Fabian Boerger
· 02.08.2026
« Le radeau de sauvetage n'est pas un endroit agréable. » Mara Zapp le dit sans détour. En tant que responsable de la École de voile Well Sailing Elle sait comment les gens réagissent face à un radeau de sauvetage gonflé – et à quel point de nombreux plaisanciers connaissent mal cet équipement censé leur sauver la vie en cas d'urgence.
Lors du Rencontre estivale de Trans-Ocean à Fehmarn Elle s'est entraînée avec des membres du club à faire face à ce genre de situation d'urgence. Dans cette interview, la formatrice explique ce qui est essentiel dans ce genre de situation. Son credo principal : rejoindre le radeau au sec, garder son calme et toujours faire preuve de créativité. Car aucune situation d'urgence ne ressemble à une autre. De plus, toute personne disposant d'un radeau de sauvetage devrait savoir comment il fonctionne.
Mara Zapp : Bien sûr que c'est possible ! Nous constatons toutefois, même à l'entraînement, que chaque cas est différent du suivant. L'entraînement aide, et on est certainement mieux préparé en cas d'urgence. Mais bien sûr, il y a toujours quelque chose qui change. Un petit détail qu'il faut traiter de manière nouvelle et créative. L’important, c’est de garder l’esprit ouvert et de voir ce qu’on peut résoudre et comment.
Ici, lors du rassemblement estival Trans-Ocean, nous avions une île sur laquelle quelqu’un avait attaché la cordelette de sécurité d’une manière très étrange. Du coup, nous avons dû la fixer d’une manière complètement différente de celle habituelle. Normalement, il faut tirer la cordelette au maximum, puis l’accrocher au taquet. Cette fois-ci, nous nous sommes soudain retrouvés avec une boucle, mais sans extrémité. Le problème : si je ne sais pas où se trouve l’extrémité, je ne peux pas non plus l’attacher au taquet. Nous avons alors imaginé une solution provisoire à l’aide d’une ligne de vie. Cela a fonctionné, mais cela a aussi montré qu’il faut toujours faire preuve de créativité.
L'accès au radeau de sauvetage fait partie intégrante des formations à la sécurité, et la demande varie considérablement. De nombreuses écoles proposent cette formation à la piscine, où les participants doivent souvent grimper péniblement hors de l'eau pour monter dans le radeau. Nous, en revanche, nous entraînons à monter dans le radeau depuis un bateau. C'est notre priorité, car c'est, espérons-le, ce qui sera possible en cas d'urgence.
C'est à chacun d'en décider par lui-même. Une chose est sûre : chacun a des besoins différents en matière de sécurité. Certains diront : « Je veux avoir le radeau de sauvetage avec moi dès que je suis dans la baie de Kiel. » D'autres peuvent s'en passer complètement. Mais si l'on a déjà un radeau de sauvetage à bord, il faut aussi savoir comment il fonctionne.
Les écoles de voile abordent rarement le sujet du radeau de sauvetage. C'est pourquoi il s'agit toujours, dans un premier temps, d'acquérir certaines connaissances de base. Celles-ci sont simples et beaucoup les assimilent rapidement : attacher le radeau au préalable, le lancer à l'eau, y monter. Les astuces et les techniques plus avancées viennent ensuite.
Au final, c'est en s'entraînant qu'on fait la différence. Presque personne n'a jamais tiré un truc pareil. Pourquoi le ferait-on d'ailleurs ? L'entretien coûte une fortune, après tout. En dehors de ces entraînements, on n'a donc pratiquement aucune occasion de tirer un radeau de sauvetage.
Il est important pour moi que les participants arrivent au sec sur l'île. C'est essentiel, car cela augmente considérablement leurs chances de survie. C'est pourquoi je veille à ce qu'ils embarquent en toute sécurité.
De plus, ils doivent avoir un plan précis de la marche à suivre. Cela implique notamment : maintenir une bonne distance entre l'îlot et le bateau, s'accrocher, puis passer par-dessus avec précaution. Si vous êtes plusieurs, il est important de s'entraider. Par exemple, la première personne peut guider le pied de la deuxième. Ce sont ces petits détails qui s'avèrent utiles en cas d'urgence de ce type.
Bien sûr, le bateau est toujours l'endroit le plus sûr. Il faut donc rester à bord aussi longtemps que possible, jusqu'à ce que ce ne soit plus possible – par exemple parce qu'il coule. C'est la règle de base.
Le radeau doit être monté à l'avance, car il doit être prêt au dernier moment. Si le bateau coule, il faut être assis dans le radeau de sauvetage. Pour pouvoir couper les amarres, il y a toujours un couteau dans le radeau de sauvetage.
Bon, il peut toujours y avoir des imprévus. Il se peut que le CO₂ ne s'écoule pas entièrement dans l'îlot et que celui-ci ne se gonfle pas complètement. De plus, la cordelette de déclenchement peut s'accrocher quelque part et se déclencher alors que l'îlot est déjà en l'air. En montant sur l’île, on risque de tomber à l’eau. L’île peut se gonfler à l’envers.
Dans ce dernier cas, nous avons constaté que tant que l'on se trouve encore sur le bateau, il y a de fortes chances que l'île se redresse d'elle-même. Il est déjà arrivé que la corde de sécurité, c'est-à-dire le dernier lien avec le bateau, se détache trop tôt. En résumé : il peut toujours se passer des choses que l'on ne souhaite pas. Mais il faut apprendre à y faire face.
Une Guide étape par étape vous trouverez ici.
L'équipement de base comprend Dispositifs de signalisation, lampe, couteau, pagaie et une ancre flottante, destiné à freiner la dérive. La majeure partie de l'équipement est en PVC – et sent donc le PVC.
Même le kit d'urgence contenant des provisions est entièrement emballé sous film plastique. Il est important de noter que ce kit ne contient que le strict nécessaire et ne remplace en aucun cas un kit de survie personnel bien pensé.
D'une part, il existe différentes formules de formation : des vidéos aux manuels en passant par des conférences. Et il y a aussi la formule, comme c'est le cas ici chez Trans Ocean, où ce sont les associations qui organisent ces formations. Je ne peux que le recommander, car ce que l'on fait s'inscrit dans une mémoire différente de celle de ce que l'on se contente de lire ou de voir.
Oui, bien sûr. Le simple fait de marcher sur le pont et de se demander si la solution actuelle fonctionne comme on l'imagine aide déjà beaucoup. Où fixe-t-on la corde de sécurité ? Où s'accroche-t-on ? Par où l'on enjambe-t-on ? Y a-t-il des positions plus avantageuses pour l'îlot ? Une personne moins forte peut-elle également soulever l'îlot par-dessus le bastingage ? Est-il déjà attaché au bateau ? Tout cela peut parfaitement être planifié à l'avance, en toute tranquillité.
Il est préférable que le bateau ait le moins de vitesse possible. Et puis : c'est vraiment le dernier recours. En allemand, on parle certes de « Rettungsinsel » (radeau de sauvetage), mais en anglais, on dit simplement « life raft », c'est-à-dire « radeau de sauvetage ». Je trouve que ce terme est bien plus approprié. Il faut toujours garder à l'esprit que le radeau de sauvetage n'est pas un endroit agréable !

Rédacteur News & Panorama