussi à surmonter cette peur intérieure. Quel doit être son amour pour la mer, pour l'aventure des grands espaces ?
C'est pourquoi, lors de l'actuelle Vendée, j'ai prêté beaucoup plus d'attention qu'auparavant aux nuances de ses vidéos ou de son blog ici sur yacht.de. Avec quelle attitude mentale, avec quelles stratégies d'adaptation a-t-il relevé ce défi psychique apparemment énorme pour lui ? Sans parler des épreuves physiques. On pouvait y lire beaucoup de choses. Il était beaucoup question de sécurité, d'arriver à bon port, de ne pas regarder en arrière. De ne pas avoir de pensées négatives, de rester dans le moment présent. Qu'est-ce qu'il a dû souffrir cette fois encore ?
J'ai été particulièrement impressionné lorsqu'ils se sont retrouvés dans l'océan Austral, alors qu'il s'agissait de prendre ou de contourner une méchante tempête avec des rafales de 60 nœuds, juste avant les Kerguelen. Le duo de tête s'est mis en selle et a pris de l'avance, Boris et quelques autres se sont dirigés vers le nord. Boris a écrit : "Des conditions dans lesquelles on ne voudrait pas être".
Et pourtant, Boris a continué. Pour arriver, pour s'en sortir.
L'aspect sportif, l'aspect résultat, passe alors presque totalement au second plan. Boris dit qu'il n'a pas atteint ses objectifs sportifs avec une douzième place. Il n'y était que partiellement pour quelque chose. Sans les problèmes matériels du dernier tiers - deux coups dans le mât, dégâts dus à la foudre, bris de foil, déchirure de la grand-voile - il aurait sans doute été plus haut dans le tableau des résultats. Mais le podium que beaucoup, moi y compris, espéraient, s'est envolé bien plus tôt, en fait dès l'Atlantique Sud lors du tour aller. C'est là qu'il a raté la correspondance et donc les systèmes météo. Et alors ?
Seuls un peu plus de 60 skippers ont terminé deux fois la Vendée. Boris est l'un d'entre eux. Personne ne pourra lui enlever ça.
Boris a annoncé sa prochaine participation, la troisième. Réfléchissons : lors de la première, il était un greenhorn vendéen, naviguant pour le podium jusqu'à peu de temps avant la fin, peut-être selon la devise : "car il ne savait pas ce qu'il faisait". La deuxième fois, il savait ce qui allait arriver, il était armé, intensément préparé, il voulait certainement prouver que l'arrivée précédente n'était pas un hasard ou de la chance. Qu'il en était capable.
Il l'a maintenant définitivement prouvé, il n'a plus rien à prouver. Quelles perspectives cela peut-il ouvrir ? Arriver, passer sans encombre, bien sûr, cela doit toujours faire partie des directives, il s'agit aussi de survie après tout. Mais que se passerait-il s'il était éliminé lors de la prochaine édition, par exemple à cause d'une rupture de matériel ? Rien du tout. Personne ne peut plus douter de ses capacités à naviguer. Il peut désormais naviguer en toute liberté. Comme le chantent encore les "Ärzte" : "C'est toujours quand on s'en fout qu'on est le meilleur".
Je souhaite à Boris et à moi-même que la prochaine fois, il ne se soucie pas de tout, mais de beaucoup plus. Qu'il s'en sorte, bien sûr. Mais aussi qu'il puisse couronner sa carrière vendéenne par un podium. Il aura toujours mon respect, quelle que soit l'issue, et celui d'une immense communauté de fans de toute façon. Il ne pouvait rien nous arriver de mieux que Boris en Vendée.
Et si ça ne marche pas dans quatre ans, ce sera en 2032, 2036, ...
Rédacteur en chef de YACHT Digital
Le live tracker du Vendée Globe 2024/25 : ce tracking montre le déroulement de la course de la dixième édition de la course autour du monde à la voile - avec Boris Herrmann !
Ce qui a commencé comme un projet audacieux dans une cuisine de Hambourg s'achèvera en beauté le 2 mai : Après leur participation à la course autour du monde Globe40, Melwin Fink (24 ans) et Lennart Burke (27 ans), le plus jeune équipage allemand en double, rentrent à leur port d'attache. La "caisse de bière sur le ponton" prévue à l'origine pour les accueillir s'est transformée en un véritable événement pour tous les fans. Soyez de la partie lorsque les garçons feront leur entrée dans la HafenCity samedi !
Un rapport de la BSU révèle que : Un remorqueur mal identifié est entré en collision avec un voilier au large de Rügen. Le cas montre de graves lacunes dans les véhicules de sécurité routière.
Nautor Swan présente le Swan 73 et marque ainsi son retour dans le segment des 22 mètres après deux décennies. Le nouveau modèle combine des performances de régate avec d'excellentes caractéristiques de croisière grâce à une disposition asymétrique du pont et un agencement intérieur convaincant. La première coque est déjà en cours de construction à Pietarsaari et devrait être mise à l'eau en 2027.
Le "Nord", long de 142 mètres, a été le premier méga-yacht à oser franchir le détroit d'Ormuz fermé - avec succès.
Conçu en 1968 par Dick Carter, le monotone "Anaïs" est un navire jumeau du double champion du monde "Optimist" : il est utilisé comme bateau de croisière par une famille de Hambourg.
Au milieu de l'Atlantique, un bateau de la flotte The Worlds Toughes Row a été transpercé par un marlin. Une vidéo de l'équipage a suscité un débat animé parmi les navigateurs en eau bleue.
Des centaines de propriétaires abandonnent purement et simplement leurs bateaux. Les bateaux à la casse deviennent un problème de plus en plus important pour les chantiers navals. Aucune solution rapide n'est en vue.
Des vagues inhabituellement hautes, plusieurs avaries et une grande opération de recherche : la Glückstadt-Regatta sur l'Elbe a connu des moments dramatiques, mais aucun dommage corporel n'a été signalé. Le directeur de course Michael Aldag explique ce qui s'est réellement passé et pourquoi le manque d'annonces de départ a inutilement compliqué la situation.
Le long de la côte allemande de la mer Baltique, des nouveautés sont annoncées pour la saison 2026. Notre mise à jour des zones de navigation pour le fjord de Flensburg et la Schlei.
Le Kvarner est la plus grande baie de la côte adriatique croate et une zone de navigation sous-estimée. Pourquoi le nord de la Croatie reste-t-il une destination secrète ?
Der Yacht Newsletter fasst die wichtigsten Themen der Woche zusammen, alle Top-Themen kompakt und direkt in deiner Mail-Box. Einfach anmelden: