Jochen Rieker
· 02.10.2023
Les vétérans et observateurs de la Mini-Transat se demandaient récemment si une étape aussi molle et aussi difficile à prévoir avait déjà existé. Et pour la plupart, la réponse est non !
Jusqu'à présent, à l'exception d'un bref front de gros temps, un scénario météorologique cauchemardesque n'a pratiquement jamais apporté de vent vraiment navigable, planifiable et utilisable tactiquement. Au lieu de cela : 1 à 2 Beaufort, volontiers de face ou tournant fortement dans toutes les directions possibles. C'était une semaine pour les plus courageux, car elle n'offrait que peu d'options et celles-ci se présentaient de manière plutôt aléatoire.
Mais les choses devraient bientôt s'améliorer pour la tête du peloton : Dans le courant de la journée, l'alizé qui promet une glissade rapide vers l'arrivée à La Palma se met lentement en place à partir du nord-est. Et il tiendra plusieurs jours, une fois qu'il sera bien établi, avec 15 à 20 nœuds. Des conditions de rêve, enfin !
Les skippers de la Mini-Transat l'ont mérité sans exception. Mais il faudra du temps pour que tous puissent en profiter. En effet, les bateaux sont très dispersés le long de la côte portugaise : rien que pour les minis de série, il y a plus de 200 milles nautiques dans le sens nord-sud ; mais d'ouest en est, le champ s'est également étendu sur plus de 180 milles.
L'image chaotique actuelle d'un essaim d'abeilles prendra donc de plus en plus la forme d'un entonnoir dans les jours à venir, lorsque les premiers bateaux mettront le cap sur l'arrivée dans les alizés. "Pour les leaders, c'est le nord-nord-est qui arrive en premier, mais à partir de mardi, toute la flotte bénéficiera des alizés portugais", explique Christian Dumard, conseiller météo des organisateurs.
Dès que la Passat s'engage, une "Speed Race" commence(Christian Dumard)
En fait, à partir de là, il ne sera plus question de grandes manœuvres stratégiques, mais de l'essence même de la mini-voile : la glisse écumante sous spi, au plus près de la route directe. Dans ce contexte, les trajectoires des concurrents vont progressivement se rapprocher peu avant la latitude de l'archipel de Madère.
Chez les protos, il semble que Federico Waksman (1019), Marie Gendron (1050) et Laure Galley 1048) soient les mieux placés pour se détacher. Victor Mathieu (967) et le Slovène Uros Krasevac (759), également dans le top cinq mais nettement plus à l'ouest, qui a comblé une bonne cinquantaine de milles de retard ce week-end, ne devraient prendre l'express du sud-ouest qu'avec un peu de retard, selon les derniers modèles météo. Mais peut-être parviendront-ils encore à faire la jonction. Ce matin, ils étaient en tout cas plus rapides que le groupe à l'est.
Carlos Manera (1081), qui a parfois perdu plus de 20 milles au cours du week-end, a quelque peu trébuché. Mais ce serait une erreur de l'écarter, car il est très expérimenté et possède un bateau rapide.
Le parcours de Caroline Boules est plus difficile à digérer. L'ingénieure de la Mini la plus puissante du plateau (Nicomatic, #1067) a navigué dimanche soir 110 milles à l'arrière - et le plus à l'est, au milieu d'un trou de vent dont elle aura du mal à s'extirper aujourd'hui.
Pour le "Nicomatic" de Caro, qui n'a pas d'avantage significatif sur les protos plus conventionnels sur les parcours d'écoute spatiale profonds, cela pourrait être une sorte de décision préliminaire. La 21e place ne suffira pas pour aller jusqu'au bout, du moins pas selon les prévisions météo actuelles. La mission de Caro Boules de devenir la première femme à remporter la Mini-Transat est menacée, tout comme son objectif de réussir sur un foiler. Si l'écart se maintient ou se creuse encore aujourd'hui, il sera difficile de le combler lors de la deuxième étape. Mais nous n'en sommes pas encore là.
Hier, les Protos ont connu leur premier abandon prématuré : le skipper de DMG-Mori, Federico Sampei (1046), a quitté la course après avoir cassé son mât au large des côtes du nord de l'Espagne. Une décision amère, mais cohérente : alors que l'équipe aurait pu prendre un nouveau départ sur le plan technique, logistique et financier, Sampei a déclaré : "J'ai décidé de ne pas poursuivre ma course. La raison est que je n'ai pas pu trouver de solution qui me donnerait suffisamment de confiance pour terminer la deuxième étape en toute sécurité". C'est désormais à sa coéquipière Laure Galley de représenter seule le projet de voile germano-japonais - ce qu'elle fait excellemment jusqu'à présent.
Dans la catégorie des bateaux de série, le suspense est à son comble : trois bateaux sont particulièrement prometteurs, dont le fabuleux Felix Oberle de Suisse sur son Max 6.50 "Mingulay"(1028), comme toujours, mais aussi son rival le plus acharné, l'Italien Luca Rosetti (998).
Les deux hommes se trouvent plus à l'est dans une brise légèrement plus légère que le leader actuel, Bruno Lemunier et son Pogo 3 (893) aux couleurs vives. Ces trois derniers jours, il est resté en permanence à environ 40 ou 50 milles à l'ouest et a gagné du terrain. Depuis dimanche, il est en tête au P1. Voyons qui des trois sera le premier à trouver du vent frais.

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