Vendée GlobeVoici à quoi ressemble le nouveau « Malizia 4 » de Boris

Fridtjof Gunkel

 · 24.06.2026

La coque est moins volumineuse à l'avant et globalement plus étroite.
Plus élancé, plus plat, plus polyvalent : le navire jumeau de Thomas Ruyant prend la mer et montre la voie à suivre pour la prochaine génération de bolides hauturiers à foils.

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La mise à l'eau du nouvel IMOCA de Thomas Ruyant donne un aperçu de ce à quoi ressemblera la prochaine génération de la classe Open 60. Ce bateau n'est pas seulement la première construction neuve issue d'une campagne commune menée par trois équipes : Team Malizia et Banque Populaire (Vendée Globe : un triplé pour Boris – Herrmann construit des bateaux jumeaux avec Ruyant et Berrehar), mais aussi le navire jumeau du prochain film de Boris Herrmann « Malizia 4 ». Le projet a été développé par les concepteurs Antoine Koch, Finot-Conq et Gsea Design ; les bateaux sont construits chez CDK à Lorient.

« Malizia 4 » : plus élancée, plus effilée, plus polyvalente

Ce qui est particulièrement intéressant, c’est à quel point le nouveau yacht se démarque clairement, par son langage stylistique, de l’ancienne génération « Malizia ». Boris Herrmann décrit les nouveaux bateaux comme plus élancés et dotés d’une proue plus effilée que l’ancien « Malizia – Seaexplorer ». Cela semble indiquer un abandon des parties avant extrêmement volumineuses qui ont caractérisé de nombreux Imoca-Foiler modernes ces dernières années. Plutôt que de privilégier une portance maximale à l’avant, le nouveau concept semble miser davantage sur l’équilibre et la polyvalence dans un éventail plus large de conditions de vent et de vagues.

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Enseignements tirés de l'expérience acquise jusqu'à présent avec le bateau Ruyant

La nouvelle conception s'appuie davantage sur les enseignements tirés du précédent bateau de Ruyant que sur l'ancien « Malizia ». C'est son IMOCA actuel qui a servi de référence ; selon Antoine Koch, la forme arrondie de sa coque présente des avantages en mer agitée et sur les caps au vent : le bateau fend bien l'eau et son comportement à bord est moins brutal. C'est là où ce concept présentait des faiblesses que la nouvelle construction intervient, à savoir au près, en mer calme, par vent faible et dans des conditions de transition.

Thomas Ruyant : « Ce bateau bénéficie de l'expérience acquise sur deux Imocas précédents, deux Vendée Globe et deux victoires à la Transat Jacques Vabre. Ce nouveau bateau va être une véritable fusée, j'ai hâte de le tester en mer ! »

Un fuselage à deux niveaux

Un coup d’œil aux anciens projets de Koch/Finot permet de voir dans quelle direction va la conception. La dernière génération d’Imoca est relativement étroite et plate, avec une partie avant remarquable qui, malgré son volume, ne suit pas le schéma classique du scow. Elle se caractérise par des chines marquées, une forme de bouchain profonde et une coque presque en V à l’avant, aux courbes douces jusqu’au bord de la bouchain, mais aux contours néanmoins bien définis. Thomas Ruyant a évoqué à ce sujet une coque à « deux niveaux » : très élancée en bas, large en haut. On remarque notamment la chine très marquée, surtout à l’avant, qui descend vers l’arrière en une courbe douce.

Lancement du nouveau bateau de Thomas Ruyant

Loin du spécialiste de l'extrême

Cette philosophie s'inscrit également dans le cadre du nouveau projet de bateau jumeau. L'objectif n'est apparemment pas de créer un bateau radicalement spécialisé, mais un IMOCA capable d'être rapide dans des conditions variées. Concepteur : Antoine Koch Le fabricant présente cela comme une tentative d'améliorer la polyvalence, de combler les lacunes par vent faible et d'optimiser en permanence le comportement dans les vagues. Cette approche s'appuie sur le constat que, si les foils plus extrêmes peuvent briller dans des conditions idéales, ils perdent parfois considérablement de la vitesse dans la houle, ce qui entraîne une perte de vitesse moyenne précieuse.

Le contrôle plutôt que le radicalisme pur et simple

Même dans les détails, cela se traduit par une philosophie de conception claire : une évolution de la vitesse plus maîtrisable et un bateau qui freine moins brusquement dans les vagues. Dans l’analyse des précédentes conceptions de Koch, c’était précisément là un point essentiel : une résistance moindre, une surface mouillée réduite et une conception qui n’est pas seulement optimisée pour quelques angles d’incidence idéaux du vent, mais qui fonctionne de manière plus fiable sur les longues étapes au large. Pour le nouveau bateau de Ruyant et le futur Malizia 4, cela constituerait une avancée décisive : s’éloigner de l’extrême sans compromis pour se diriger vers un foiler polyvalent, plus stable et plus rapide.

« Malizia 4 » : un projet de développement commun pour trois équipes

Le cadre du projet est également remarquable. Au lieu de trois nouvelles constructions distinctes, un design commun est mis au point pour les trois équipes. Cela permet non seulement de réduire les coûts de développement et les outils nécessaires, mais aussi, selon les parties prenantes, de diminuer considérablement l’empreinte carbone de la construction. Le bateau de Ruyant marque ainsi non seulement le début d’un nouveau cycle sportif, mais aussi le début d’un développement IMOCA plus étroitement coordonné.


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Fridtjof Gunkel

Fridtjof Gunkel

Rédacteur en chef adjoint de YACHT

Fridtjof Gunkel est né en 1962 à Helgoland ; il y a débuté sa carrière de navigateur en Opti et est rapidement passé aux quillards. La semaine de la mer du Nord, la semaine de Cowes et la semaine de Kiel ont été ses premières étapes, suivies de nombreuses années dans la scène de l'Admiral's Cup sur les cuppers « Container » et « Rubin ». Les championnats du monde et les régates internationales en Starboot, avec le mini-Maxi « SiSiSi » et divers yachts de tonnage ainsi que la participation à la Whitbread Round the World Race ont été d'autres étapes marquantes, accompagnées de longues croisières. Fridtjof Gunkel est entré au YACHT dans le cadre d'un stage en 1985, où il est ensuite devenu chef de la rubrique Test & Technique, puis rédacteur en chef adjoint il y a environ 25 ans. Il est également responsable du domaine des régates et du sport. Fridtjof Gunkel navigue à titre privé sur un Performance/Cruiser amarré sur la côte de la mer Baltique. Ses zones de navigation préférées sont l'archipel de l'est de la Suède et la Bretagne.

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