Démâté dans le PacifiqueUn bateau de croisière sauve un navigateur solitaire

Lars Bolle

 · 05.06.2026

Le yacht a perdu son mât.
Photo : US Coast Guard/SilverWhisper
Près de 500 miles au large des côtes de l'Oregon, un navigateur en solitaire de 74 ans s'est retrouvé en détresse. Son yacht était démâté, le moteur en panne et lui-même blessé. Finalement, c'est justement un bateau de croisière qui est venu à la rescousse.

Sujets dans cet article

Démâté, blessé, moteur hors service

Les garde-côtes américains ont coordonné le sauvetage d'un navigateur canadien en solitaire de 74 ans qui était en détresse à environ 489 miles de Tillamook, sur la côte de l'Oregon. L'homme naviguait à bord de son voilier de 29 pieds "Alice" depuis Hilo à Hawaï jusqu'à Vancouver en Colombie-Britannique.

Selon les garde-côtes, le yacht avait été démâté par une tempête et une mer d'environ 30 pieds, soit environ neuf mètres de haut. De plus, le moteur était tombé en panne. Le navigateur s'est blessé à l'épaule, ce qui l'a contraint à demander de l'aide sur un bateau incapable de manœuvrer, loin au large dans le Pacifique.

Le premier rapport est parvenu aux forces d'intervention des US Coast Guard le lundi 25 mai 2026, via le Joint Rescue Coordination Centre à Victoria, au Canada. Le mardi 26 mai, l'homme a finalement été recueilli par le "Silver Whisper".

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Le communicateur par satellite a rendu le sauvetage possible

Le facteur décisif était que le navigateur n'était pas seulement expérimenté, mais aussi préparé. La Coast Guard a pu établir un contact avec lui grâce à un communicateur satellite portable. Cela a permis de surveiller sa position pendant que l'opération de sauvetage était en cours.

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Dans une position à près de 500 miles des côtes, c'est crucial. La radio VHF n'y suffit plus. Même un téléphone portable est inutile. Si l'on ne dispose pas d'une communication d'urgence indépendante à bord, il est difficile de trouver les secours ou même de les joindre.

Les garde-côtes ont envoyé un avion C-27J Spartan de Sacramento sur le site. L'appareil a servi d'"œil dans le ciel" pour évaluer l'état de la mer, les dommages subis par le bateau et la situation sur place. Un deuxième C-27J a également été déployé par la suite pour assurer les communications et la surveillance depuis le ciel.

Le C-27J est adapté à ce type de missions car il peut rester longtemps en mer. Les US Coast Guard indiquent pour ce type une autonomie de 2675 miles nautiques et une durée de mission pouvant atteindre douze heures.

Comment un bateau de croisière est devenu un navire de sauvetage

Parallèlement, les garde-côtes américains ont activé le système AMVER. Ce réseau de sécurité mondial volontaire enregistre les positions des navires marchands participants et aide les centres de recherche et de sauvetage à trouver les navires disponibles à proximité d'une urgence.

Dans ce cas, le "Silver Whisper" était le navire qui pouvait aider. Le navire de croisière, long de 610 pieds avec une capacité de 388 passagers et 302 membres d'équipage, a répondu à la demande AMVER des garde-côtes et a changé de cap. Selon la Coast Guard, il s'est écarté d'environ 120 miles pour atteindre le plaisancier blessé.

L'équipage du "Silver Whisper" a pu transférer l'homme blessé de son yacht incapable de manœuvrer sur le bateau de croisière par une trappe d'accès latérale. Là, l'équipe médicale à bord a pris en charge le navigateur jusqu'à son arrivée à Vancouver.

L'expérience seule ne suffit pas en mer

Ce cas n'est pas seulement une histoire de sauvetage dramatique. C'est aussi un rappel de ce qui compte dans les longues traversées. Selon la Coast Guard, le navigateur était expérimenté et avait déjà effectué le trajet quatre fois auparavant. Il avait à bord suffisamment de nourriture, d'eau, un gilet de sauvetage, un radeau de survie et un communicateur satellite.

