Le dériveur de 12 piedsAutrefois discipline olympique, aujourd'hui emblématique

Fabian Boerger

 · 15.08.2026

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Photo : YACHT / Martin Hager, YACHT / Fabian Boerger
Historiques, mais toujours compétitifs : lors des « Summer Classics » sur l'Alster, une régate réservée aux voiliers classiques en bois, les dériveurs de 12 pieds participants se sont classés parmi les premiers. Parmi eux, Nils Schildt.
De conception simple, mais néanmoins exigeant à manœuvrer à grande vitesse. Nils-Geertsen Schildt, du Blankeneser Segel-Club, à propos du dériveur de 12 pieds, l'une des premières classes monotypes internationales et autrefois olympique.

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Nils Schildt a près de 80 ans, faisait partie de l'équipe olympique en 1972 et navigue aujourd'hui sur un dériveur classique de douze pieds – un bateau construit et utilisé depuis plus de 100 ans selon des règles pratiquement inchangées. Dans cette interview en marge des Summer Classics de Hambourg Il explique ce qui le fascine dans cette catégorie olympique et pourquoi, à près de 80 ans, il peut encore se passionner autant pour ces bateaux construits principalement en bois.

Dites-moi, Monsieur Schildt, qu'est-ce qui vous fascine dans ce dinghy de 12 pieds ?

La catégorie des dériveurs de 12 pieds me plaît depuis longtemps. Avant, je faisais beaucoup de voile sur des « Drachen » et des « Dickschiff », mais ça fait déjà un certain temps que je lorgne sur ces bateaux. Je vais bientôt avoir 80 ans. Je me suis donc dit : je vais m'en acheter un, le restaurer et voir si j'en suis encore capable – et pour combien de temps.

​Et pourquoi précisément cette catégorie de bateaux ?

On est très proche de la nature – à bord d’un si petit dériveur de 12 pieds, d’à peine 3,66 mètres de long, qui dispose d’une surface de voile de près de dix mètres carrés. De plus, on navigue avec une voile de lugger, où, comme sur un cotre pour jeunes, on déplace la bôme de l'un côté à l'autre à chaque virement de bord.

On est proche de la nature, sans trop de gadgets techniques. Ainsi, seules trois cordages sont autorisées dans le cockpit : la drisse de dérive, le ridoir de bôme et le tendeur qui tire la bôme vers le bas pour tendre le guindant. Aucun autre cordage n'est autorisé.

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Expérience requise​

On dirait presque du minimalisme.

Certes, il y a moins de choses auxquelles il faut faire attention. Mais naviguer vite n'est pas si facile que ça. C'est comme avec un cerf-volant : il est grand, lourd et a l'air rapide. Mais il faut tout de même pas mal d'expérience.

En quoi réside exactement la difficulté ?

​Cela tient au fait qu'au près, on voile de lugger soit correctement réglée. C'est beaucoup plus facile avec les voiles modernes, car leur profil est déjà intégré. Ici, il faut tout régler individuellement : la bordure, la chute et le point d'écoute, ainsi que la bôme. Tout doit être optimisé. C'est justement ce qui fait tout l'intérêt de ce sport.

​Lorsqu'un bateau en bois est mis à l'eau après une longue période d'inactivité, il prend l'eau. Ce n'est pas le cas des dériveurs de 12 pieds. Pourquoi ?

Cela tient au rivetage des planches. Celles-ci sont rivetées à un nombre précis de rivets. Le bois, ou plus précisément les planches, est ainsi maintenu si étroitement les unes contre les autres que l'ensemble est vraiment étanche et que l'eau ne peut pas y pénétrer.

Conçu comme un tender

​Le pont ouvert est également remarquable.

C'est vrai. Cela s'explique par le fait qu'il a été conçu comme voilier ou bateau à rames pour les grands yachts. Il fallait donc laisser de la place sur les côtés pour les tolets des rames. C'est pourquoi il n'y a qu'un petit pont à l'avant, qui sert toutefois principalement à renforcer la structure.

« À ciel ouvert » signifie-t-il qu'on navigue aussi sous la pluie ?

Oui, c'est vrai. Le dériveur de 12 pieds n'est pas conçu pour naviguer par vent fort. La surface de voile est tout simplement trop grande, ce qui fait qu'on risque rapidement de prendre l'eau. Il n'est alors plus possible d'effectuer des empannages, on ne peut plus faire que des virements de bord en Q. Le bateau est si grêle qu’il risque rapidement de chavirer. C’est pourquoi les régates de dériveurs de 12 pieds ne sont généralement organisées que jusqu’à une force de vent maximale de quatre. C’est le cas dans toute l’Europe.

​Bien qu'il ait été conçu comme un tender, il a un passé sportif. Lequel exactement ?

Les dériveurs de 12 pieds ont fait partie des épreuves olympiques en 1920 et en 1928, à Amsterdam. Ils ont ensuite été remplacés, d'abord par la dériveur olympique en 1936, puis par le Finn. Mais ces bateaux existent depuis lors. En tant que classe olympique, ils sont soumis à des règles très strictes.

Présent dans toute l'Europe​

Quelle est l'ampleur du mouvement des dériveurs de 12 pieds ?

Aujourd'hui, on trouve d'importantes flottes, notamment en Europe. Dans le sud, on trouve parfois aussi des bateaux en plastique. Sinon, on les trouve aux Pays-Bas, en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Ces flottes sont de style classique et, d’après leurs accastillage et leur équipement, elles sont menées à la voile comme c’était encore le cas en 1920. Les Néerlandais, en particulier, veillent tout particulièrement à ce que ces règles soient respectées.

Quel type de dériveur de 12 pieds naviguez-vous ?

Un menuisier a acheté le bois en 2005 et a construit ce bateau avec ses élèves pendant deux ans. Il enseignait dans une école spécialisée dans le travail du bois. Il m'a finalement vendu ce bateau pour des raisons d'âge. Cependant, je n'ai reçu que la facture du bois, et non celle du bateau fini. Cela signifie que l'année de construction est 2005, mais qu'il a été construit à l'origine selon les plans et les réglementations de 1913.

Plus d'informations Pour en savoir plus sur la classe des dériveurs de 12 pieds, rendez-vous sur ici.

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Fabian Boerger

Fabian Boerger

Rédacteur News & Panorama

Fabian Boerger ist an der Lübecker und Kieler Bucht zuhause – aufgewachsen in diversen Jollen und an Bord eines Folkeboots. Seit September 2024 arbeitet er als Redakteur im Panorama- und News-Ressort und verbindet dort seine Leidenschaften für das Segeln und den Journalismus. Vor seiner Zeit bei Delius Klasing studierte er Politikwissenschaften und Journalistik, arbeitete für den Norddeutschen Rundfunk und das ZDF. Sein Volontariat machte er bei der MADSACK Mediengruppe (LN, RND). Jetzt berichtet er über alle Themen, die die Segelwelt bewegen – mit dem Blick des Praktikers und der Präzision des Journalisten.

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