J'espère en tout cas que nous obtiendrons bientôt l'autorisation de mener un projet de recherche dans le cadre duquel des plaisanciers effectueront des mesures dans la mer Baltique.
Exactement. Avant, je n'étais pas du tout convaincu. Je pensais qu'il fallait beaucoup d'instruments coûteux et que cela ne marcherait jamais. Mais aujourd'hui, je vois les choses différemment. Nous avons maintenant de très bons instruments, si faciles à utiliser qu'on peut le faire sans problème.
La teneur en oxygène de la mer Baltique, au niveau du sol. Cela fonctionne avec une petite sonde qui pèse deux ou trois kilos et qui est abaissée au bout d'un fil de pêche. Pour cela, il faut virer de bord ou naviguer très, très lentement. L'engin est ensuite commandé par le smartphone. Il suffit de lancer une application et de recevoir les données. Celles-ci sont ensuite envoyées par mail au Geomar.
Il y en a déjà. Il suffit de mettre en place un réseau, ce que nous faisons en partenariat avec l'association Trans-Ocean. L'idée est que les plaisanciers de la baie de Kiel, du Grand et du Petit Belt prennent l'appareil avec des instructions auprès du capitaine du port. Ils naviguent avec jusqu'à la prochaine marina et font un ou deux arrêts en route, de préférence à l'endroit le plus profond. Une fois dans le port, ils remettent l'engin et le suivant vient faire la même chose.
Évaluer. La particularité de la mer Baltique est qu'elle possède des couches séparées les unes des autres : de l'eau froide salée à haute densité au fond et de l'eau douce provenant des affluents à la surface. Nous voulons découvrir comment, où et quand l'oxygène disparaît, car à partir d'un certain seuil, cela devient dangereux pour les poissons, qui ne peuvent alors plus y vivre.
(rires) J'en suis un moi-même !
J'ai un monotone transformé en cruiser. Mais j'ai aussi équipé d'autres navigateurs d'instruments de mesure pour la recherche.
Cela a commencé avec la Volvo Ocean Race 2017/18, où j'avais un projet subventionné et où j'ai pu engager un scientifique et équiper deux bateaux d'instruments permettant de détecter les microplastiques dans la mer : "Akzo Nobel" et "Turn the Tide on Plastic". Boris Herrmann a ensuite mesuré pour nous la teneur en CO2 de l'eau avec un instrument similaire lors de sa participation au Vendée Globe.
Un pack océan. La teneur en CO 2 qu'il détecte est importante pour la recherche climatique, les océans absorbant environ 25 % des émissions. Le trimaran "Spindrift" dispose désormais d'un tel instrument à bord.

Rédacteur en chef adjoint de YACHT