Tatjana Pokorny
· 30.07.2026
La première pré-régate de la 38e Louis Vuitton America’s Cup avait réservé de belles surprises fin mai. Le spectacle sportif offert par cette régate au large de Cagliari, disputée sur les petits bolides AC40, était trépidant, captivant et plein de suspense. Au large de Cagliari, ce sont surtout Les jeunes challengers de Luna Rossa issus de l'équipe Jeunes et Femmes son intrépidité face à l'establishment de la Coupe, son esprit combatif et son talent. Mais ce sont finalement les seniors qui ont triomphé des Azzurri, car les jeunes ont manqué un peu de retenue. Et aussi parce que la superstar Peter Burling a changé de camp pour cette édition de la Coupe : il navigue désormais pour Luna Rossa et a retrouvé toute sa forme en finale. Cliquez ici pour consulter les résultats de Cagliari.
La deuxième pré-régate se profile désormais à l'horizon. Elle aura lieu dans la future zone de la Coupe de Naples et constituera bien plus qu'un simple échauffement intéressant. Au lieu de huit, ce sont neuf équipes issues de six pays qui s'affronteront du 24 au 27 septembre. L'American Racing Challenger Team USA, qui s'est engagé tardivement dans la Coupe de l'America, fera ses débuts dans cette compétition.
Avec Ken Read, c'est l'un des navigateurs américains les plus connus et les plus titrés qui prend la tête de l'équipe. Fort de plus de 50 titres remportés aux championnats du monde, continentaux et nationaux, et ayant participé en tant que barreur, stratège et entraîneur à trois campagnes de la Coupe de l'America (en 1995 avec « Young America » ; en 2000 et 2003 pour la campagne « Stars & Stripes » de Dennis Conner), ainsi qu’en tant que skipper à deux reprises lors de l’Ocean Race, Read apporte une expérience considérable à l’équipe.
Par ailleurs, Read est président de North Sails et du North Technology Group. Intronisé au Sailing Hall of Fame en 2025, cet homme de 65 ans est une figure incontournable du monde de la voile américaine. Giles Scott, double champion olympique en Finn, a été engagé au poste de directeur de la voile. Autrefois au service de l'équipe britannique de Sir Ben Ainslie, Dylan Fletcher avait repris le poste de Scott en tant que deuxième barreur aux côtés d'Ainslie lors de la 37e Coupe de l'America.
En SailGP, Scott, qui possède également un passeport canadien, a récemment réussi, avec son équipe NorthStar Canada, à devancer les Britanniques. NorthStar a décroché la troisième place à New York, puis récemment sur le terrain de jeu de l’Emirates GBR, et semble, depuis l’arrivée de Scott pour la cinquième saison, se diriger lentement mais sûrement vers le succès. Son expérience en SailGP devrait lui être très utile lorsqu’il courra pour l’équipe américaine lors de la Coupe de l’America.
Les grandes puissances de la Coupe, à savoir la Nouvelle-Zélande (Emirates Team New Zealand), l'Italie (Luna Rossa) et la Grande-Bretagne (GB1), sont à nouveau au départ avec chacune deux équipes (seniors et jeunes/femmes). Ces dernières ont connu des difficultés techniques lors de la première pré-régate. En SailGP également, le même barreur, Dylan Fletcher, et son équipage ont dû encaisser les derniers revers.
Avec chacun une équipe de haut niveau, le La Roche-Posay Racing Team français et le Tudor Team Alinghi s’engagent dans cette série de quatre jours, qui débute par une journée d’entraînement suivie de trois jours de régate. Les questions clés avant la deuxième pré-régate de la 38e Louis Vuitton America’s Cup : Les Italiens pourront-ils réitérer leur impressionnante performance de Cagliari dans leurs eaux natales et continuer à faire figure de référence ? Ou bien les défenseurs néo-zélandais parviendront-ils à leur faire face ? Et comment les Britanniques de Sir Ben Ainslie s'en sortiront-ils sans les problèmes techniques rencontrés à Cagliari ?
Cette question est toujours passionnante : jusqu’où iront les équipes à un seul bateau du La Roche-Posay Racing Team et du Tudor Team Alinghi dans la compétition OneDesign sur les AC40 ? Après tout, les Français, emmenés par le skipper Quentin Delapierre, bénéficient du renfort des champions olympiques espagnols de la classe 49er, Navigateur mondial de l'année 2024 et actuels Diego Botin et Flo Trittel, les super-héros de la SailGP . Avec cette équipe franco-espagnole dans le cadre du Stephan Kandler L'équipe dirigée par Bruno Dubois devrait faire forte impression sur les AC40.
Le format de la régate reste globalement le même qu'avant la Sardaigne : le 24 septembre auront lieu des courses d'entraînement pour la flotte. Le 25 septembre, les courses débuteront à 14 h 13 avec trois courses en flotte qui devraient s'achever vers 16 heures. Trois autres courses en flotte sont prévues samedi 26 septembre, suivies de deux autres dimanche 27 septembre. Les deux meilleures équipes se qualifieront pour la finale, où la victoire finale se jouera lors d'un duel unique.
Si vous êtes sur place à la fin de l'été, le Race Village situé à la Rotonda Diaz (plage de Mappatella) sera ouvert gratuitement tous les quatre jours de l'événement, de 11 h à environ 20 h. Le soir du 24 septembre, toutes les équipes seront présentées aux fans sur scène vers 18 heures. De plus, la Via Francesco Caracciolo sera fermée à la circulation afin que les spectateurs puissent profiter pleinement de la promenade et s'amuser.
Sur l'eau également, les yachts privés des spectateurs et les bateaux d'excursion sont autorisés, sous réserve d'inscription préalable. La page d’inscription correspondante n’était pas encore accessible, mais les organisateurs de la Coupe de l’America ont annoncé qu’elle le serait dans les semaines précédant l’événement. Compte tenu de la passion des Italiens pour la Coupe de l’America, déjà observable à Cagliari et bien connue, il faut s’attendre à une flotte de spectateurs de taille XXXL.
Située au bord de la magnifique baie du même nom, à proximité du Vésuve, Naples, fondée il y a plus de 2 500 ans, n'est pas seulement une ville très animée et chargée d'histoire. La capitale de la Campanie, près de la côte amalfitaine est également considérée comme le berceau de la pizza Margherita napolitaine. La question sportive qui se pose désormais, à l'approche de la deuxième pré-régate de l'America's Cup, est la suivante : servira-t-on plutôt une Margherita classique, une Capricciosa variée ou une Diavola bien relevée ?

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