Golden Globe Race 2026Guillou en tête, le « GGR Window Live » suscite des débats

Fabian Boerger

 · 08.10.2026

Golden Globe Race 2026 : Guillou en tête, le « GGR Window Live » suscite des débatsPhoto : Don McIntyre / GGR2026; Screenshot / youtube.com
Le Français Damien Guillou continue de mener le peloton de la Golden Globe Race à bord de son « Solarem ». Par ailleurs, une diffusion en direct suscite des débats.
Un mois après le départ, le peloton de la Golden Globe Race 2026 s'est considérablement étiré. Damien Guillou distance ses concurrents, mais le véritable débat porte sur une nouveauté technique qui suscite à la fois l'enthousiasme et la polémique : le GGR Window Live.

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Depuis le départ début septembre aux Sables-d’Olonne Le Français Damien Guillou s'est détaché du peloton à bord de son Rustler 36 « Solarem ». Son plus proche poursuivant est l'Irlandais Pat Lawless, à bord du Saltram Saga 36 « Silvermines Hydro ». Tous deux naviguent au sud de l’équateur, portés par les alizés du sud-est, en direction de l’île brésilienne de Trindade. Le Britannique Ertan Beskardes occupe la troisième place à bord de son « Miss Beagle ». Les autres participants continuent quant à eux de lutter contre des vents capricieux dans la zone de convergence intertropicale.

Même loin de la tête, la course reste animée : après avoir réparé des dommages structurels à Lanzarote, le skipper américain Guy deBoer a repris son tour du monde à bord du « Spirit ». Il navigue désormais dans la classe Chichester et n’est donc pas pris en compte dans le classement officiel. Cette classe permet aux participants de poursuivre leur parcours après une escale, sans pour autant être classés dans la catégorie des participants « sans escale ».

  • Ici C'est par ici vers le suivi officiel de la course.

GGR Window Live : des images prises à bord sans canal de retour

En marge de la course proprement dite, c’est surtout un autre aspect de la Golden Globe Race qui fait actuellement débat : le tout nouveau « GGR Window Live ». Peu de nouveautés de cette édition sont aussi exigeantes sur le plan technique et, en même temps, aussi controversées.

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Le système a été développé en collaboration avec la société suédoise TriPeak. Il transmet à terre des images et certaines données provenant des voiliers participants. Les skippers ne reçoivent aucune information en retour. Cette technologie vise ainsi à concept analogue de la course conviennent.

Les spectateurs peuvent suivre les navigateurs grâce à différentes fenêtres en direct. Les images donnent un aperçu plus précis de la vie quotidienne à bord que ce n'était le cas lors des éditions précédentes. Selon les estimations des organisateurs, l'impact de la course sur les réseaux sociaux a augmenté de 400 à 500 % par rapport à 2022.

Le rapport récent de Gunnar Christensen, rédigé après la tempête tropicale « Gonzalo », a montré le type d'informations que ce système peut fournir. Il a décrit de manière saisissante comment il a vécu ces conditions, avec des vents de 50 nœuds et une mer déchaînée, et comment il a perdu une partie de son équipement.

Visibilité, règles et vie privée

C'est une première – qui suscite à la fois des avis partagés et des débats animés. C'est la skipper norvégienne Helga Marie « Mara » Løvenskiold Kveseth qui a lancé le débat. Lors d'une de ses interventions en direct, elle a remis en question la poursuite de sa campagne de régate si son équipe à terre ne renforçait pas considérablement sa communication sur les réseaux sociaux.

La Norvégienne considère sa participation à la Golden Globe Race 2026 avant tout comme une occasion de sensibiliser le public aux droits des femmes. Elle souhaite donner plus de visibilité aux femmes dans les sports extrêmes. Lors de la session en direct, elle a déclaré : « L'important investissement personnel et financier n'en vaut la peine pour elle que si elle peut tirer parti de cette visibilité pour faire passer son message et promouvoir sa fondation. » La portée médiatique est donc un élément essentiel de sa campagne.

Auparavant, elle avait demandé par radio à des navires marchands de passage de vérifier sa présence sur les réseaux sociaux. Insatisfaite de l'audience obtenue, elle n'a ensuite pas utilisé cette fenêtre de communication pour faire le point sur sa situation à bord, mais pour donner des instructions tactiques et de communication à son équipe à terre. L'organisateur a considéré cela comme une violation manifeste du règlement et lui a infligé un avertissement.

Faire le tour du monde comme en 1968 : est-ce encore possible ?

​Mais cet incident a suscité bien plus qu’un simple débat sur le respect du règlement. Sur les réseaux sociaux notamment, la question de l’esprit de la course a été de plus en plus souvent soulevée. Une course qui vise à reproduire le plus fidèlement possible les conditions du légendaire tour du monde à la voile de 1968 est-elle vraiment compatible avec les attentes de l’ère numérique ? La retransmission peut permettre au public de se sentir plus proche de la course. Mais elle comporte également le risque de dénaturer l’esprit originel de l’événement.

​Une intervention en direct qui a suscité des débats :

Nouveaux éclairages et questions en suspens

​Mais au-delà de ce débat, ce format fait l'objet de critiques, que l'organisateur prend en compte dans un esprit d'autocritique. Tous les skippers ne voient pas ce concept d'un œil entièrement positif.

Sur les huit participants initiaux, deux se sont déjà retirés. Le Suédois Pär Nyman a lui aussi récemment fait part de ses inquiétudes grandissantes. Il craint que la présence permanente des caméras ne porte atteinte à la vie privée des navigateurs et ne réduise l'espace nécessaire à leur épanouissement personnel et mental, essentiel lors d'un tour du monde à la voile.

Ce premier mois met ainsi en évidence deux aspects : le GGR Window Live offre un aperçu en direct d'une régate largement isolée. Il soulève en même temps, tant pour les participants que pour les organisateurs, des questions qui ne se posaient pas lors de la course initiale – et auxquelles on ne trouvera sans doute de réponse qu'au cours des prochains mois.


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Fabian Boerger

Fabian Boerger

Rédacteur News & Panorama

Fabian Boerger ist an der Lübecker und Kieler Bucht zuhause – aufgewachsen in diversen Jollen und an Bord eines Folkeboots. Seit September 2024 arbeitet er als Redakteur im Panorama- und News-Ressort und verbindet dort seine Leidenschaften für das Segeln und den Journalismus. Vor seiner Zeit bei Delius Klasing studierte er Politikwissenschaften und Journalistik, arbeitete für den Norddeutschen Rundfunk und das ZDF. Sein Volontariat machte er bei der MADSACK Mediengruppe (LN, RND). Jetzt berichtet er über alle Themen, die die Segelwelt bewegen – mit dem Blick des Praktikers und der Präzision des Journalisten.

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