Accident sur le lac de ConstanceLe conducteur d'un bateau à moteur risque un procès pour meurtre

Pascal Schürmann

 · 22.04.2026

Accident sur le lac de Constance : le conducteur d'un bateau à moteur risque un procès pour meurtrePhoto : YACHT/T. Stoerkle
Voilier sur le lac de Constance (image symbolique)
Après la mort d'une navigatrice allemande sur le lac de Constance, le procès d'un conducteur de bateau à moteur prend une tournure dramatique. Parce que l'homme de 26 ans affirme ne pas avoir vu le voilier malgré six minutes de visibilité directe, le tribunal considère cela comme une possible préméditation conditionnelle. L'accusation d'homicide par négligence pourrait désormais se transformer en procès pour meurtre.

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Le procès pour un accident mortel de bateau sur le lac de Constance a pris un tour surprenant mardi. Comme le rapporte notamment l'ORF, l'accusé de 26 ans originaire du Vorarlberg ne devra peut-être plus répondre d'homicide par négligence grave, mais d'homicide volontaire sous condition. Et ce, devant un jury autrichien.

Selon les informations, le juge du tribunal régional de Feldkirch a prononcé hier un jugement d'incompétence, l'homme ayant maintenu sa version des faits. Le ministère public et la défense ont demandé un délai de réflexion. Le jugement n'est pas encore définitif.

L'accident d'octobre

Le 11 octobre de l'année dernière, une collision lourde de conséquences s'est produite entre un bateau à moteur et un voilier à trois kilomètres de Fußach, dans le district de Bregenz. L'homme de 26 ans se trouvait avec trois autres personnes sur son bateau à moteur. Selon l'expertise, le bateau a percuté à grande vitesse le voilier d'un couple allemand.

La navigatrice de 57 ans, originaire du district de Günzburg, a été grièvement blessée et est tombée à l'eau. Malgré les mesures de premiers secours et de réanimation immédiatement mises en œuvre, elle est décédée sur les lieux de l'accident. Son mari a pu se sauver en sautant dans l'eau et a souffert de plusieurs contusions ainsi que d'un choc sévère. Le voilier a été entièrement détruit lors de la collision. Nous avions fait état de l'accident.

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Présentations contradictoires au tribunal

Au tribunal, les déclarations de l'accusé et les estimations du ministère public et de l'expert divergeaient fortement. Le procureur et l'expert ont indiqué que le bateau à moteur se déplaçait à 60 kilomètres par heure. La vitesse maximale autorisée sur le lac de Constance est de 40 kilomètres par heure.

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Le parquet a reproché à l'homme de ne pas avoir eu suffisamment de visibilité sur l'espace maritime. Le plaisancier a raconté que lui et sa femme avaient crié et fait des signes, mais que le bateau à moteur avait continué à se diriger directement vers eux. Personne n'était visible sur le bateau à moteur. La police maritime a déclaré peu après l'accident que le voilier aurait pu être repéré à temps dans les conditions existantes. L'accusé n'était certes pas alcoolisé, mais il roulait à une vitesse élevée.

L'accusé nie les accusations

Le jeune homme de 26 ans a reconnu devant le tribunal avoir provoqué l'accident, mais a nié avoir roulé trop vite. Il a déclaré qu'il roulait à une vitesse de 30 à 35 kilomètres par heure. L'accusé a expliqué qu'il n'avait pas vu le voilier alors qu'il regardait devant lui. Il aurait fait glisser son bateau à moteur et aurait ensuite mis le cap sur Constance. Il n'a même pas vu le voilier au moment de l'impact.

Lorsqu'on lui a demandé comment il avait pu ne pas voir le voilier, il a répondu qu'il n'avait aucune explication. Les trois passagers ont également confirmé les dires de l'accusé. L'un des témoins, assis à côté de l'accusé, a déclaré qu'ils avaient parlé et échangé des regards, mais qu'ils avaient aussi toujours observé l'espace maritime. Il n'arrive pas non plus à comprendre comment ils ont pu ne pas voir le bateau.

Un expert contredit le récit

Un expert n'a pas pu comprendre les récits de l'accusé et des témoins. Selon lui, le bateau à moteur devait rouler à environ 60 kilomètres par heure. C'est ce qu'indiquent les dommages. L'expert a en outre déclaré que si quelqu'un s'était trouvé à la barre du bateau à moteur, cela aurait été visible depuis le voilier.

La juge a confronté l'accusé à cette estimation. Elle a relevé que les conditions météorologiques et de vent étaient excellentes. Le voilier avait mis une voile de 24 mètres carrés. La juge a déclaré qu'à la vitesse décrite par l'accusé, il n'avait pas vu 24 mètres carrés pendant six minutes, bien qu'il ait navigué en ligne droite en permanence. Cela ne l'a pas convaincue. Elle a donné à l'accusé la possibilité de corriger ses déclarations, mais celui-ci a maintenu son récit.

Un tournant décisif dans le processus

La juge a justifié son jugement d'incompétence par les déclarations de l'accusé. Elle a expliqué que tout le monde dans la salle avait essayé de lui tendre la main. Il n'en reste pas moins qu'il a observé le lac pendant une période de six minutes et qu'il s'est dirigé sans réaction directement vers un voilier avec une surface gréée. Comme elle estime qu'il faut partir de l'intention conditionnelle, l'affaire doit être jugée par un jury. Il existe désormais un soupçon de meurtre avec préméditation conditionnelle.

Classification juridique

Selon le droit autrichien, les éléments constitutifs d'un meurtre prémédité conditionnel sont réunis lorsque l'auteur n'a pas nécessairement l'intention de tuer une autre personne, mais qu'il la reconnaît comme une conséquence possible de ses actes et qu'il l'accepte. Si la décision du juge est confirmée, le jeune homme de 26 ans devra répondre de ses actes devant un jury. Il risque alors jusqu'à vingt ans de prison ou la prison à vie. L'accusation initiale portait sur l'homicide par négligence grave, les blessures par négligence et la mise en danger de la sécurité physique. La peine encourue était comprise entre trois mois et trois ans de prison, selon la gravité des faits.

Pascal Schürmann

Pascal Schürmann

Chef de texte YACHT

Pascal Schürmann a été embauché en 2001 par YACHT à Hambourg. En tant que chef de texte et chef de service, il veille à ce que tous les articles parviennent à temps dans le magazine et qu'ils soient à la fois informatifs et divertissants à lire. Il est originaire du Bergisches Land, près de Cologne. Adolescent, il a appris à manier la barre et l'écoute sur un dériveur sur le Sneeker Meer et sur un gros bateau sur l'IJsselmeer. Pendant et après ses études, il a navigué sur la mer Baltique et en Méditerranée. Journaliste économique de formation, il s'occupe en outre chez YACHT de rapports sur le financement et l'assurance des bateaux, mais il a aussi un faible pour les sujets concernant les eaux bleues.

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