YACHT
· 09.05.2026
Chers lecteurs, chères lectrices,
mon moment fort de la semaine ? Un jugement de la Cour d'appel de Schleswig. Non pas parce que le résultat était si surprenant, mais parce qu'il était rédigé en langage maritime.
J'imagine qu'il est extrêmement difficile de devoir juger des faits dont le noyau problématique réel ne peut être compris suffisamment bien pour répondre aux questions juridiques "autour" qu'avec une connaissance plus approfondie de la matière concernée.
C'est pourquoi les tribunaux emploient presque toujours, lorsqu'il s'agit de questions techniques, des experts pour parvenir à des décisions justes. Il en va de même pour le droit de la plaisance. Certes, de nombreux cabinets d'avocats se sont spécialisés dans le traitement des cas où les propriétaires et les assurances se disputent les droits liés au bateau, mais il n'existait pas jusqu'à présent de juges spécialisés dans ce type de cas.
Dans le cas de l'arrêt de Schleswig, la situation était différente. Il s'agissait d'un des nombreux cas où les propriétaires n'ont pas prêté attention à leurs bateaux pendant la marée de tempête de la mer Baltique, alors qu'ils étaient encore dans l'eau.
Beaucoup avaient leurs raisons. Dans le cas présent, un propriétaire avait laissé son bateau à moteur dans le port de Schleswig Wiking pour se détendre en faisant de la "digital detox" pendant ses vacances à l'étranger. Il n'a donc pas entendu l'avertissement de la tempête, ni celui de la marée haute. Il n'a pas non plus vu la marée de tempête elle-même, ni le fait que son bateau s'est détaché pendant celle-ci et a causé des dommages à hauteur de cinq chiffres à l'amodiataire voisin. Ce dernier a voulu se faire rembourser les frais de réparation et a porté l'affaire devant le tribunal de grande instance, qui lui a donné raison.
Le conducteur du bateau à moteur a fait appel. Le tribunal de grande instance aurait considéré à tort que la manière dont il avait amarré son bateau était insuffisante. En tant que plaisancier invité, il aurait en outre pu compter sur le fait que le capitaine du port s'occupe des bateaux. Une telle obligation incombait également au voisin plaignant, à qui l'on peut reprocher d'être coresponsable de son propre dommage. Enfin, une telle inondation à l'extrémité de la Schlei n'était pas prévisible.
Le tribunal aurait pu se contenter de confirmer la jurisprudence du tribunal de grande instance en se référant à une expertise sur les conditions météorologiques et à une autre sur les circonstances de l'accident. Mais la 11e chambre a été si claire sur le plan technique dans les motifs de l'appel qu'à certains endroits, on a presque l'impression de lire un livre sur le permis de navigation.
"Le défendeur ne prétend pas non plus qu'il n'aurait pas fallu s'attendre à ce qu'une ligne non sécurisée glisse lorsque le niveau d'eau était de 1,90 m au-dessus du niveau moyen. Cela ne serait d'ailleurs pas plausible. En effet, selon les conditions locales, que le Sénat connaît par sa propre expérience et qui ressortent des photos du site web du port de plaisance, également exploitées par le tribunal régional, les dalots ne dépassent pas de plus de 1,90 m à tout au plus 2 m de l'eau lorsque le niveau d'eau est moyen. C'est une pratique courante, car elle permet aux capitaines de bateaux de passer par-dessus les têtes des dalots lorsqu'ils entrent ou sortent d'un box et de les entourer d'une corde en boucle ou d'un nœud coulant. Si les haubans étaient beaucoup plus hauts, cela ne serait plus possible pour les personnes de petite taille sur des bateaux dont le pont est bas".
Il ne suffit pas d'attacher les amarres sur les pieux en cas d'intempéries telles que celles annoncées, mais elles doivent être sécurisées par des amarres en toile ou des amarres à boudin pour éviter qu'elles ne se relèvent. Mais surtout, le tribunal a précisé que les propriétaires ne pouvaient pas se soustraire à leur responsabilité en arguant que le capitaine du port ou les plaisanciers voisins s'en occuperaient déjà sur place.
Cela fait du bien de lire ce genre de choses. Car plus la manière d'aborder son propre bateau est décontractée, plus le risque pour l'entourage est grand. Certes, l'époque où avoir son propre bateau excluait toute obligation concurrente pendant les loisirs est révolue. Mais je souhaiterais que certains propriétaires se souviennent qu'avec un voilier, on assume aussi une part de responsabilité. Et pas seulement lors d'événements centenaires comme les inondations de la mer Baltique.
Lasse Johannsen
Rédacteur en chef adjoint de YACHT
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