Lac de ConstanceKressbronn gagne un procès sur la taxe de séjour des bateaux

Pascal Schürmann

 · 30.01.2026

Lac de Constance : Kressbronn gagne un procès sur la taxe de séjour des bateauxPhoto : M. Häfner
Ports sur le lac de Constance : à gauche le port de plaisance BMK de Langenargen, à droite le grand Ultramarin - Meichle + Mohr Marina à Kressbronn
La commune de Kressbronn a gagné la bataille juridique de longue haleine concernant la perception d'une taxe de séjour pour les places d'amarrage des bateaux. La Cour administrative a confirmé la légalité de la taxe contestée et a rejeté toutes les demandes des plaignants. Pour les propriétaires de bateaux disposant d'une place d'amarrage permanente, cela représente un coût annuel de près de 60 euros.

Comme le communique la commune, la Cour administrative de Mannheim a rejeté les demandes des plaignants dans la récente procédure de contrôle des normes contre les statuts actuels de la taxe de séjour et n'a pas non plus autorisé de recours. Le maire Daniel Enzensperger se montre soulagé : "J'ai l'espoir que les procédures de contrôle des normes contre la taxe de séjour pour les places d'amarrage des bateaux ont maintenant trouvé leur fin. La perception de la taxe de séjour pour les places d'amarrage des bateaux est autorisée, et c'est bien ainsi". La jurisprudence a maintenant concrétisé la situation légale, ce qui crée une sécurité juridique aussi bien pour la commune que pour les propriétaires des places d'amarrage concernées.

Antécédents d'une longue bataille juridique

Le litige concernant la taxe de séjour pour les propriétaires de bateaux à Kressbronn remonte à plusieurs années. En mars 2019, le conseil municipal avait décidé d'instaurer la perception d'une taxe de séjour pour les emplacements de bateaux. La taxe de séjour est en principe une taxe que doivent payer les personnes non domiciliées dans la commune et auxquelles est offerte la possibilité d'utiliser les installations communales et de participer à des manifestations. Alors que les visiteurs passant la nuit dans la commune sont traditionnellement tenus de s'en acquitter, les touristes journaliers sont expressément exclus de la taxe de séjour en raison de la charge de travail que représente la saisie des données. L'extension aux places d'amarrage pour bateaux a toutefois suscité une opposition considérable de la part des exploitants de ports locaux et des propriétaires de bateaux.

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Après l'introduction de la taxe de séjour pour les emplacements de bateaux, les exploitants de ports locaux ont déposé une demande de contrôle des normes auprès du tribunal administratif de Mannheim. Celle-ci a donné partiellement raison aux plaignants par un jugement du 13 juillet 2021 et a décidé que la commune pouvait en principe percevoir une taxe de séjour pour les emplacements de bateaux, mais uniquement pour les emplacements permanents et non pour les emplacements réservés aux visiteurs. La commune a alors adapté son règlement sur la taxe de séjour à la jurisprudence, mais les exploitants du port ont à nouveau introduit un contrôle des normes. Par un arrêt du 14 octobre 2022, la Cour administrative a de nouveau donné raison aux requérants et a cette fois critiqué le calcul de la taxe de séjour annuelle forfaitaire.

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La municipalité a dû faire deux retouches

Les juges de la Cour administrative ont critiqué deux points essentiels du règlement de la taxe de séjour. Premièrement, ils ont contesté la taxation forfaitaire, qui prévoit en principe deux personnes par bateau, camping ou résidence secondaire. Deuxièmement, le tribunal a estimé qu'il était inapproprié de partir d'une durée d'utilisation de 30 jours pour les emplacements de bateaux. Du point de vue du tribunal, seule l'hypothèse de 15 jours d'utilisation était justifiable sans justification au cas par cas. La commune a mis en œuvre cette jurisprudence dans une version révisée du règlement sur la taxe de séjour et a adopté à cet effet un 4e règlement modificatif.

Comme le rapportent entre autres la "Schwäbische" et la Südwestrundfunk, le Motor-Yacht-Club Obersee ainsi qu'un propriétaire de bateau individuel ont déposé un recours contre ces statuts révisés auprès de la Cour administrative. D'autres exploitants de ports ne s'étaient plus joints à la procédure. Les requérants contestaient à nouveau la perception générale de la taxe de séjour pour les emplacements de bateaux et, pour la première fois, le calcul général sur lequel repose la taxe de séjour. La Cour administrative a toutefois décidé, dans son jugement du 22 décembre 2025, que le 4e règlement modificatif de la commune ainsi que le calcul sur lequel il se base étaient désormais parfaitement légaux.

La taxe de séjour au lac de Constance n'est pas un cas isolé

La commune de Kressbronn n'est pas un cas isolé avec sa taxe de séjour pour les propriétaires de bateaux. D'autres communes du lac de Constance - comme Uhldingen-Mühlhofen, Sipplingen et Friedrichshafen - exigent une taxe comparable des résidents permanents. A Uhldingen-Mühlhofen, par exemple, elle est de 52,50 euros. La taxe de séjour confirmée à Kressbronn pour les mouillages permanents s'élève à près de 60 euros par an. Ceux qui payent reçoivent la "Echt Bodensee Card" et peuvent ainsi profiter des offres et des installations touristiques.

Tous les propriétaires de bateaux ne devraient pas être satisfaits de la décision de justice. Peter Mayer, un architecte de 64 ans originaire de Biberach, qui navigue depuis huit ans sur le lac de Constance, a déjà critiqué la taxe de séjour il y a des années auprès de YACHT, la jugeant injuste. Il disait : "Je trouve cela tout simplement injuste ! La taxe de séjour est censée financer les installations touristiques de la commune, comme ici par exemple la plage, que l'on peut ensuite utiliser à moindre coût. Mais je n'y suis pas. Je viens à la commune en tant que plaisancier permanent étranger à la région, qui a son propre bateau dans un port privé, et non en tant que touriste". Mayer a vu une nette différence entre les plaisanciers et les clients des hôtels et n'a pas pu suivre l'argument selon lequel on utilise probablement les installations de Kressbronn.

Une question de principe plutôt qu'une somme d'argent

Pour Mayer, son opposition à la taxe de séjour ne portait pas en premier lieu sur le montant de l'argent, mais sur une question de principe. "Ce n'est pas une question d'argent en premier lieu. Si Kressbronn s'impose ici, d'autres communes suivront. J'en suis sûr", a-t-il craint. Il a particulièrement critiqué le fait que tous les plaisanciers permanents soient traités de la même manière, indépendamment de la taille de leur bateau. Mayer a mené son opposition à la taxe de séjour avec un énorme engagement et a rempli plusieurs classeurs de correspondance.

Suite à la décision de la Cour administrative, la question se pose maintenant de savoir si les plaignants vont entreprendre d'autres démarches juridiques. Selon son président, le Motor Yacht Club Obersee veut d'abord examiner la décision de la Cour suprême et décider ensuite si et comment il va poursuivre ses démarches. Le maire de Kressbronn, Enzensperger, espère quant à lui que le calme reviendra dans cette affaire et que la sécurité juridique sera garantie aussi bien pour la commune que pour les propriétaires de bateaux concernés.

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