Le Dufour 54 à l'essaiQuelles sont les performances de navigation sous le toit rigide ?

Michael Good

 · 15.09.2026

Lors des essais effectués au large de La Rochelle, le grand Dufour a affiché des performances de navigation étonnamment bonnes, même avec une grand-voile enrouleuse et de simples voiles en Dacron.
Photo : YACHT / Nils Günter
Un mât enroulable, une quille courte et un ensemble composé d’un arceau de protection et d’un toit rigide pesant environ 280 kilogrammes : le Dufour 54 testé est clairement axé sur le confort. Malgré tout, ce nouveau fleuron atteint jusqu’à 6,8 nœuds par vent de 8 à 10 nœuds et séduit par la précision de sa barre.

Sujets dans cet article

Un modèle phare est bien plus que le plus grand modèle d’une gamme. C’est à la fois la vitrine du chantier naval, un vecteur technologique et le porte-drapeau des valeurs de la marque. C’est à travers lui que doivent transparaître les principes défendus par un chantier naval, ses priorités et la capacité à mettre en œuvre ses idées de manière convaincante, même à plus grande échelle. Les attentes vis-à-vis de ce modèle haut de gamme sont donc très élevées.


​​Autres liens sur le sujet


Chez Dufour, c'est désormais le nouveau 54 qui endosse ce rôle exigeant. Il succède à l'ancien Dufour 530 au sommet de la gamme et fait passer cette série ambitieuse dans la catégorie de longueur supérieure. Toutefois, le nouveau Dufour 54 n’est en aucun cas le plus grand bateau de la marque. Avec le Dufour 61 et, auparavant, le Dufour 63 Exclusive, les constructeurs de yachts de Périgny, près de La Rochelle, proposaient déjà des yachts nettement plus grands dans leur gamme ; ces deux modèles ne sont toutefois plus construits aujourd’hui.

Dufour Yachts a donc délibérément réduit son offre dans le haut de gamme pour se concentrer davantage sur les catégories de taille axées sur le volume. Le renouvellement intensif de la gamme opéré ces dernières années n’en est que plus remarquable. En un laps de temps exceptionnellement court, le chantier naval a renouvelé l’ensemble de sa gamme en collaboration avec les concepteurs de Felci Yacht Design en Italie. Pratiquement aucun autre chantier naval de grande série n’a récemment présenté autant de nouveaux yachts de croisière que Dufour.

Les plus lus

1

2

3

4

5

6,8 nœuds malgré un mât enroulable, une quille courte et un toit rigide

Lors de l'essai au large de La Rochelle, la configuration du bateau d'essai ne laisse pas entrevoir, à première vue, d'ambitions particulièrement sportives. Le numéro de série neuf est équipé d’un mât à enrouleur lourd, d’une quille courte avec un tirant d’eau de seulement 2,00 mètres et d’un hardtop en option – des caractéristiques d’équipement qui visent davantage le confort et la facilité d’utilisation que la performance maximale. À cela s’ajoute une grand-voile enroulable sans lattes, qui reste très à plat et ne développe pratiquement pas de profil efficace. Le bateau d’essai est toutefois équipé, à la place du foc auto-vireur de série, du génois plus grand disponible en option.


Caractéristiques techniques du Dufour 54

Bild 1
Photo : YACHT

Les performances observées lors de l'essai sont d'autant plus surprenantes. Avec un vent de 8 à 10 nœuds, le Dufour 54 atteint une vitesse pouvant aller jusqu'à 6,8 nœuds tout en conservant un angle de vent réel d'environ 45 degrés. Compte tenu de son équipement clairement axé sur le confort, ces chiffres sont remarquablement bons. Le nouveau fleuron prend volontiers son élan, maintient une vitesse constante et donne l’impression que la coque et le gréement recèlent un potentiel de performance bien supérieur à ce que la configuration du bateau d’essai laisse supposer à première vue. Avec le gréement à trois voiles de série, une mise à niveau optionnelle des voiles et la quille profonde standard d’un tirant d’eau de 2,40 mètres, on pourrait certainement s’attendre à des performances nettement supérieures.

