Leonie Meyer
· 22.06.2026
Une tragédie s'est produite dimanche matin (14 juin) dans le détroit de Splitska Vrata, entre les îles de Brač et de Šolta. Le catamaran à grande vitesse Le « Krilo Eclipse » a percuté un voilier sur la ligne régulière reliant Split à Hvar de type Beneteau Oceanis 56.1. Après la collision, le voilier a coulé immédiatement. Une opération de recherche et de sauvetage de grande envergure a été immédiatement lancée. Quatre personnes ont été repêchées et transportées à l'hôpital. Trois autres personnes ont été retrouvées sans vie. Les opérations de recherche se sont poursuivies toute la nuit. Lundi 15 juin, des plongeurs de la police ont repéré l'épave du yacht à plus de 50 mètres de profondeur et ont retrouvé le corps de la personne disparue à l'intérieur du navire. Le détroit de Splitska Vrata est connu, en saison, pour être le théâtre de scènes souvent dangereuses.
L'enquête fait état de graves défaillances techniques, comme le rapportent divers médias croates. Au moment de la collision, ni le radar ni le système d'alerte anticollision du catamaran n'auraient fonctionné. Le compas gyroscopique aurait complètement cessé de fonctionner. Malgré ces défaillances, le catamaran a traversé le détroit à une vitesse de 32 nœuds. Cette vitesse a été jugée inappropriée compte tenu de la densité du trafic maritime dans cette zone. Le ministre croate de l’Intérieur, Davor Božinović, a confirmé les soupçons pesants selon lesquels aucune mesure de prévention des collisions n’aurait été prise sur la passerelle du catamaran. Les passagers du catamaran ont été débarqués à Milna avant de poursuivre leur voyage vers Hvar à bord d’un autre navire. Le « Krilo Eclipse » a été remorqué jusqu’au port de Split, où les enquêteurs ont entamé l’examen du navire. Celui-ci présente des dommages visibles sur le côté tribord de la coque.
Au moment de la collision, le voilier naviguait exclusivement à la voile, sans utiliser son moteur. Le yacht s'approchait du catamaran par la droite, mais ses capacités de manœuvre étaient fortement limitées du fait qu'il naviguait uniquement à la voile. Au moment de l'accident, le voilier était piloté par un Tchèque de 64 ans, qui a perdu la vie lors de la collision. Selon les médias, cet homme n'était pas inscrit comme skipper officiel dans le contrat de location. Il a tenté in extremis d’éviter la collision, tout comme le second du ferry, qui a cherché à réduire la vitesse. Le skipper effectivement enregistré du voilier a quitté la Croatie immédiatement après sa sortie de l’hôpital.
L'enquête a révélé que le capitaine titulaire ne se trouvait pas sur la passerelle au moment de la collision. C'est donc le second, âgé de 33 ans, qui en porte la responsabilité. C'est ce que rapporte notamment morski.hr. Conformément au droit maritime, le capitaine n’est pas tenu de se trouver sur la passerelle au moment du passage dans le détroit de Split, car celui-ci n’est pas considéré juridiquement comme un détroit étroit. À ce moment-là, le second avait le commandement exclusif du navire. Le capitaine du catamaran ne fait pas l'objet de poursuites. La police croate a donc arrêté le second, qui est actuellement en détention provisoire. Il fait l'objet d'une enquête pour avoir causé par négligence un accident maritime grave ayant entraîné la mort. La rapidité d'action des autorités est remarquable, comme Les initiés du quartier rapporte. Contrairement aux enquêtes souvent laborieuses menées à la suite d'accidents maritimes dans l'Adriatique, qui peuvent durer jusqu'à un an, la justice agit dans ce cas avec une rapidité exceptionnelle.
En vertu de l'article 227 du Code pénal croate, le marin encourt une peine comprise entre trois et quinze ans d'emprisonnement. De plus, le parquet ne considère pas qu'il s'agisse d'une simple erreur humaine à la barre. Selon une source proche de l’enquête, le second capitaine est concrètement accusé d’avoir sciemment et délibérément enfreint les règles de sécurité maritime, mettant ainsi gravement en danger la circulation maritime. Les enquêteurs font une distinction juridique entre les actes de la commanderie elle-même et les conséquences tragiques. D’après l’état actuel de l’enquête, le second capitaine a sciemment enfreint les règles de navigation sécurisée et de manœuvres d’évitement. Le décès des quatre marins tchèques est qualifié juridiquement d’homicide par négligence. La violation des règles ayant entraîné la mort de plusieurs personnes, la loi prévoit une peine d’emprisonnement de plusieurs années. En raison de l’enquête en cours, le capitaine du port n’a pas souhaité divulguer d’autres informations, rapporte Večernji.

Rédactrice News & Panorama