ÖresundLe thon de retour dans la mer Baltique

Jan-Ole Puls

 · 08.05.2026

Öresund : le thon de retour dans la mer BaltiquePhoto : iStock/izanbar
Thon qui saute par-dessus l'eau.
Après plus de 50 ans d'absence, le thon de l'Atlantique saute à nouveau régulièrement dans l'Öresund entre le Danemark et la Suède. Des quotas de pêche internationaux et des périodes de fermeture cohérentes ont permis de stabiliser la population. L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a retiré l'espèce de la liste des espèces menacées.

Sujets dans cet article

Le thon de l'Atlantique avait disparu de l'Öresund depuis plus d'un demi-siècle. La surpêche avait conduit les stocks de l'Atlantique et de la Méditerranée au bord de l'effondrement. Depuis plus de dix ans, des mesures de protection internationales ont été prises. Les quotas de pêche et les pauses de pêche portent leurs fruits. L'UICN a retiré l'espèce de la liste rouge en 2026.

Conditions particulières dans l'Öresund pour le thon

Le détroit entre le Danemark et la Suède offre au thon un habitat unique. Le fond marin est peu profond et en forme d'entonnoir. Au point le plus étroit, entre Helsingør et Helsingborg, le passage ne mesure que quatre kilomètres. La profondeur de l'eau y est comprise entre 20 et 40 mètres. Pour le thon, qui plonge normalement à plusieurs centaines de mètres de profondeur, l'Öresund fait l'effet d'un goulot d'étranglement. Lorsqu'il chasse le hareng, le maquereau et l'orphie, le poisson atteint plus de 50 kilomètres par heure. Cette vitesse ne peut plus être ralentie dans les eaux peu profondes. Les animaux percent la surface de l'eau et sautent hors de l'eau à plusieurs mètres de hauteur.

Des règles de protection strictes sur le terrain

Dans l'Öresund, la pêche commerciale du thon est interdite. Ses proies sont également soumises à des mesures de protection strictes. Le hareng, le maquereau et l'orphie ne peuvent être pêchés que pendant des périodes déterminées. La mer Baltique, fortement surexploitée, se remet lentement de décennies d'exploitation. Jens Peder Jeppesen dirige l'aquarium de l'Öresund à Helsingør. Ce biologiste marin observe l'évolution depuis des années. Certains jours, il compte des bancs de plusieurs centaines de thons en train de sauter. Les observations sont documentées et transmises aux associations environnementales, aux organisations de pêche et à l'université de Copenhague.

Articles les plus lus

1

2

3

Les safaris au thon fournissent des données de recherche

L'aquarium propose des excursions d'observation des thons. Ces excursions ne servent pas uniquement au tourisme. Elles fournissent de précieuses données sur l'évolution de la population. Chaque observation est comptée et documentée. Les informations sont intégrées dans la gestion de la protection. Les animaux passent le détroit à partir de la fin de l'été. C'est alors que commence la meilleure période pour les observations. Les thons adultes pèsent environ 300 kilos et mesurent environ trois mètres de long. Leurs sauts hors de l'eau sont visibles de loin.

Comment trouvez-vous cet article ?

Une protection mondiale pas encore assurée

Le thon de l'Atlantique est considéré comme une réussite en matière de protection des espèces. Dans le Pacifique, la situation est différente. Les espèces apparentées y sont toujours menacées. Elles font partie des poissons comestibles les plus chers du monde. La Journée mondiale du thon, le 2 mai, attire l'attention sur cette problématique. Les associations environnementales demandent une pêche durable et des mesures de protection conséquentes. Le rétablissement du thon de l'Atlantique montre que les mesures de protection fonctionnent. Mais elles doivent être maintenues durablement.

Les particularités géologiques façonnent le comportement

La topographie peu profonde de l'Öresund influence fortement le comportement des thons. Dans les eaux plus profondes, ils chassent généralement sous la surface. Dans l'Öresund, ils n'ont pas l'espace nécessaire pour s'échapper. La vitesse élevée lors de la chasse entraîne inévitablement une rupture de la surface de l'eau. Jeppesen observe ce phénomène chaque année de manière plus intensive. La population ne cesse de croître. Le nombre d'observations augmente. Cela confirme le succès des mesures de protection.

L'offre de nourriture est décisive pour le retour

La reconstitution des stocks de poissons proies était une condition préalable au retour du thon. Le hareng et le maquereau ont également subi une énorme pression de pêche. Les périodes de fermeture et les quotas de pêche ont également permis de stabiliser ces stocks. L'Öresund offre à nouveau suffisamment de nourriture. Ce détroit très fréquenté représente néanmoins un défi. Le trafic maritime et la profondeur limitée de l'eau limitent l'habitat. Malgré cela, les thons utilisent régulièrement le passage.

Une surveillance à long terme des thons est nécessaire

La reconstitution des stocks ne se fait pas d'elle-même. Une surveillance continue reste nécessaire. Les données de l'Öresund sont intégrées dans les programmes de protection internationaux afin d'aider à évaluer l'évolution des populations. Les scientifiques peuvent ainsi détecter les changements à un stade précoce. Si nécessaire, les mesures de protection peuvent être adaptées.


En savoir plus sur le sujet :


Jan-Ole Puls

Jan-Ole Puls

Editor Test & Technology

Ole Puls was born in Schleswig in 1999. He quickly swapped the football pitch for the Schlei and grew up sailing a wide variety of dinghies and tall ships. From his grandfather's self-built wooden opti and a Europe to a 49er and an X362 Sport, there was a lot to choose from. After leaving school, Puls decided to train as a boat builder at the high-tech shipyard Knierim Yachtbau in Kiel in 2016. He successfully completed his training in 2020 and stayed at the shipyard as a bachelor. In 2022, he decided not only to build boats, but also to test them. Since then, he has been working for Delius Klasing Verlag in the Test & Technology section of BOOTE magazine. The training he received and the eye for detail and quality of workmanship he acquired help him immensely today. Even though he is a regatta sailor with heart and soul, he feels right at home on motorboats and enjoys separating his professional and private lives and yet combining them. Because we all know one thing: there is simply no better place to be than on the water.

Les plus lus dans la rubrique Voyages