« Bubu 3 »Comment un Bavaria 26 est devenu un bateau unique en son genre

Michael Good

 · 28.06.2026

Bien plus qu'une simple plateforme de baignade. Cet accessoire installé à l'arrière du « Bubu 3 » est le fruit d'une grande ingéniosité.
Photo : Tobias Stoerkle
« Impossible n'est pas français ». Pour Sascha Hahnen, bricoleur dans l'âme, les souhaits de ses enfants sont autant de défis à relever. Le « Bubu 3 », au bord du lac de Constance, est un véritable méli-mélo de particularités.

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Tout a commencé par un souhait en apparence simple de deux enfants : « Papa, il nous faut une plateforme de baignade ! » Dans ce cas précis, le papa s'appelle Sascha Hahnen, il est originaire de Sulzberg en Autriche et possède un Bavaria 26 sur le lac de Constance. Depuis sa rénovation, ce petit yacht est devenu une attraction flottante au sein du Württembergischer Yacht-Club de Friedrichshafen. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit un petit croiseur de 7,60 mètres de long doté d’une véritable plateforme de baignade et d’un beaupré qui donne le goût de l’aventure.

Hahnen est un bricoleur, un inventeur et un homme qui sait rendre les choses possibles. C'est quelqu'un qui ne passe pas son temps à se demander si quelque chose peut fonctionner, mais qui préfère essayer tout de suite pour voir comment cela pourrait marcher. Il semble avoir une tendance marquée à optimiser ses voiliers jusqu'à ce qu'ils correspondent parfaitement à sa vie familiale et à sa pratique de la voile, toutes deux très exigeantes.

Et ce n’est pas la première fois. Avec l’aide de sa famille, toujours pleine d’énergie, Hahnen a déjà entièrement réaménagé un Bavaria 50 baptisé « Abygail » en Croatie : déplacé les cloisons, réaménagé le mobilier, installé des bossoirs, réorganisé les ferrures, mis en place un éclairage LED indirect et posé des kilomètres de câbles neufs.

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Le « Bubu 3 » est ensuite devenu le prochain grand projet de rénovation. Un Bavaria 26, construit en 1986, d'une longueur de 7,60 mètres et d'une largeur de 2,50 mètres. Un bateau du lac de Constance aux origines authentiques, de taille raisonnable et doté de cette compacité qui semble particulièrement séduire Hahnen. Il aime les défis, ce qui semble impossible. Lorsque ses fils Julius et Constantin ont exprimé en 2019 leur souhait d’avoir une plateforme de baignade, cela est devenu pour lui non seulement une obligation familiale, mais surtout un défi des plus bienvenus.

Ce courage de faire le grand saut ne lui est toutefois pas venu de nulle part. Sascha Hahnen s'est également inspiré de l'un des projets de rénovation de YACHT les plus célèbres de ces dernières années : le Dehlya 25, que la rédaction a acheté en 2016 dans un état de délabrement avancé et qu’elle a pratiquement entièrement remis à neuf en un peu plus de trois ans, avec l’aide de nombreux partenaires du secteur. Chez Sascha Hahnen, le projet « Willy » a trouvé un terrain fertile. « Si l’on peut transformer un vieux Dehlya en un bateau moderne et bien pensé, pourquoi ne pas faire d’un Bavaria 26 un concept personnalisé pour le lac de Constance ? »

La plate-forme de baignade prolonge d'emblée le bateau

Aussi simple que puisse paraître le souhait des enfants, la chose n’était toutefois pas si simple d’un point de vue technique. Une plateforme de baignade sur un Bavaria 26 de 7,60 mètres de long n’est pas un accessoire que l’on visse simplement à la poupe. La coque est trop courte, la poupe trop étroite et le levier trop important. Si l’on y fixait simplement une plateforme de baignade classique, la petite coque céderait sous la charge. La solution de Hahn n’est donc pas un marchepied rapporté, mais essentiellement une pièce moulée flottante. Une sorte de section arrière supplémentaire qui prolonge la coque d’environ un demi-mètre tout en servant de plate-forme de baignade. Une fois rabattue, elle se transforme en une vaste plate-forme de baignade ; relevée, cette partie arrière vient refermer proprement la poupe et on n’en voit presque plus rien. Ainsi, le Bavaria 26 se transforme en un clin d’œil en Bavaria 28.

Pour que le projet puisse fonctionner, la plate-forme devait bien sûr être aussi légère que possible. En effet, elle devait non seulement fournir de la portance, mais aussi pouvoir être facilement hissée et larguée. Hahnen a donc opté pour une structure complexe en fibre de carbone, stratifiée sur un noyau en mousse. Cet élément flotte de lui-même dans l'eau, allégeant ainsi la poupe. Ainsi, deux personnes peuvent se tenir debout à l'arrière de l'accessoire sans que la stabilité à flot ne soit sensiblement modifiée.

Et, soit dit en passant, cette solution présente également des avantages sur le plan de la navigation. Grâce à la nouvelle partie arrière, qui fait office de déflecteur, la ligne de flottaison effective du « Bubu 3 » s'allonge d'environ un demi-mètre. Sur un bateau de cette taille, il ne s'agit pas d'un simple détail décoratif, mais d'un changement notable des proportions. Une plus grande longueur à l'eau signifie potentiellement plus de stabilité, une meilleure tenue au cap et peut-être aussi une marge de manœuvre supplémentaire en termes de vitesse. Vu sous cet angle, le simple souhait des enfants de disposer d'une plateforme de baignade s'est transformé non seulement en une solution de confort, mais aussi en une petite optimisation hydrodynamique de la coque de série.