Toit rigide : avantages et inconvénients

Le toit rigide nuit également aux performances à la voile. Cette structure, fabriquée selon le procédé d'injection RTM, nécessite l'arceau de protection en option, qui peut également être commandé séparément. Avec environ 130 kilogrammes pour l'arceau et 150 kilogrammes supplémentaires pour le toit, cela représente toutefois un poids non négligeable à bord et en hauteur. La rigidité dont fait preuve le Dufour 54 lors des essais n’en est que plus remarquable – ce qui témoigne clairement de la grande stabilité dimensionnelle de la construction Felci.

Dufour propose désormais le hardtop sur l'ensemble de sa gamme. Selon le chantier naval, les sociétés de location commandent désormais leurs bateaux chez Dufour presque exclusivement avec ce toit de cockpit fixe. Cette solution gagne également en popularité auprès des propriétaires. La raison en est apparue clairement lors de l’essai, réalisé par des températures atteignant 40 degrés : le hardtop procure une ombre fiable, protège efficacement du soleil et assure une brise agréable sous celui-ci dans la baie. La liberté de mouvement sur le pont n’est pratiquement pas entravée par ce toit fixe.

Le seul inconvénient réside dans la visibilité réduite sur les voiles. De plus, la structure ne semble pas particulièrement robuste. Selon le chantier naval, le toit est certes praticable, mais il ne faut s’y tenir debout qu’au-dessus de l’arceau de targa. Le hardtop constitue donc une option intéressante, mais il fonctionne mieux en combinaison avec un mât enroulable, comme sur le bateau d’essai.

​Excellente sensation de conduite, maniabilité réduite d'une seule main

Comme sur les modèles plus petits, les Dufour 44 et 48, le chantier naval a prévu davantage d'espace entre les postes de barre et les banquettes, ainsi qu'une marche permettant d'accéder plus facilement du cockpit au pont de course. Le rebord du cockpit est désormais plus court et l'espace jusqu'au poste de barre plus grand. Depuis sa position à la barre, le barreur a du mal à atteindre le plus arrière des deux winchs et doit quitter le poste de barre pour régler les voiles. Cela réduit quelque peu l'aptitude du bateau à la navigation en solitaire.

De plus, le barreur est assis sur le côté, près de la barre, sur le pont arrière, dans une position inhabituellement basse, ce qui s'avère peu confortable à la longue, voire fatigant. En contrepartie, le rameur bénéficie d’une excellente sensation de pilotage. Le rame simple, relativement grand et plat, assure un contrôle optimal avec une pression agréablement légère, mais néanmoins bien perceptible.

​Le forfait « Ocean » pour les navigateurs actifs

En version standard, le Dufour 54 n'est équipé que de deux winchs sur la descente. Cela suffit pour manœuvrer sans difficulté le foc auto-vireur et pour le guidage simple de l'écoute de grand-voile, par exemple lors d'une location.

Pour les propriétaires qui aiment pratiquer la voile de manière plus active et sportive, le chantier naval a concocté le pack d'équipement « Ocean ». Il comprend des points d'amure réglables pour un génois à recouvrement, un chariot au sol du cockpit pour l'écoute de grand-voile guidée des deux côtés (German Cupper), des ferrures de pont pour l'utilisation d'un Code Zero ou d'un gennaker, ainsi que deux winchs supplémentaires de 60 pour les écoutes.


La polyvalence de la Dufour 54 sous le pont est illustrée par le Deuxième partie du test du YACHT. Il s'agit là de 16 combinaisons d'aménagement, de trois à cinq cabines doubles, de deux solutions de cuisine, de la qualité de finition et du prix de base ajusté en fonction de l'équipement.


