Lors de la plus grande course en solitaire du monde (450 inscrits), Jan Andersen détient le record avec son "Black Marlin" : il n'a fallu que 14 heures et 8 minutes au constructeur de bateaux pour boucler le parcours de 133 milles nautiques autour de l'île danoise de Funen. C'était en 2019 et à ce jour, il n'a jamais été battu, toutes classes confondues. Le trimaran en carbone entre désormais en série sous le nom de Marlin 33.
J'ai simplement construit le voilier que je voulais avoir".
Il y a un marché pour cela. En effet, ils sont peut-être les cruisers les plus performants et ont pris de plus en plus d'importance ces dernières années : D'une part, les trimarans peuvent encore être aménagés de manière confortable, d'autre part, ils fournissent des performances élevées, des vitesses de pointe dépassant la marque des 20 nœuds sont possibles, des vitesses moyennes élevées sont garanties, et même en croisière, ils se comportent très bien.
Une raison suffisante pour un segment de marché florissant, actuellement occupé pour l'essentiel par Corsair, Astus et Dragonfly. Le constructeur et chef de projet danois Jan Andersen ne considère pas ces bateaux comme des concurrents directs. En effet, le Dragonfly, dont la taille est comparable à celle du Marlin 33, est plus de deux fois plus lourd, même si cela est en partie compensé par une grand-voile qui, dans sa version "Evolution", a une surface de douze mètres carrés de plus que celle du Marlin 33. D'autres trimarans, comme le SeaCart 30, ne sont pas habitables, mais de purs bateaux de régate.
Le bateau de série développé à partir du "Black Marlin" doit se situer entre les bateaux de croisière Dragonfly et Corsair et les purs bateaux de régate. Le "Black Marlin" sera construit en petite série sur le chantier naval Elica sous le nom de Marlin 33. L'entreprise de Kaloyan Radulov est située à Silistra en Bulgarie, sur les rives du Danube, et fait partie du groupe Elica, qui fabrique entre autres des machines de récolte. Le chantier, qui s'étend sur 20.000 mètres carrés, est équipé d'une fraiseuse à sept axes, de machines CNC, de tables de compression et de fours ultramodernes et a mis en place un département mobilier spécialisé dans les pièces légères. Elica construit des pièces telles que des noyaux et des moules, des bateaux complets en sandwich avec des couches de verre ou de carbone ainsi que tous les systèmes de résine courants et également par infusion sous vide dans des moules ou en construction individuelle. Le chantier naval fabrique sa propre série de catamarans à moteur, l'Omaya 50+.
Le Marlin 33 est fabriqué en sandwich de carbone selon un procédé d'infusion sous vide. Le bateau ne pèse ainsi que 1,5 tonne, prêt à naviguer. Il tire sa stabilité de ses flotteurs, qui sont déployés sur une largeur imposante de 7,55 mètres. Pour le box ou l'hivernage, les flotteurs peuvent être repliés et la largeur réduite à 3,55 mètres. Avec des avirons kick-up et une dérive pivotante, le tirant d'eau est également variable, de 2,10 à 0,40 mètre.
Le trimaran en carbone devrait coûter 450.000 euros, TVA comprise. Il comprend entre autres un mât rotatif en carbone avec gréement souple, un beaupré en carbone, un moteur électrique intégré (Torqeedo), des batteries au lithium, une table en carbone dans le salon et même des voiles laminées de haute qualité (grand voile, foc auto-vireur, code zéro) ainsi qu'un gennaker. Il existe une version Race et une version Cruising avec un gréement légèrement plus court et des options d'extension.

Rédacteur en chef adjoint de YACHT