Collision mortelleLe capitaine d'un chaland plaide coupable

David Ingelfinger

 · 05.08.2026

Collision mortelle : le capitaine d'un chaland plaide coupablePhoto : U.S. Coast Guard Southeast
Selon l'acte d'accusation, la grue et le rouf obstruaient entièrement la vue vers l'avant depuis la cabine de pilotage.
Fin juillet 2026, le capitaine Yusiel Lopez Insua a plaidé coupable devant un tribunal fédéral américain d'homicide involontaire en mer. Trois enfants ont trouvé la mort il y a un an alors qu'il pilotait un convoi poussé sans vigie et avec une visibilité réduite dans la baie de Biscayne, près de Miami. Selon les enquêteurs, il était au téléphone avec son portable au moment des faits.

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Les trois fillettes victimes de l'accident étaient âgées de 7, 10 et 13 ans. Elles participaient à un stage de voile organisé par le Miami Yacht Club et se trouvaient à bord d'un catamaran Hobie de cinq mètres de long lorsque le convoi remorqué les a percutées. Le capitaine est accusé d’« homicide involontaire en mer » (Seaman’s Manslaughter). La peine sera fixée par un juge fédéral. Il encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement.

La collision dans la baie de Biscayne

L'accident remonte désormais à plus d'un an. D'après le dossier judiciaire, le 28 juillet 2025, Insua était aux commandes d'un remorqueur qui poussait une barge de chantier à pleine charge. La destination était l'île de Di Lido, près de Miami Beach. À quelques centaines de mètres de là, le Miami Yacht Club organisait ce matin-là un stage de voile pour enfants. Une animatrice de 19 ans naviguait avec cinq enfants à bord du catamaran Hobie Getaway en direction de Flagler Monument Island lorsque le bateau s'est immobilisé, faute de vent, sur la trajectoire de l'ensemble remorqueur qui approchait.

L'animatrice s'est levée et a tenté d'attirer l'attention. Mais le remorqueur n’a pas changé de cap. La péniche a percuté le catamaran et l’a enfoncé sous sa coque. L’animatrice et deux enfants ont survécu. Les trois fillettes n’ont pas pu être sauvées. Les deux premières sont décédées le jour même de l’accident, la troisième a succombé à ses blessures deux jours plus tard.

Pas de vigie, visibilité obstruée, téléphone portable à bord

Le parquet mentionne dans les Dossiers judiciaires du district sud de Floride trois manquements majeurs qui ont conduit à la collision. Le rouf et la grue de chargement de la barge obstruaient complètement la vue vers l'avant. Aucune mesure n'avait été prise pour pallier ce problème. Il n'y avait ni caméras de surveillance avant, ni radar. De plus, aucun membre d'équipage n'était affecté à la veille.

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Selon le parquet, Insua naviguait sur des sites de vente en ligne depuis son téléphone portable pendant qu'il conduisait. C'est ce que révèle une expertise judiciaire de son smartphone. Ces activités ont été constatées au moment même de la collision. Insua aurait été conscient du danger lié à la mauvaise visibilité. En près de douze ans passés à emprunter cet itinéraire, il aurait déjà connu plusieurs quasi-collisions avec des voiliers.

Sécurité à bord

« Trois enfants ont perdu la vie dans une tragédie qui n'aurait jamais dû se produire », a déclaré le procureur fédéral chargé de l'affaire après le plaidoyer de culpabilité. Insua aurait admis que son comportement délictueux avait provoqué la collision.

Ce scénario n'est pas nouveau. En 2023, au large de Rügen, le remorqueur « VB Rönnebeck » et le voilier « Schöner Wohnen » sont entrés en collision, alors même que le remorqueur intervenait en tant que navire de sécurité. Jusqu’à la collision, il n’y a eu ni appel radio, ni signal sonore, ni avertissement perceptible. Le Bureau fédéral d’enquête sur les accidents maritimes est parvenu à une conclusion sans équivoque : le système a failli. Le YACHT a analysé le rapport complet de la BSU et le contexte.

Ces deux cas mettent en évidence le même problème fondamental : celui qui compte sur les navires de commerce pour qu’ils aperçoivent, identifient ou contactent son propre bateau à temps prend un risque considérable. Nous avons rassemblé dans un Dossier spécial sur les règles d'évitement et la prévention des collisions en résumé.


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Weit entfernt von den Küsten im Rhein-Main-Gebiet aufgewachsen, fand David Ingelfinger erst im Alter von elf Jahren auf den niederländischen Gewässern zum Segelsport. Was als Familienurlaub ohne großartige Vorkenntnisse begann, mündete in einer steilen Lernkurve, aus der die dauerhafte Leidenschaft fürs Segeln entsprang. Seine praktischen Erfahrungen festigte er über die Jahre mit dem Erwerb des SKS und zahlreichen Meilen als Skipper auf Charteryachten im Ijsselmeer, der Nordsee sowie im Mittelmeer. Nach seinem Studium der Publizistik schlägt er nun die Brücke zwischen dem journalistischen Handwerk und der Praxis auf dem Wasser und bringt seine Begeisterung für den Sport als Volontär in die Redaktion der YACHT ein.

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