Il y a 25 ans, Wilfried Erdmann est rentré après 343 jours en mer, à l'issue de son tour du monde à la voile en solitaire et sans escale, effectué à contre-courant des vents dominants. À ce jour, il reste le seul Allemand à avoir réussi un tour du monde à la voile sans escale dans les deux sens. Une semaine avant son arrivée à Cuxhaven, une équipe du magazine YACHT a rencontré ce navigateur d'exception dans la Manche. C'est à cette occasion qu'a été réalisée cette interview.
Texte original tiré du magazine YACHT n° 16/01.
Monsieur Erdmann, cela fait plus de trois ans que vous avez commencé ce voyage dans vos pensées. Maintenant que cette traversée touche à sa fin, ressentez-vous une sorte de tristesse, de mélancolie ?
De la mélancolie ? Non. Ça suffit maintenant.
Au moment de partir de Cuxhaven, vous avez déclaré que ce serait votre dernier grand voyage. Est-ce la fin d'une étape de votre vie ?
Je suis tout simplement heureux. Ça a quand même pris un sacré bout de temps. Je n'aurais jamais pensé que nous serions en route aussi longtemps.
En fait, vous vouliez rentrer chez vous un mois plus tôt.
C'est ce que j'avais espéré. Mais quand les 320 jours que je m'étais fixés se sont écoulés et que nous étions encore si loin du but, j'ai eu du mal à l'accepter.
Depuis quand saviez-vous que vous y arriveriez ?
Je ne serais pas parti si je n’y avais pas cru dès le début. Mais j’ai frôlé la catastrophe à plusieurs reprises. Surtout avant Le Cap. Là, j’ai sorti mes cartes détaillées, que j’avais emportées au cas où, et je me suis imaginé à quel point ce devait être beau dans le port. Mais j’ai fini par continuer. Je me suis dit : « Je dois passer par là, c’est pour ça que je suis là et que je fais tout ça. »
Si vous faites le bilan aujourd'hui : était-ce un plaisir ou un calvaire ?
C'était déjà pas mal. J'ai quand même vécu plus de moments heureux que de moments difficiles.
Avant votre dernière traversée sans escale, vous vous étiez déjà demandé si, à 44 ans, vous n'étiez pas trop vieux. N'était-ce pas encore plus difficile maintenant, à 61 ans ?
C'était à la limite. Mais je ne vais pas me plaindre. C'est ce que je voulais. Je voulais faire encore une fois quelque chose de vraiment spécial.
Cela a-t-il comblé votre envie de longs coups ?
Oui, c'est maintenant au tour des autres. J'espère qu'il y en a. On est quand même loin des grands océans. Les Anglais et les Français ont plus de chance de ce côté-là. Quand j'y pense, il leur suffit d'une journée de navigation pour apercevoir ces belles eaux d'un bleu profond.
« Kathena nui » vous a fait faire deux fois le tour du monde en toute sécurité. Est-ce le bateau idéal pour vous ?
Il m'est parfois arrivé de rêver d'un bateau plus grand. Pas tant pour la vitesse que pour l'espace de vie et la liberté de mouvement. Dans l'océan Austral, je ne relevais que les positions de midi, car tout le reste m'aurait demandé trop de travail. Me pencher en biais devant la table à cartes, une fois par jour, ça me suffisait.
Pour en savoir plus sur la couverture médiatique du tour du monde à la voile en solitaire et sans escale :
Aufgewachsen in Süddeutschland, hat Jochen Rieker das Segeln auf Bodensee, Ammersee und Starnberger See gelernt. Zunächst war er auf Pirat, H-Jolle und Tempest unterwegs, später auf Hobie Cat, A Cat und Dart 16. Aber wie das so ist: Je weiter entfernt das Meer, desto größer die Leidenschaft danach. Inspiriert durch die Bücher von Bobby Schenk und Wilfried Erdmann, folgte in den 90ern der erste Dickschifftörn im Ionischen Meer auf einer Carter 30, damals noch ohne Segelschein. Danach war’s um ihn geschehen. Als YACHT-Kaleu und Jury-Vorsitzender des European Yacht of the Year Award hat Rieker in den vergangenen mehr als 25 Jahren gut 500 Boote getestet. Sein eigenes, ein 36-Fuß-Racer/Cruiser, lag zuletzt in der Adria. Diesen Sommer verholt er es an die Schlei, wo er inzwischen lebt.