Lars Bolle
· 16.09.2026
La vidéo consacrée à l’Ocean Race Atlantic montre ce que les classements ne peuvent pas transmettre : le moment où une avance s’effrite. Le travail sous le pont lorsque l'eau s'infiltre dans le bateau. Les minutes d'angoisse qui ont suivi le bruit sourd dans la nuit. Et les images d'un bateau qui, malgré un foil bâbord endommagé, reprend de la vitesse et parvient presque à se hisser en tête.
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Dès les premières minutes, on comprend l’ampleur de la tâche. Six équipages IMOCA s’élancent pour la traversée de l’Atlantique vers Lorient. À ce moment-là, le « Malizia 4 » n’est à l’eau que depuis deux mois et doit immédiatement s’imposer face à des concurrents bien rodés. Aux côtés de Boris Herrmann naviguent Justine Mettraux, Cole Brauer et le navigateur Julien Villion. L'équipage est non seulement composé de personnalités de premier plan, mais il allie également expérience de la navigation en solitaire, routine en haute mer et expertise en matière de planification d'itinéraire.
Les images du départ au large de New York et de la traversée vers la ligne de départ, située bien au large, offrent un contraste serein avec ce qui va suivre. La course ne commence pas par l’agitation habituelle de la ligne de départ, mais par une approche prudente dans une zone où abondent les mammifères marins. Ce n’est qu’ensuite que la course commence véritablement.
Et c'est parti : le « Malizia 4 » remporte la première place Super sprint de la course et prend la tête dès le premier jour. La vidéo capture ces premières scènes au rythme effréné, dans lesquelles Boris Herrmann est aux commandes et où le nouveau bateau file à toute allure sur l'eau. Ce sont ces séquences qui font tout le charme de cette rétrospective.
Les scènes les plus fortes du film sont celles où le plan ne se déroule plus comme prévu. Alors que le bateau navigue au près, un couvercle d’inspection du réservoir de ballast avant se détache. De l’eau s’infiltre dans la partie avant du bateau. L'équipage remplace sans hésiter le couvercle perdu par celui du réservoir arrière, pompe l'eau et rend le ballast avant à nouveau utilisable.
Ces photos ne montrent pas une mise en scène héroïque de réparation, mais un moment rare et concret à bord. Elles illustrent à quel point l’improvisation reste indispensable, même sur un IMOCA flambant neuf et à la pointe de la technologie. Les Avance précoce de la « Malizia 4 » est relativisée ; cette simple réparation montre qu'en mer, un imprévu peut survenir à tout moment.
Le véritable tournant survient au cours de la quatrième nuit. Selon les informations fournies par l'équipe, le foil bâbord entre en collision avec un mammifère marin ou un gros poisson. L'équipage doit virer de bord, évaluer les dégâts et sécuriser le vérin hydraulique. Il est possible de poursuivre la navigation, mais l’aileron n’est plus pleinement opérationnel.
Les conséquences ont été brutales : alors qu'elle était en tête, l'équipe s'est retrouvée avec un retard pouvant atteindre 110 milles marins. La La collision et les dégâts subis par le foil sont documentés depuis longtemps. Mais le film rend ces événements palpables : l'incertitude qui règne juste après l'impact et la concentration d'un équipage qui doit trouver une solution provisoire dans l'urgence.
La régate a été serrée, tactiquement et techniquement complexe. La vidéo présente de nombreux plans tournés directement à bord : des changements d'équipe sous la pluie, le travail en tenue de protection, des marins coiffés de casques dans les eaux agitées de l'Atlantique Nord, ainsi que de brefs instants où même les soins corporels deviennent une petite pause dans cette situation d'urgence.
Entre ces scènes s’intercalent de longues prises de vue océaniques, presque élégiaques. La houle, l’écume et les jeux de lumière confèrent au film l’ampleur nécessaire. Elles montrent clairement qu’un IMOCA n’est pas seulement un bateau à foils de 60 pieds, mais qu’il reste aussi, pendant des jours, à la fois un lieu de travail, un lieu de sommeil et un refuge pour son équipage. C’est précisément l’alternance entre vitesse et silence, entre panne technique et coucher de soleil, qui porte cette rétrospective.
Si vous voulez simplement savoir qui a gagné, vous trouverez le résultat en une ligne. Si vous souhaitez comprendre pourquoi une quatrième place semble tout de même être un premier test de résistance réussi pour cette équipe, la vidéo vous apportera une meilleure réponse. Le nouveau « Malizia 4 » était rapide, il était en tête et est resté en course après la collision. De même, le Analyse des balises pour l'Ocean Race Atlantique confirmé : lors de nombreuses phases comparables de vent faible à modéré, le bateau a affiché le profil de vitesse le plus élevé du groupe de tête.
Malgré cet incident, la course était loin d'être jouée pour Malizia. L'équipage a réduit de moitié son retard et, malgré ce contretemps, a remporté un autre sprint. Lorsqu'un anticyclone a ensuite resserré le peloton, les quatre premiers bateaux se trouvaient à nouveau à moins de 50 milles marins les uns des autres. Le Remontée après la collision C'est l'un des moments les plus captivants du film, car l'espoir renaît ici, sans pour autant que les contraintes liées au bateau disparaissent.
Dans la dernière ligne droite vers Lorient, les IMOCAs atteignent jusqu’à 30 nœuds. « United by the Ocean » s’impose devant « 11th Hour Racing ». Le nouveau « DMG Mori Global One » conserve la troisième place, mais le « Malizia 4 » le suit à seulement 300 secondes.
Boris Herrmann et la course autour du monde suit l'équipe Malizia lors de l'Ocean Race et offre un aperçu des coulisses que le suivi de la course ne peut pas montrer. Cet ouvrage illustré aborde la préparation, la conception du bateau, la cohésion de l'équipage ainsi que les hauts et les bas en mer.
Boris Herrmann, explorateur des mers se penche sur l'expérience de Boris Herrmann lors du Vendée Globe. Des textes personnels et de nombreuses illustrations évoquent la solitude, les épreuves et les expériences dans la nature que l'on vit lors des courses au large. Pour les lecteurs qui, après avoir visionné la vidéo, souhaitent s'immerger encore davantage dans l'atmosphère des longues journées passées en mer, cet ouvrage offre une approche différente et plus personnelle.
Selon vous, quelle scène de la vidéo illustre le mieux l'essence même des courses au large modernes : la panne du foil, les travaux de réparation ou la remontée spectaculaire dans la dernière ligne droite ?

Rédacteur en chef Digital