Partir à la voile - sans expérience, sans grand plan, mais avec une bonne dose de courage - et peut-être de naïveté. Ce qui semble être une idée fixe est la base du film documentaire "Segeljungs - mit null Ahnung um die Welt" (Les garçons de la voile - autour du monde avec aucune idée), qui sortira au cinéma le 2 avril 2026. Il raconte l'histoire de quatre garçons de Bavière qui, après l'école, au lieu d'étudier ou de suivre une formation, se lancent dans un tour du monde à la voile. Et ce, non pas avec des années de préparation, mais selon la devise : "Simplement faire".
Tim, Vince, Michi et Tom, originaires de Bad Tölz en Bavière, ont pris après l'école une décision que de nombreux navigateurs auraient probablement qualifiée de fantasme : sans expérience notable de la voile, ils achètent un bateau, travaillent pour arrondir leurs fins de mois - et partent. L'itinéraire : de la mer Baltique aux Caraïbes en passant par la mer du Nord et l'Atlantique, puis à travers le Pacifique, l'Asie du Sud-Est et l'océan Indien pour revenir en Europe. Cinq ans plus tard, le journal de bord affiche quelque 40 000 miles nautiques et 38 pays visités. Dans leurs bagages : plusieurs terraoctets de vidéo, dont ils ont déjà partagé une grande partie avec leurs fans sur Youtube. Aujourd'hui, le matériel monté par le cinéaste Tobias Steinigeweg est projeté au cinéma.
Au premier abord, l'histoire rappelle un autre film dont la première a eu lieu il y a cinq ans et qui racontait également le tour du monde à la voile d'un équipage de quatre personnes. La grande différence : l'équipage du "Peter Willemoes" s'était préparé de manière intensive pendant deux ans à son voyage, avec un brevet de navigation en haute mer, des exercices de navigation, l'étude de cartes marines et la planification d'itinéraires :
La bande-annonce promet d'être proche de la réalité de la croisière à la voile, loin des mises en scène sur papier glacé. L'équipage vit ce à quoi de nombreux navigateurs au long cours sont également confrontés : de fortes tempêtes, des défaillances techniques, des bris de matériel et des pressions psychologiques.
Une panne de moteur contraint l'équipage à abandonner la première étape au Panama. Deux des quatre amis abandonnent plus tard. Finalement, Tim et Vince terminent le voyage en équipage de deux - un scénario que de nombreux navigateurs en eau bleue ne connaissent que trop bien. Les rencontres avec de prétendus pirates, les longs passages pouvant durer jusqu'à 40 jours en mer et les conditions météorologiques extrêmes font également partie de la réalité du voyage.
Le tour du monde se déroule en deux étapes - et sur deux yachts différents. Le premier, l'"Eira", doit être abandonné après des problèmes techniques au Panama. Un fan met alors à la disposition des navigateurs un aluyacht de 57 pieds : l'"Arrya". C'est avec lui qu'ils poursuivent leur voyage - un aspect inhabituel mais typiquement moderne de cette histoire, fortement portée par les médias sociaux. En effet, le projet a été financé en grande partie par une communauté en ligne croissante. Plus de 300 vidéos documentent le voyage - de manière brute, directe et authentique.
Cinq ans après leur départ, les jeunes navigateurs ne sont certes plus que deux, mais ils ont effectivement fait le tour du monde. Dans une interview accordée à YACHT, Vincent Goymann et Tim Hund avaient alors parlé de leurs projets après ce grand voyage :
Plus de 20 téraoctets d'images ont finalement donné naissance à un film de 118 minutes. Le réalisateur et monteur Tobias Steinigeweg en a fait un documentaire d'aventure à la dramaturgie dense, qui rompt délibérément avec les habitudes visuelles classiques : la caméra tremblante, les sons directs et les scènes non édulcorées ne sont pas des défauts, mais des outils stylistiques. Ils doivent véhiculer ce qui manque à de nombreuses productions sur papier glacé et qui rend les médias sociaux et les chaînes Youtube si attrayants : l'authenticité. Au cours de leur voyage, ils ont toujours eu des compagnons de voyage individuels, mais surtout des dizaines de milliers de compagnons de voyage virtuels à bord !
"Les garçons de la voile" n'est pas seulement un film de plus sur un tour du monde à la voile. C'est aussi et surtout une histoire d'amitié, de découverte de soi et de passage à l'âge adulte dans des conditions extrêmes. L'océan devient une scène de développement personnel. Un aspect que de nombreux navigateurs au long cours devraient confirmer par leur propre expérience. En même temps, le film touche une corde sensible de notre époque et une aspiration qui se reflète dans de nombreux médias sociaux : le désir de liberté, de sortir des sentiers battus et de vivre une véritable aventure.
À partir du 2 avril, les jeunes protagonistes et réalisateurs partiront en tournée dans toute l'Allemagne (vers les dates) où ils racontent sur place leur voyage de cinq ans. Ceux qui rêvent d'une grande croisière peuvent poser leurs questions sur la technique, la planification de l'itinéraire, les erreurs et les enseignements. La question de savoir s'il est vraiment conseillé de traverser l'Atlantique avec "aucune idée" n'est pas seulement discutable, elle doit être clairement relativisée. Il est certain que le titre est délibérément dramatique et que les garçons se sont au moins préparés à leur voyage. Même si le film célèbre le courage et la détermination des protagonistes, il y a aussi le risque de donner une image déformée de la navigation de plaisance. Car la réalité en mer ne pardonne pas les lacunes de connaissances fondamentales : La météorologie, la navigation, la technique et la gestion de la sécurité ne sont pas des suppléments optionnels, mais essentiels. L'histoire des "garçons de voile" peut être inspirante - mais elle ne doit pas faire oublier que leur parcours a également été marqué par des risques, des échecs et une courbe d'apprentissage abrupte. Pour les futurs navigateurs en eau bleue, le film peut être une incitation à remettre en question leur rêve et à le concrétiser, idéalement avec la préparation nécessaire, le respect de la mer et un regard réaliste sur leurs propres capacités.
Plus d'infos sur le film sur Segeljungs.de

Rédacteur voyage