Max Gasser
· 09.11.2023
La phase décisive de la Mini-Transat a commencé, le vainqueur de la classe Proto est attendu à l'arrivée dès demain après-midi. Même si l'avance de l'Uruguayen Frederico Waksman est remontée à plus de 80 milles et qu'il n'y a pratiquement pas d'obstacles ou de pièges potentiels sur les 260 derniers milles de parcours direct, la course est loin d'être gagnée - du moins pas celle pour la victoire finale. Car derrière lui, l'Espagnol Carlos Manera est en embuscade à la deuxième place, il doit réduire au maximum l'écart entre lui et Waksman pour conserver ses chances de remporter la victoire finale.
En effet, Manera avait terminé la première étape entre Les Sables d'Olonne et Santa Cruz de La Palma en 4 heures et 14 minutes devant Waksman. Cependant, son adversaire sud-américain a actuellement une avance estimée à environ six heures, ce qui lui permettrait de remporter non seulement l'étape, mais aussi toute la 24e édition de la course. Le spécialiste météo Christian Dumard estime également que cette issue est très probable, l'Uruguayen naviguant en outre dans de meilleures conditions dans les prochaines heures. Waksman succéderait à Pierre Le Roy en tant que vainqueur de la Mini-Transat (avec le même bateau), devenant ainsi non seulement le premier Uruguayen, mais aussi le premier Sud-Américain à réussir un tel triomphe.
Mais selon toute vraisemblance, aucun autre soliste ne pourra se glisser entre les deux leaders. La troisième, Marie Gendron, est positionnée plus au sud et doit souvent effectuer le reste du parcours avec des angles moins favorables. Actuellement, elle est environ trois nœuds plus lente que le duo Waksmann et Manera et sa place sur le podium de la deuxième étape est en grand danger.
Carolin Boule, deuxième meilleure femme, se classe à nouveau en dehors des dix premières places avec son design de foiler prometteur "Nicomatic". A l'autre bout de l'évolution de la classe Proto, Uros Krasevac subit lui aussi des revers, après avoir fait sensation avec l'un des plus vieux designs du plateau. Il a ensuite cassé et réparé son beaupré, mais cela n'a pas suffi pour retrouver sa vitesse d'antan. Tactiquement, il n'est pas non plus dans une position optimale pour les milles restants, mais très au sud. Il a déjà mis quelques coups au nord, il est encore en huitième position, mais il devra encore laisser derrière lui quelques Minis qui font un meilleur parcours plus au nord en direction de l'arrivée.
Pour éviter de glisser au nord, le leader du classement de la série se déplace lui aussi vers le nord, à environ 500 milles de l'arrivée. Il s'agit toujours de l'Italien Luca Rosetti. A seulement une place et 50 milles nautiques derrière lui, le Suisse Felix Oberle continue de faire des étincelles. Mais le peloton est incroyablement serré. Seuls 120 milles marins séparent la première et la dixième place, ce qui est nettement moins que l'écart entre les trois premières places chez les protos.
Plus loin dans le peloton, on a par ailleurs déploré le premier abandon au classement de la série. Le Français Alexis Rochet, qui était déjà à Mindelo au Cap-Vert depuis mardi matin en raison de problèmes de safran et de pilote automatique, a officiellement annoncé son abandon à la direction de course aujourd'hui. Contrairement à l'Américain Peter Gibbons, qui a également dû faire une escale, il n'ira donc pas plus loin. A la place, un autre skipper transportera la Mini en Guadeloupe. Entre-temps, le Village de la course a été ouvert pour l'accueil.
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Rédacteur Test & Technique