YACHT
· 06.07.2024
Chers lecteurs, chères lectrices,
J'aimerais ouvrir ce billet par une citation tirée de notre page Facebook : "Je me fiche de tout. Je n'aime pas l'agitation et je n'ai pas de goût pour les régates, cela ne me fascine tout simplement pas. Nous naviguons pour nous détendre, pour avoir une sorte d'équilibre mental par rapport à la semaine de travail. Je ne me soucie pas du nombre de millisecondes de retard, etc. Mais chacun fait comme il veut".
Il a été écrit par Louis Buuh (peut-être un pseudonyme) et est une réaction à la semaine YACHT de mon collègue Max Gasser, qui a écrit sur la semaine de Kiel. J'ai déjà entendu ou lu ce genre de choses, en résumé : "La régate, ce n'est pas mon truc".
Je me dis alors toujours : "D'où vient ce refus catégorique ? Ces personnes ont-elles fait de mauvaises expériences, ont-elles déjà participé à une régate ou ont-elles même quelque chose à voir avec le sport ?"
Bien sûr, la dernière phrase de Buuh s'applique ici aussi : "Chacun comme il l'entend". Mais ce qui m'étonne, c'est la conclusion inverse de la citation. La régate ne serait donc pas un moyen de se détendre et ne permettrait pas de compenser mentalement la semaine de travail.
Je ne suis pas d'accord avec cette affirmation et je voudrais en même temps rompre une lance en faveur de la régate. Il n'y a guère d'autres activités que je connaisse comme la régate qui me permettent d'oublier aussi bien la semaine de travail. Dans le feu de l'action, il n'y a tout simplement pas le loisir de laisser l'esprit vagabonder, de sorte qu'il se faufile peut-être à nouveau vers les problèmes quotidiens.
De la sensation de fourmillement dans le ventre avant le départ, à l'étude intensive du vent, de la zone de navigation, des adversaires, jusqu'à la concentration totale dans la promiscuité sur la piste et surtout lors des tours de tonneau ; pendant ces heures, je suis toujours complètement ailleurs, dans un autre monde. Il ne s'agit pas de gagner, ni même de gagner des millisecondes, il s'agit simplement d'être le meilleur possible, de se lancer des défis à soi-même et à son équipage et, bien sûr, de laisser derrière soi le plus grand nombre possible d'adversaires. Mais pas avec acharnement ni avec la pression du succès.
Puis, au port, le bavardage avec les autres équipages, le sentiment d'exaltation qui s'installe généralement, celui d'avoir accompli la tâche, qui peut conduire à une profonde satisfaction.
Je comprends que pour certains, devoir naviguer bateau contre bateau, s'exposer à des situations étroites, se mettre à l'épreuve physiquement, ne ressemble pas à un moment de détente.
Mais je recommande vivement à ceux qui n'ont jamais osé franchir la ligne de départ de le faire. Les régates du mercredi, organisées par de nombreux clubs, sont un bon moyen de commencer.
Et si c'est même la peur qui empêche de prendre le départ, la peur de naviguer à l'arrière et d'être ridiculisé par les autres, je peux la dissiper. Il y a toujours des gens désagréables qui ne peuvent pas s'empêcher de faire une remarque. Mais la majorité d'entre eux, et c'est aussi mon cas, respecteront plutôt le débutant pour avoir osé prendre la piste et ne seront pas avares de l'un ou l'autre conseil.
Rédacteur en chef de Wassersport Digital
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