Scott Giard, responsable du programme de recherche et de sauvetage du district nord-ouest des garde-côtes américains, a souligné ce point : l'expérience et la préparation du navigateur ont permis aux garde-côtes et à d'autres services de communiquer avec lui et d'effectuer le sauvetage. Sa décision d'emporter un communicateur satellite a permis d'éviter une tragédie, a-t-il ajouté.

Pour les navigateurs en eau bleue, c'est la principale leçon à tirer de cette mission. Un yacht robuste, de l'expérience et une route connue sont importants. Mais lorsque le mât et le moteur tombent en panne et qu'une blessure s'y ajoute, c'est souvent la chaîne de communication qui fait la différence. Pour être retrouvé, il faut pouvoir transmettre sa position de manière fiable.

Ce que les navigateurs peuvent apprendre de cette affaire

Le navigateur de 74 ans a eu de la chance. Mais surtout, il avait préparé ce qui pouvait l'être. C'est ce qui a permis aux garde-côtes, aux services de secours canadiens et à l'équipage du "Silver Whisper" de transformer une situation critique au large du Pacifique en un sauvetage réussi.

Selon la Coast Guard, le navigateur était expérimenté et avait déjà effectué le trajet quatre fois auparavant. Il avait à son bord suffisamment de nourriture, de l'eau, un gilet de sauvetage, un radeau de survie et un communicateur satellite.

Scott Giard, responsable du programme de recherche et de sauvetage du district nord-ouest des garde-côtes américains, a souligné ce point : l'expérience et la préparation du navigateur ont permis aux garde-côtes et à d'autres services de communiquer avec lui et d'effectuer le sauvetage. Sa décision d'emporter un communicateur satellite a permis d'éviter une tragédie, a-t-il ajouté.

Qu'est-ce que l'AMVER ?

AMVER est l'abréviation de Automated Mutual-Assistance Vessel Rescue. Il s'agit d'un système mondial volontaire de notification des navires, soutenu par les garde-côtes américains. Les navires marchands participants communiquent leurs données de position afin que les centres de recherche et de sauvetage puissent voir, en cas d'urgence, quel navire est le plus proche d'un sinistré.

Dans le cas d'"Alice", AMVER a permis aux garde-côtes d'identifier le "Silver Whisper" comme un navire disponible à proximité et de demander de l'aide.

Quels sont les moyens satellitaires et d'appel de détresse utiles en mer ?

Il n'existe pas d'appareil de secours parfait pour toutes les situations. Pour la haute mer et les longs passages, une RLS ou une PLB reste le moyen d'alerte classique via le système international de détresse en mer. Les émetteurs AIS-MOB aident surtout à courte distance, car ils envoient la position d'une personne tombée à l'eau aux navires équipés de l'AIS dans les environs, mais ne déclenchent pas automatiquement une chaîne de sauvetage mondiale. Les messagers satellites comme Garmin inReach, Zoleo ou Bivy Stick comblent cette lacune : Ils permettent également, en dehors du réseau de téléphonie mobile, des messages textuels, un suivi et une communication SOS interactive. Un téléphone satellite peut offrir encore plus de communication directe, mais il est plus cher. Starlink apporte l'Internet rapide à bord, mais n'est que partiellement adapté comme seule solution de secours en mer, tant que l'alimentation électrique et l'appareil doivent fonctionner. Les smartphones avec SOS satellite ou les montres avec fonction satellite intégrée peuvent constituer un niveau de sécurité supplémentaire, mais ne remplacent pas un équipement d'urgence robuste et indépendant sur les longues traversées.


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Lars Bolle

Lars Bolle

Rédacteur en chef Digital

Lars Bolle est rédacteur en chef numérique et l'un des fondateurs de la présence en ligne de YACHT. Pendant de nombreuses années, il a travaillé comme rédacteur dans le domaine Test & Technique et a suivi de nombreux événements de voile. Son CV personnel en matière de voile va du sport de compétition en dériveur (champion d'Allemagne 1992 en Finn Dinghi) aux croisières en dériveur historique et moderne, en passant par les croisières en charter.

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