Le méthanier russe "Arctic Metagaz", qui a été endommagé, dérive de manière incontrôlée depuis près de deux semaines en Méditerranée centrale. La tempête et les vagues de plusieurs mètres de haut tirent sur sa coque. La situation s'aggrave désormais de manière dramatique : un deuxième pétrolier russe se dirige à grande vitesse vers l'épave, tandis que des avions de reconnaissance américains surveillent la scène. Environ 900 tonnes de pétrole lourd et plus de 60.000 tonnes de gaz naturel liquéfié dans la coque encore intacte font de l'"Arctic Metagaz" une bombe à retardement. Une explosion du gaz naturel liquéfié ou son naufrage pourrait entraîner l'une des plus graves catastrophes écologiques depuis des décennies.
Le 3 mars 2026, le méthanier "Arctic Metagaz", long de 277 mètres, a été gravement endommagé par une explosion au large de la Libye, à environ 150 à 168 miles nautiques au sud-est de Malte. La Russie a accusé l'Ukraine d'avoir mené une attaque avec un drone sans pilote. Jusqu'à présent, personne n'a toutefois revendiqué la responsabilité de l'explosion. L'équipage de 30 personnes a pu se sauver dans des canots de sauvetage et a été mis en sécurité à Malte.
L'"Arctic Metagaz" fait partie de la flotte fantôme russe et est sous le coup de sanctions occidentales. Selon MarineTraffic, la dernière transmission de données de position du navire remonte à la soirée du 2 mars - depuis, il est un "navire fantôme" sans identification électronique. Il dérive actuellement à environ 50 miles nautiques au sud-ouest de Malte. Les vidéos de surveillance montrent le navire noirci et en train de couver, avec une gîte d'environ 30 degrés sur tribord, des fissures massives sur les deux côtés et une substance semblable à un film dans l'eau autour. Un réservoir a été détruit par l'explosion et des photos aériennes montrent deux trous au milieu de la coque. Pour couronner le tout, une tempête traverse actuellement la Méditerranée avec des rafales de vent atteignant 55 nœuds et des vagues de trois à quatre mètres de haut. Elle continue de pousser l'épave vers le sud-ouest.
L'épave accidentée fait peser une menace sans précédent sur la Méditerranée, avec deux scénarios tout aussi dévastateurs.
L'"Arctic Metagaz" transporte environ 60.000 tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) dans ses réservoirs. Si la coque affaiblie devait céder sous les vagues actuelles de 4 mètres ou si les réservoirs encore intacts devaient se rompre, les conséquences seraient désastreuses : Si le gaz naturel liquéfié stocké sous pression à moins 162 degrés Celsius est soudainement libéré et s'évapore brusquement à la suite d'un endommagement du réservoir, il se produit ce que l'on appelle une BLEVE (Boiling Liquid Expanding Vapor Explosion). Le gaz se dilate alors de manière explosive jusqu'à atteindre 600 fois son volume et fait exploser le réservoir comme une bombe géante. L'onde de choc pourrait avoir l'effet d'un tremblement de terre et une boule de feu avec des températures de plus de 1.000 degrés Celsius pourrait se former. C'est ce qui s'est passé en 1984 à San Juanico, au Mexique, où plus de 500 personnes ont perdu la vie et des quartiers entiers ont été détruits à la suite d'une telle explosion.
Les 30 degrés de gîte, l'état persistant de la mer et l'absence de refroidissement par l'équipage en fuite font de toute opération de sauvetage un risque mortel - elle pourrait déclencher exactement la catastrophe qu'elle est censée éviter. Une explosion détruirait immédiatement l'épave et tous les bateaux à proximité. Bien que le navire soit éloigné des côtes, le rayonnement thermique et l'onde de choc atmosphérique seraient ressentis à des kilomètres à la ronde.
Outre la menace d'une explosion, les 900 tonnes de fioul lourd à bord peuvent également constituer une menace imminente pour les zones maritimes protégées au large de Lampedusa et de Malte. Elles font partie des eaux les plus riches en biodiversité de la Méditerranée. Les herbiers marins, considérés comme les "poumons de la Méditerranée", ainsi que les nurseries des dauphins et des baleines pourraient être détruits pour des générations par une marée noire de pétrole.
La situation s'est dramatiquement aggravée aujourd'hui, le 17 mars 2026, comme le montrent les données provenant de sources librement accessibles telles que VesselFinder, Flightradar et les services météorologiques. Elles confirment une escalade inquiétante : le pétrolier russe "Jupiter", également sanctionné, qui se déplaçait jusqu'à présent en zigzag au sud-ouest de Malte à une vitesse de un à deux nœuds, fonce désormais à 14,4 nœuds (cap 197°) vers l'"Arctic Metagaz" à la dérive, comme le montrent les données de VesselFinder. Au-dessus du scénario tourne un avion de reconnaissance qui, selon des informations non confirmées, serait lié aux services de renseignement américains. Toute collision accidentelle avec ce navire en mouvement pourrait être l'étincelle qui déclencherait précisément l'explosion que l'on cherche désespérément à éviter.
Dans l'état actuel des choses, l'"Arctic Metagaz" ne peut être ni déchargé, ni secouru et amené dans un port. Le scénario catastrophe a fait réagir les politiques et une équipe de crise. Ainsi, l'Italie, la France et sept autres nations ont alerté la Commission européenne sur les dangers écologiques du navire qui couve : "L'état précaire du navire fait peser un risque imminent et sérieux de catastrophe écologique majeure au cœur de l'espace maritime de l'Union".
Une entreprise internationale de sauvetage a été chargée d'élaborer un plan pour le navire fantôme qui présente un risque d'incendie. Le gouvernement maltais a activé un plan d'urgence afin d'éviter une "catastrophe à terre". Un remorqueur et un navire de protection de l'environnement se tiennent à proximité de l'épave à la dérive.
On ne sait pas si le navire restera stable ou se désintégrera. Le "Times of Malta" cite un responsable : "Malgré l'explosion massive à bord, le navire est toujours stable et ne coulera probablement pas - du moins probablement pas pour le moment".
Avec l'approche du "Jupiter" et la surveillance aérienne américaine, la situation se transforme en une course contre la montre. Les heures à venir montreront si l'on parvient à maîtriser le vaisseau fantôme avant qu'il ne devienne une catastrophe écologique - ou si un incident international se prépare.

Redakteurin Panorama und Reise