​Le Dufour 54 en détail

Le foc auto-vireur est de série. Un génois plus grand, avec un chevauchement de 107 %, est disponible en option. La bôme est fixée très bas à l'avant du mât standard, ce qui facilite le rangement dans les « Lazy Bags ». Malgré la large poupe, le bateau ne dispose que d’un seul safran. Celui-ci est placé assez bas sous la coque. La quille en fonte en 
forme de L avec un bloc de lest en saillie est disponible en deux tirants d’eau.Photo : YACHTLe foc auto-vireur est de série. Un génois plus grand, avec un chevauchement de 107 %, est disponible en option. La bôme est fixée très bas à l'avant du mât standard, ce qui facilite le rangement dans les « Lazy Bags ». Malgré la large poupe, le bateau ne dispose que d’un seul safran. Celui-ci est placé assez bas sous la coque. La quille en fonte en forme de L avec un bloc de lest en saillie est disponible en deux tirants d’eau.

Caractéristiques techniques du Dufour 54

  • Concepteur : Felci Yacht Design
  • ​Catégorie de conception CE : A
  • Longueur du fuselage : 15,90 m
  • Longueur totale : 16,84 m
  • Longueur à la flottaison : 14,85 m
  • Largeur : 5,25 m
  • Tirant d'eau / alternative : 2,40/2,00 m
  • Hauteur du mât au-dessus du niveau de l'eau : 24,00 m
  • Vitesse théorique de la coque : 9,3 nœuds
  • Poids : 16,6 t
  • Lest / proportion de lest : 4,9 t/30 %
  • Grand-voile : 77,0 m²
  • Foc auto-vireur (standard) : 56,0 m²
  • Moteur (Yanmar) : 59 kW/80 ch
  • Réservoir de carburant (Rotomold) : 430 l
  • Réservoir d'eau douce (Rotomold) : 430 l
  • Réservoir à matières fécales (par salle d'eau) : 50 l
  • Piles : 1 × 94 Ah plus 4 × 140 Ah

​Construction de la coque et du pont

Sandwich en PRV, stratifié par infusion sous vide, avec âme en mousse et mousse de PET (couche supérieure).


​Classic ou mât enroulable

Le gréement haut de Z-Spars, doté de trois barres de flèche, constitue la base. Le mât enroulable coûte environ 7 000 euros supplémentaires.


Prestation au choix

La version de série est équipée d'un moteur diesel Yanmar (4JH80) d'une puissance de 80 ch, d'un système de transmission Saildrive et d'une hélice fixe à trois pales. La version améliorée, d'une puissance de 110 ch et équipée d'une hélice repliable à quatre pales, coûte 21 450 euros.

OdSea+ comme alternative

La motorisation hybride électrique comprend un moteur électrique, un générateur, une batterie au lithium et un système de commande. Le prix de ce système n'est pas encore connu.


Malgré son orientation clairement axée sur le confort, le Dufour 54 navigue étonnamment bien. Sur un tel bateau, investiriez-vous plutôt dans de meilleures voiles ou privilégieriez-vous le confort à bord ? Donnez votre avis dans les commentaires.

Partager l'article :
Michael Good

Michael Good

Rédacteur Test & Technique

Michael Good est rédacteur de tests chez YACHT. Dans le cadre de cette fonction, il s'occupe en premier lieu des nouveaux bateaux, de leur présentation et de la production de rapports de tests. Michael Good vit et travaille en Suisse, au bord du lac de Constance. Il fait de la voile depuis son enfance et, en plus de son activité professionnelle, il participe activement à des régates depuis de nombreuses années, actuellement surtout dans les classes Finn Dinghi et Melges 24. Il est également copropriétaire d'un 45er National Kreuzer construit en 1917. Michael Good travaille pour la rédaction de YACHT depuis janvier 2005 et a testé près de 500 yachts, catamarans et dériveurs pendant cette période.

Les plus lus dans la rubrique Yachts