À terre, les secours interviennent en Allemagne en huit à douze minutes en moyenne. En mer, ce délai peut être bien plus long, selon la zone, les conditions météorologiques et la position. Ne rien faire pendant ce laps de temps, c’est perdre de précieuses minutes au cours desquelles le cerveau subit déjà des lésions par manque d’oxygène.
En principe, la règle à bord est la même que à terre : lancer un appel de secours, sécuriser le bateau, prendre en charge la personne en détresse – et ne pas la laisser seule. Demander de l'aide sur le canal 16 par radio VHF, indiquer précisément sa position, arrêter le bateau ou le confier à un deuxième skipper.
Selon la Croix-Rouge allemande, environ 200 personnes meurent chaque jour en Allemagne d'un arrêt cardiaque soudain. Or, les non-professionnels ne procèdent à une réanimation que dans environ la moitié des cas. En mer, loin des ports et des centres de secours, c’est à l’équipage seul qu’il incombe de prendre les bonnes décisions dans ces premières minutes et d’administrer les premiers secours à bord.
Ce cas précis s'est produit tout récemment avec un couple dans la baie de Flensburg. L'homme a été victime d'un infarctus. La femme a réagi avec professionnalisme, a mis le cap sur le premier port venu et a ainsi pu sauver la vie de son mari. Dans un entretien accordé au magazine YACHT, elle décrit cette situation exceptionnelle.
En cas d'infarctus du myocarde, une artère coronaire est obstruée, mais le cœur continue de battre. Les personnes touchées restent généralement conscientes. Les symptômes typiques sont une douleur intense ou une sensation d'oppression derrière le sternum, irradiant vers le bras, l'épaule, le dos ou la mâchoire, accompagnée d'un essoufflement, de sueurs froides, d'une pâleur ou de nausées. Chez les femmes, les personnes âgées et les diabétiques, les douleurs thoraciques peuvent être absentes ; la détresse respiratoire ou l'épuisement sont alors les symptômes prédominants.
Dans une telle situation, les mesures suivantes sont recommandées : allonger la personne concernée en surélevant légèrement le haut du corps, desserrer ses vêtements serrés, veiller à ce qu’elle reste au calme et au chaud. Éviter tout effort physique. Surveiller régulièrement ses signes vitaux et ne pas laisser la personne seule. Si elle perd connaissance mais continue de respirer, il convient de la placer en position latérale de sécurité.
En cas d'arrêt cardiaque, le cœur a cessé de battre. Le cerveau ne supporte le manque d'oxygène que pendant environ trois minutes. Signes : effondrement soudain, perte de conscience, absence de respiration normale. Les respirations saccadées isolées – appelées « respiration saccadée » – ne sont pas considérées comme une respiration normale.
Il est important de commencer immédiatement le massage cardiaque : 30 compressions au centre de la poitrine, d'une profondeur d'environ 5 à 6 centimètres, à un rythme de 100 à 120 par minute, puis 2 insufflations. Si l'on ne sait pas pratiquer la ventilation, il faut effectuer des compressions en continu. Plusieurs secouristes se relaient toutes les deux minutes environ.
Si un défibrillateur externe automatisé (DEA) se trouve à bord, il doit être utilisé dès que possible, parallèlement au massage cardiaque en cours. Allumez l'appareil et suivez les instructions vocales. Le DAE analyse automatiquement s'il s'agit d'un rythme cardiaque chocable et ne délivre un choc que dans ce cas. Une utilisation erronée en cas de rythme non chocable est ainsi pratiquement exclue.