Pascal Schürmann
· 22.05.2026
Un Autrichien de 26 ans est accusé d'avoir percuté un voilier avec son bateau à moteur sur le lac de Constance. Comme plusieurs médias autrichiens l'ont rapporté de manière concordante, l'accusation porte sur un meurtre avec préméditation sous condition. L'accusé n'aurait pas forcément voulu la mort de la victime, mais l'aurait acceptée. Il risque désormais jusqu'à 20 ans de prison, voire la réclusion à perpétuité.
Le 21 avril, l'homme de 26 ans avait déjà dû répondre de ses actes devant le tribunal régional de Feldkirch. Nous en avions parlé. A l'époque, l'accusation portait sur l'homicide par négligence grave, les blessures par négligence et la mise en danger de la sécurité physique. La peine encourue était comprise entre trois mois et trois ans de prison.
Au cours du procès, l'accusé a cependant insisté sur le fait qu'il n'avait vu le voilier qu'après la collision, bien qu'il ait affirmé avoir eu le lac en vue tout le temps. Un expert a vivement contesté cette version. Il a déclaré que le voilier devait être visible. La juge a alors émis le soupçon qu'il ne s'agissait plus d'un homicide par négligence, mais d'une préméditation conditionnelle de meurtre. Une cour d'assises serait ainsi compétente. Elle a prononcé un jugement d'incompétence.
La collision, lourde de conséquences, s'était produite le 11 octobre 2025 à trois kilomètres de Fußach, dans le district de Bregenz, et donc sur la partie autrichienne du lac de Constance. L'accusé, âgé de 26 ans, se trouvait avec trois autres personnes sur son bateau à moteur. Selon l'expertise, le bateau a percuté à grande vitesse le voilier d'un couple d'Allemands du district de Günzburg.
La navigatrice de 57 ans a été grièvement blessée et est tombée à l'eau. Malgré les mesures de premiers secours et de réanimation immédiatement mises en œuvre, elle est décédée sur les lieux de l'accident. Son mari a réussi à se sauver en sautant à l'eau juste avant la collision. Il souffre de plusieurs contusions et d'un choc sévère. Le voilier a été entièrement détruit lors de la collision.
Les conditions météorologiques et de vent étaient excellentes au moment de l'accident. Le voilier avait mis une voile de 24 mètres carrés.
Au tribunal, les déclarations de l'accusé et les estimations du ministère public et de l'expert divergeaient fortement. Le procureur et l'expert ont indiqué que le bateau à moteur se déplaçait à 60 kilomètres par heure. La vitesse maximale autorisée sur le lac de Constance est de 40 kilomètres par heure. Le parquet a reproché à l'homme de ne pas avoir eu une vision suffisante de l'espace lacustre. Le plaisancier survivant a raconté que lui et sa femme avaient crié et fait des signes, mais que le bateau à moteur avait continué à se diriger directement vers eux. Personne n'était visible sur le bateau à moteur. La police maritime a déclaré peu après l'accident que le voilier aurait pu être repéré à temps dans les conditions existantes.
Le jeune homme de 26 ans a reconnu devant le tribunal avoir provoqué l'accident, mais a nié avoir roulé trop vite. Il a déclaré qu'il roulait à une vitesse de 30 à 35 kilomètres par heure. L'accusé a expliqué qu'il n'avait pas vu le voilier alors qu'il regardait devant lui. Il aurait fait glisser son bateau à moteur avant de mettre le cap sur Constance.
Il n'a même pas vu le voilier au moment de l'impact. Lorsqu'on lui a demandé comment il avait pu ne pas voir le voilier, il a répondu qu'il n'avait aucune explication. Les trois passagers ont également confirmé les dires de l'accusé. L'un des témoins, assis à côté de l'accusé, a déclaré qu'ils avaient parlé et échangé des regards, mais qu'ils avaient aussi toujours observé l'espace maritime. Il n'arrive pas non plus à comprendre comment ils ont pu ne pas voir le bateau.
La juge a motivé son jugement d'incompétence par les déclarations du prévenu. Elle a expliqué qu'il aurait observé le lac pendant une période de six minutes et qu'il se serait dirigé directement vers un voilier gréé sans réagir. Comme il fallait donc, selon elle, partir du principe que l'intention était conditionnelle, l'affaire devait être jugée par un jury ; il existait un soupçon initial de meurtre avec préméditation conditionnelle.
Selon le droit autrichien, les éléments constitutifs d'un meurtre prémédité conditionnel sont réunis lorsque l'auteur n'a pas nécessairement l'intention de tuer une autre personne, mais qu'il la reconnaît comme une conséquence possible de son acte et qu'il l'accepte.
L'inculpation de meurtre qui vient d'être prononcée n'est pas encore définitive et pourrait encore être contestée. S'il ne le fait pas, il faudra probablement attendre encore quelques mois avant qu'il ne soit jugé par un jury.

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