Chers lecteurs, chères lectrices,
Cela fait maintenant deux ans qu'une marée de tempête en mer Baltique a causé de graves dommages dans plusieurs ports, notamment sur la côte du Schleswig-Holstein. Rien que dans le port olympique de Kiel-Schilksee, 48 yachts avaient pris l'eau et les pontons et les jetées avaient été en partie complètement détruits. Les travaux de reconstruction ont coûté plusieurs millions d'euros à Kiel.
Le port de Damp a été encore plus touché. Aujourd'hui encore, il n'a pas été remis en état. Un site Nous avons publié un rapport sur les événements de l'époque au début de cette semaine.
Certes, aucun événement météorologique aussi destructeur n'a touché les côtes allemandes en automne/hiver dernier. Néanmoins, une tempête violente peut à nouveau se produire à tout moment sur la mer du Nord ou la mer Baltique et mettre en danger les ports et les localités, ainsi bien sûr que les habitants des côtes.
Il est donc d'autant plus surprenant que de nombreux propriétaires de bateaux continuent à laisser leurs bateaux au port plus ou moins livrés à eux-mêmes, même lorsque le vent est fort et que le niveau de l'eau varie fortement.
La semaine dernière, le niveau de l'eau a rapidement baissé dans plusieurs ports de la partie occidentale de la mer Baltique en raison de vents forts persistants. Peu après, des photos de yachts presque suspendus dans des amarres trop serrées ont circulé sur Facebook, alors que l'eau se retirait sous leur quille. Certains propriétaires de bateaux n'auraient pas dû s'étonner de voir leurs taquets arrachés.
Il peut y avoir des raisons compréhensibles de ne pas pouvoir vérifier le bateau à l'approche d'une tempête. En d'autres termes, vérifier la position des défenses et des bâches ou ajuster la longueur des amarres. Par exemple, parce que le trajet jusqu'au bateau serait long ou que l'on a un empêchement pour se rendre au port.
Et pourtant : propriété oblige !
Après tout, il ne s'agit pas seulement de son propre yacht, mais aussi, le cas échéant, de celui de ses voisins. Lors de la marée de tempête mentionnée au début, de nombreux bateaux ont été endommagés, entre autres parce que certains n'étaient pas correctement amarrés. Ils se sont détachés, sont partis à la dérive et ont heurté d'autres yachts.
Un trajet trop long ou des raisons d'agenda ne doivent pas être des arguments pour ne pas s'occuper de son bateau amarré au port. Si l'on ne peut pas le faire soi-même, il est souvent possible de demander à d'autres - ou de les charger de le faire - de vérifier les défenses et les amarres par gros temps. Il peut s'agir de connaissances vivant à proximité du port, de voisins de ponton vivant à bord ou de l'entreprise de services nautiques locale.
En revanche, il ne faut pas importuner le capitaine du port avec une telle demande. Et encore moins s'attendre à ce qu'il agisse de son propre chef. Ce n'est tout simplement pas son travail de s'occuper des manquements des propriétaires de bateaux trop insouciants. Même si de nombreux capitaines de port le font quand même, nous les remercions chaleureusement !
Outre l'inconscience ou l'insouciance, on observe malheureusement chez certains propriétaires une certaine mentalité "tout risque". Selon la devise : si quelque chose est cassé sur le bateau pendant la tempête, c'est l'assurance qui le paiera. Un comportement égoïste. Au bout du compte, ce sont les autres qui en paient le prix. Que ce soit parce que l'augmentation des dommages entraîne une hausse des primes d'assurance pour tous.
Ou parce que son propre bateau est assuré en casco, mais que celui de son voisin de ponton ne l'est peut-être pas. Si les amarres du bateau assuré se déchirent lors d'une tempête et que le bateau dérive sur le bateau voisin non assuré et érafle son bord, la personne lésée reste assise sur les frais de réparation.
Étant donné qu'en raison d'un cas de force majeure, le premier propriétaire n'est pas formellement responsable de la rupture des amarres, il ne doit pas répondre des dommages causés par son bateau à d'autres bateaux. Heureux celui qui est alors également assuré en casco !
Il faut toujours en être conscient la prochaine fois que l'on ferme les yeux à l'approche d'un orage et que l'on pense que tout va bien se passer. Et qu'en cas de doute, c'est l'assurance qui remboursera les dégâts.
Par ailleurs, ce qui précède ne vaut pas seulement pour la période où le bateau est à l'eau. Même en hivernage, on n'est pas dégagé de sa responsabilité de propriétaire. C'est notamment le cas lorsque le bateau passe l'hiver dans un entrepôt extérieur, éventuellement avec le mât à l'arrêt.
Avant une grosse tempête, il devrait aller de soi de vérifier encore une fois la fixation des supports et l'arrimage des bâches de couverture et, le cas échéant, d'installer une sécurité supplémentaire sur le gréement. Il est préférable de le faire même si le bateau se trouve à terre dans un entrepôt d'hivernage commercial et que l'exploitant de l'entrepôt est par conséquent responsable de la sécurité des bateaux qu'il entrepose.
En effet, tous les exploitants d'entrepôts n'en sont malheureusement pas conscients. D'autres tentent de se soustraire à leur responsabilité en prévoyant des exclusions dans le contrat d'hivernage, ce qui ne leur donne guère de succès, au plus tard devant les tribunaux, comme l'a récemment jugé le tribunal de grande instance de Hambourg. Nous en avions parlé.
Si chacun est conscient de ses responsabilités et agit en conséquence, tout le monde peut dormir sur ses deux oreilles. Même en cas de tempête. Dans ce sens : passez bien l'automne et l'hiver, vous et votre bateau !
Pascal Schürmann
Chef de texte de YACHT
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