Quatre essais avant de trouver le beaupré idéal

Après la poupe, ce fut au tour de la proue. Au début, Sascha Hahnen avait un petit Beaupré installé pour le gennaker. Cela a certes apporté la vitesse souhaitée, mais pas forcément le type de contrôle que l'on recherche en tant que barreur. Sous la pression, le petit Bavaria partait bien trop souvent en dérive. « Il fallait bien sûr que je fasse quelque chose pour y remédier », explique Hahnen.

Bien sûr. Pour lui, ce fut le point de départ de sa prochaine création. Cette solution non plus ne figurait pas dans le catalogue d’accessoires ; elle a été élaborée essentiellement à partir de ce qui était disponible à bord et dans l’atelier : une bôme de spinnaker, des fixations supplémentaires, des haubans en fil de fer, des ferrures, des manilles et beaucoup de réflexion sur les charges, les angles et la facilité d’utilisation.

Il s’agissait également d’une question de géométrie portuaire. En effet, le beaupré est dimensionné de telle sorte que le « Bubu 3 » puisse tout juste quitter son poste d’amarrage dans la marina du Württembergischer Yacht-Club à Friedrichshafen. Cela implique un travail de précision au millimètre près pour l’équipage lors de la manœuvre. Pour d’autres ports ou pour le transport vers le hangar d’hivernage, la structure pourrait toutefois être rétractée. Pas d’une simple pression sur un bouton ni avec élégance à l’aide d’une cordage depuis le cockpit, mais plutôt à la manière de Hahnen : desserrer quelques manilles, repousser le spinnaker-boom vers l’arrière, puis l’arrimer. C’est certes un peu fastidieux, mais faisable.

Ce n’est finalement qu’après plusieurs tentatives que cela a fonctionné. Sascha Hahnen a conçu et construit pas moins de quatre versions différentes du beaupré. Chacune fonctionnait un peu mieux que la précédente, mais chacune présentait également de nouveaux compromis. Et chaque nouvelle tentative le rapprochait un peu plus de ce qu’il souhaitait réellement. Même si la version actuelle fonctionne bien sur le plan technique, elle ne correspond pas encore tout à fait à l’idéal de son propriétaire. Une version cinq est donc déjà en préparation. Sascha Hahnen voit toujours un potentiel d’amélioration. Et c’est avec une impatience palpable qu’il aborde ces nouveaux défis.

Sous le pont, il a même fallu repenser la structure

Un troisième chantier d'envergure s'est présenté sous le pont. Le Bavaria 26 dispose d'un coin repas dans le salon. La table centrale peut être abaissée, transformant ainsi le coin salon en une grande surface de couchage. Tout irait bien s'il n'y avait pas ce support de mât. Sur le « Bubu 3 », il se trouvait lui aussi exactement là où on en a le moins besoin quand on dort : en plein milieu.

Sascha Hahnen voulait absolument s'en débarrasser. Il a donc demandé conseil à des spécialistes. Comme on pouvait s'y attendre, les avis divergeaient : de « difficile » à « impossible », tous les commentaires étaient de la partie. Au final, il ne restait qu’une seule solution pour la famille Hahnen : renforcer le pont de course sur les côtés ainsi que l’ensemble de la superstructure de la cabine, de manière à ce que les structures puissent supporter les charges du mât même sans support fixe. Il a donc fallu retirer le plafond, puis laminer des structures supplémentaires, couche après couche de fibre de carbone. Et juste pour plus de sécurité, le propriétaire a également installé un support de mât mobile équipé d’un vérin hydraulique, que l’on peut mettre sous pression pour naviguer et retirer pour dormir. Mais cela n’a jamais été nécessaire. Les structures tiennent très bien ainsi.

Un bateau qui ne sera sans doute jamais tout à fait terminé

La visite à bord se transforme en véritable voyage de découverte. Ici, une ferrure fabriquée maison ; là, une structure renforcée. Presque partout, on trouve un détail unique par son type et sa réalisation, qui témoigne d’une grande ingéniosité. La famille a consacré jusqu’à présent plusieurs centaines d’heures de travail à cette rénovation. Elle ne l’a jamais regretté. « Ça a vraiment été un grand plaisir », déclare le propriétaire, toujours très actif.

Sascha Hahnen ne cessera jamais d’optimiser davantage son bateau. De ce point de vue, le « Bubu 3 » n’est pas un projet de rénovation achevé, mais plutôt un résultat intermédiaire en constante évolution. Le bateau est certes suffisamment prêt pour naviguer, mais sa conception est loin d’être définitive.


Jusqu'où faut-il aller lors d'un réaménagement : se contenter d'apporter des améliorations ou réinventer complètement le bateau ? Donnez votre avis dans les commentaires.

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Michael Good

Michael Good

Rédacteur Test & Technique

Michael Good est rédacteur de tests chez YACHT. Dans le cadre de cette fonction, il s'occupe en premier lieu des nouveaux bateaux, de leur présentation et de la production de rapports de tests. Michael Good vit et travaille en Suisse, au bord du lac de Constance. Il fait de la voile depuis son enfance et, en plus de son activité professionnelle, il participe activement à des régates depuis de nombreuses années, actuellement surtout dans les classes Finn Dinghi et Melges 24. Il est également copropriétaire d'un 45er National Kreuzer construit en 1917. Michael Good travaille pour la rédaction de YACHT depuis janvier 2005 et a testé près de 500 yachts, catamarans et dériveurs pendant cette période.

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