Pascal Schürmann
· 12.08.2026
Le tribunal régional de Feldkirch a condamné hier un conducteur de bateau à moteur âgé de 26 ans à une peine d'emprisonnement de douze mois pour homicide par négligence grave. Huit mois de cette peine sont assortis d'un sursis, et l'homme devra purger quatre mois de prison. Il devra en outre verser 5 000 euros aux proches de la victime. C'est ce que rapportent à l'unanimité plusieurs médias autrichiens et du sud de l'Allemagne.
Le jugement n'est pas encore définitif. Bien que l'accusé ait déjà renoncé à faire appel, le parquet n'a pas encore fait de déclaration à ce sujet.
Le 11 octobre 2025, une collision aux conséquences graves s'est produite à trois kilomètres de Fußach, dans le district de Bregenz. L'homme, alors âgé de 25 ans, se rendait de Hard à Constance avec trois amis à bord d'un bateau à moteur. En cours de route, le bateau a percuté à grande vitesse le voilier d’un couple allemand originaire de l’arrondissement de Günzburg. La navigatrice, âgée de 57 ans, a été grièvement blessée ; elle est tombée à l'eau et est décédée sur les lieux de l'accident malgré les mesures de réanimation immédiatement mises en œuvre. Son mari s'est sauvé en sautant à l'eau et a subi plusieurs contusions ainsi qu'un choc grave. À l'époque, nous avions rendu compte de cette tragédie sur yacht.de.
L'accusation initiale portait sur un meurtre avec intention conditionnelle. Selon le droit autrichien, une personne peut être condamnée pour meurtre même si elle n'a pas nécessairement voulu la mort d'autrui, mais qu'elle l'a acceptée. La « intention conditionnelle » signifie qu’une personne sait que son comportement peut avoir des conséquences mortelles, mais se dit en son for intérieur : « Ça va bien se passer – et sinon, tant pis. »
Dès le début du procès devant la cour d'assises, le procureur Simon Mathis a toutefois clairement indiqué qu'il ne voyait aucune intention délibérée. « Je ne suis pas convaincu qu'il s'agisse d'un meurtre », a-t-il déclaré selon la chaîne de télévision autrichienne ORF. Les onze jurés ont suivi cette analyse. Ils ont plutôt reconnu l'accusé coupable d'homicide par négligence grave. Dans le cas d'un homicide par négligence, l'auteur n'envisage pas sérieusement que quelqu'un puisse mourir, mais fait preuve d'imprudence ou d'insouciance.
Le procès a pris un tournant décisif lorsque le jeune homme de 26 ans a radicalement modifié sa déposition concernant les circonstances de l'accident. Lors d'un premier procès en avril, il avait encore déclaré avoir gardé le lac constamment à l'œil sans pour autant avoir vu le voilier. C'est cette déposition qui lui avait finalement valu d'être inculpé de meurtre. La juge alors chargée de l'affaire avait fait valoir que s'il avait regardé le lac, il aurait forcément dû voir le voilier – la collision aurait donc été intentionnelle.
Devant la cour d'assises, l'accusé a désormais reconnu avoir été distrait : il prenait et envoyait des photos avec son téléphone portable, essayait de réserver un poste d'amarrage pour son bateau à Constance, discutait avec ses trois amis et trinquait avec eux. Au moment de la collision, il s’était retourné et n’avait pas les yeux rivés sur la mer. Il a justifié le fait de ne pas avoir dit la vérité lors du premier procès en expliquant qu’il avait fait confiance à son ancien avocat, qui lui avait conseillé de s’en tenir à ses déclarations initiales.
Un expert n'a pas pu corroborer les déclarations initiales de l'accusé et des témoins. Selon lui, le bateau à moteur devait rouler à environ 60 kilomètres à l'heure. Cela ressortirait des dégâts constatés. La vitesse maximale autorisée sur le lac de Constance est de 40 kilomètres à l'heure.
« S'il avait regardé devant lui, il aurait forcément dû apercevoir ce voilier », a déclaré le procureur. L'avocat de la victime a souligné que l'accusé n'avait pas gardé le lac dans son champ de vision pendant au moins quatre minutes. Si le jeune homme de 26 ans avait jeté un seul coup d'œil dehors, il aurait vu qu'il était sur une trajectoire de collision.
Dans sa déposition, le veuf, qui a survécu à l'accident, a réaffirmé qu'il n'avait vu personne aux commandes du bateau à moteur lorsque celui-ci s'était dirigé vers le voilier. Lui et sa femme auraient crié et fait des signes de la main, mais le bateau à moteur aurait continué à foncer droit sur eux. Peu après l'accident, la police maritime a déclaré que, compte tenu des conditions météorologiques, le voilier aurait dû être repéré à temps. Ce jour-là, les conditions météorologiques et les conditions de vent étaient excellentes, la visibilité bonne et la mer calme. Le voilier avait déployé une voilure de 24 mètres carrés.
Ce voilier, qui ne pesait que 600 kilogrammes, a été complètement détruit lors de la collision avec le bateau à moteur, bien plus lourd.
Le juge a considéré comme circonstance atténuante le comportement exemplaire de l'accusé jusqu'à présent, ainsi que ses aveux empreints de remords, qu'il a désormais faits, du moins devant la cour d'assises. Le fait qu'il ait eu besoin d'un suivi psychologique à la suite des faits a également été pris en compte. Une peine de douze mois a été jugée appropriée ; le jeune homme de 26 ans devra en tout état de cause en purger quatre mois – la question de savoir s'il s'agira d'une incarcération ou d'une assignation à résidence reste encore à déterminer.

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