Fabian Boerger
· 16.10.2026
La polémique autour de Mara lors de la Golden Globe Race (GGR) a débuté lors d'une retransmission en direct depuis le bateau. La La navigatrice norvégienne Helga Marie « Mara » Løvenskiold Kveseth a demandé à son équipe nationale de s'investir davantage dans sa campagne sur les réseaux sociaux. À défaut, elle a remis en question la poursuite de sa participation. Au lieu de raconter son quotidien à bord, elle a profité de cette diffusion pour donner des consignes à son équipe. Auparavant, elle aurait demandé par radio à des navires marchands de vérifier leur présence sur les réseaux sociaux.
L'organisateur a considéré cela comme une infraction au règlement et lui a donné un avertissement. Mais l'affaire ne s'est pas arrêtée là. L'incident a déclenché un débat de fond : comment concilier une course conçue selon les conditions de 1968 avec la volonté d'assurer une couverture numérique ?
Et le conflit ne cesse de s'intensifier. En effet, des critiques fusent également du côté adverse. La Norvégienne dénonce ainsi la manière dont l'organisateur a géré l'affaire en public et conteste une pénalité de temps sévère qui lui a été infligée.
Ainsi, outre le respect des règles, la manière dont l'organisation a traité une participante fait également l'objet d'un débat. Cette affaire a désormais pris une Prise de position concernant le litige autour de Mara publié. Dans cet article, Don McIntyre, directeur de course et fondateur de la Golden Globe Race (GGR), expose la position de l'organisateur.
Mais quel est au juste l'enjeu de ce conflit, et pourquoi a-t-il récemment pris de l'ampleur ? Au cœur du litige se trouvent la pénalité de temps, les objectifs de la Norvégienne ainsi que la question de l'influence du nouveau format « GGR Window Live » sur le déroulement de la course. Voici un aperçu du contexte :
À la suite des déclarations de Mara concernant sa propre communication La discussion a dépassé le cadre des règles de régate. L'organisation a partagé sur Facebook un commentaire du magazine italien de voile « Giornale della Vela ». Ce dernier remettait en question l'importance que Mara accordait à son travail médiatique, alors qu'elle aurait dû se concentrer sur son tour du monde à la voile en solitaire.
Dans le même temps, Don McIntyre a annoncé qu'il interdirait les commentaires sexistes dans le chat des retransmissions en direct. Dans le message, désormais supprimé, que GGR reprend dans sa prise de position, il reprochait aux associations de défense des femmes de s'accaparer le débat. Mara et son équipe ont exigé des excuses.
Il est important de comprendre que Mara souhaite également, à travers son voyage, attirer l'attention sur les droits des femmes. Le débat ne portait donc plus uniquement sur les consignes qu'elle avait données à l'équipe sur le terrain. Il s’agissait également de la manière dont on parlait d’elle et de ses objectifs. Le fait que l’organisateur ait lui-même diffusé un commentaire critique a exacerbé la question de son rôle : il est à la fois la voix publique de la régate et l’instance décisionnaire sur le plan sportif.
Dans un communiqué, GGR reconnaît désormais que cet article a pu donner l'impression d'un traitement inéquitable et regrette les blessures et les malentendus. L'organisation rejette toute intention discriminatoire.
Puis vint le prochain rebondissement. Sur Facebook, l'organisateur a publié une liste de ce qu'on appelle les « pénalités pour appels par satellite ». Contexte : lors de la Golden Globe Race, les participants doivent faire le tour du monde à la voile, seuls et sans aide extérieure. C'est pourquoi ils ne sont pas autorisés à contacter leur équipe à terre à leur guise par téléphone satellite.
Trois participants y sont mentionnés. Guido Cantini et Louis Kerdelhue se voient ainsi infliger une pénalité de 24 heures pour des appels autorisés. Mara, quant à elle, y figure avec une pénalité de 16 jours pour des appels non autorisés.
Selon les organisateurs, Mara a passé, le 11 octobre 2026, six appels téléphoniques non autorisés avec son manager lors d'une diffusion en direct. Ces conversations portaient notamment sur le conflit avec les organisateurs du GGR et sur la manière dont sa campagne devait se poursuivre. Son manager a diffusé cet échange en direct sur le compte de Mara sur les réseaux sociaux.
Le fait que les conversations aient pu être suivies publiquement ne remplaçait toutefois pas une autorisation, précise l'organisateur. Selon ses propres déclarations, le GGR n'a constaté aucune aide pertinente sur le plan sportif. Mara a été accusée d'avoir établi un contact non autorisé en tant que tel, et non d'avoir apporté une aide non prouvée en matière de navigation ou de planification météorologique.
La « Avis de course » de la Golden Globe Race prévoit à cet effet des pénalités de temps à l'encontre de l'organisateur. 24 heures pour la première infraction et 72 heures pour chacune des suivantes. La direction de course ayant évalué les six appels séparément, il en a résulté une pénalité de temps totale de 16 jours. Le règlement prévoit à cet égard un examen des circonstances et laisse une marge d'appréciation à la direction de course.
Toutefois, cette sanction a depuis été revue à la baisse. Selon le communiqué qui vient d'être publié, la suspension effective de Mara n'est plus que de dix jours. La participation de Mara aux retransmissions en direct a été suspendue à titre provisoire.
Helga Marie « Mara » Løvenskiold Kveseth associe sa participation à la Golden Globe Race 2026 à une cause qui dépasse le cadre de la compétition sportive : la Norvégienne souhaite, à travers sa campagne, soutenir les femmes et défendre leurs droits. Pour cela, elle cherche également à attirer l’attention du public – mais ses déclarations à ce sujet ont suscité des critiques.
Kveseth navigue à bord du Saltram Saga 36 « Showgirl ». La Golden Globe Race emmène les participants faire le tour du monde en solitaire et sans escale. Pour cela, ils utilisent en grande partie les moyens techniques de la première édition de 1968 et renoncent notamment à la navigation électronique moderne.
Selon ses propres dires, Mara souhaite mettre à profit l'investissement personnel et financier que représente ce voyage pour attirer davantage l'attention sur son message et sa fondation. La visibilité publique fait donc partie intégrante de son projet. La manière dont elle formule cette ambition est elle-même devenue un sujet de débat.
La polémique a été déclenchée par des propos diffusés via la « GGR Window Live ». Il s'agit d'un format novateur, utilisé pour la première fois sous cette forme. Une liaison satellite dédiée transmet les images sur la chaîne YouTube de l'organisateur. Les navigateurs peuvent s’exprimer, mais ne reçoivent ni les réactions des spectateurs ni d’informations supplémentaires provenant de l’extérieur.
Le débat sur les règles et la vie privée dans « GGR Window Live » existait déjà avant la récente escalade. L'émission met également en lumière la fatigue, la frustration et les conflits qui, auparavant, n'auraient été évoqués, tout au plus, que plus tard dans un journal de bord.
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Reste à voir si la mise au point de l'organisateur permettra de résoudre le conflit. La description de la récente escalade repose principalement sur sa déclaration. Les revendications et les reproches formulés par le GGR ne reflètent donc que le point de vue de l'organisateur. Pour une analyse complète de la situation, il faudrait également donner la parole à la navigatrice norvégienne. Celle-ci ne s'est toutefois pas encore exprimée publiquement à ce sujet.

Rédacteur News & Panorama