La comparaison s'impose : JPK 10.50 contre Pogo RC. Les deux bateaux sont nouveaux, proviennent de chantiers navals traditionnellement concurrents en Bretagne, jouent dans le même format et visent, avec leur orientation claire comme de l'eau de roche, la même clientèle et le même handicap selon l'IRC (d'où leur nom). Les constructions sont également très proches les unes des autres : d'un côté la JPK 10.50L'une est la Pogo RC, dessinée par Jacques Valer, l'autre est la Pogo RC, une collaboration entre les designers Sam Manuard et Bernard Nivelt.
En fait, les concepts des deux yachts de course sont si similaires qu'une question semble inévitable : qui a copié sur qui ? La réponse est : personne. Au contraire, les deux projets comparables montrent avant tout une chose : l'état actuel des connaissances en matière de design de yachts offshore modernes. La proximité des bateaux n'est donc ni un hasard ni un plagiat, mais le résultat d'un travail de développement conséquent et moderne au sein d'une nouvelle génération de yachts de course en mer optimisés par l'IRC.
La première grande épreuve de force entre les deux rivales était donc attendue avec beaucoup d'impatience : la Rolex Fastnet Race. Les deux protagonistes ont dû y montrer sur la grande scène ce qu'elles avaient dans le ventre - et toutes deux ont livré une prestation impressionnante. Victoire au classement général (IRC Overall) pour la JPK 10.50, troisième place pour la Pogo RC. Et ce, dans une compétition qui comptait tout de même 380 bateaux. C'est plus qu'un succès d'estime, c'est une preuve évidente de l'énorme potentiel de performance des deux projets.
Avec le Pogo RC, les concepteurs Sam Manuard et Bernard Nivelt ne sortent pas des sentiers battus, mais poursuivent le développement de manière conséquente. La caractéristique la plus frappante du design est la proue volumineuse, presque en forme de bourrelet. Ce langage formel marquant est notamment connu des spectaculaires coureurs de haute mer de la classe IMOCA ou des développements récents des yachts de course de la séduisante Class 40. L'avant gras doit en premier lieu compenser la portance de la large poupe, assurer une position de flottaison plus équilibrée et aider au planing.
Sous l'eau aussi, le Pogo RC affiche une construction claire et nette. La quille est à nouveau en forme de T classique avec un plomb. A cela s'ajoutent deux safrans accrochés à la poupe.
Les safrans à rattrapage à l'arrière ne sont pas une nouveauté dans le monde des yachts de régate en mer. Ils ont fait leurs preuves depuis longtemps dans les classes IMOCA et Class 40. En revanche, ce concept n'est apparu que récemment sur les yachts de série, notamment sur le JPK 10.50 et le Pogo RC de Bretagne. La solution est techniquement et constructivement complexe, exige des manipulations supplémentaires de la part de l'équipage et augmente également les coûts. Néanmoins, les avantages parlent d'eux-mêmes. Le principal argument est la sécurité. Les safrans montés à l'extérieur de la poupe peuvent se rabattre vers le haut en cas de collision. Un point de rupture est prévu à cet effet dans le système. Le risque de dommages structurels graves après une collision est ainsi quasiment éliminé. Il est également plus facile d'éliminer les prises accidentelles, telles que les sacs en plastique, les algues ou les lignes, qui ne sont pas appréciées.
À cela s'ajoute un plus en termes de caractéristiques de navigation et de performances. Avec un seul safran dans l'eau, le bateau réagit de manière nettement plus directe, plus vive et plus précise. De plus, le safran relevé n'entraîne aucune résistance supplémentaire. Sur le Pogo RC, les safrans sont remontés, abaissés et bloqués en bas à l'aide de tirants d'écoute et de palans. Lors du test, la manipulation a bien fonctionné. Dans la pratique, la pale au vent est relevée par vent faible à moyen. Par grand vent, les deux pales restent en bas pour un contrôle maximal.
Sur le Pogo RC, le gréement est en outre remarquablement placé à l'arrière et avec beaucoup de chute de mât. La raison en est que la répartition inhabituelle du volume de la coque exige que le point de pression de la voile soit placé très en arrière. Le plan de voilure prévoit donc une grand-voile haute et fine, mais la cote J est plus longue, ce qui permet d'utiliser des voiles d'avant plus grandes. Le fabricant français AG+ fournit le mât en fibre de carbone avec une paire de barres de flèche et de haubans en Dyform, ainsi que la bôme, également en carbone. Ceux qui le souhaitent peuvent également opter pour un mât d'une autre marque ou un gréement avec deux barres de flèche. Le client a ici le libre choix, tout comme pour la composition de sa garde-robe de voile.
Pour le test YACHT en Bretagne, les conditions n'auraient pas pu être meilleures. Du soleil, un vent de 12 à 15 nœuds et une vague qu'un bateau rapide comme le Pogo RC est capable de surfer à merveille. Avec sa proue généreuse et sa carène plate, la sportive française glisse facilement et rapidement. Dans les rafales et avec le gennaker A2, la vitesse peut rapidement atteindre 12 nœuds et plus.
Dans ces conditions, barrer le bateau au gennaker est tout simplement génial. La barre franche permet de le diriger de manière très contrôlée et facile sur le bord, il réagit immédiatement et de manière extrêmement vive, parfois même de manière presque brutale. Si l'on relève le safran au vent, cette bonne impression se renforce encore considérablement. Le bateau peut alors être dirigé sous le vent avec beaucoup de sensibilité et de pression, un peu comme un dériveur. Même dans les rafales les plus violentes et avec des
Le Pogo reste toujours contrôlable, même sans beaucoup d'efforts à la barre.
Mais le facteur plaisir se réduit sensiblement lors de la croisière contre le vent. L'étrave bombée ne s'accommode pas vraiment des vagues qui déferlent et le bateau s'engage souvent de manière désagréable, le cockpit se mouille même parfois vraiment. Malgré l'effet de freinage ressenti dans les vagues, le Pogo RC surprend par son bon potentiel de performance. 6,9 nœuds sont atteints
avec la grand-voile gonflée et le génois J2 sur un angle d'environ 40 degrés par rapport au vent vrai.
L'agencement du cockpit a été conçu pour permettre à un équipage de quatre ou cinq personnes de naviguer sur le Racer. Grâce à la disposition ouverte du cockpit et à la barre franche, le maniement est également aisé pour les navigateurs à une ou deux mains. Les concepteurs de Pogo Structures ont trouvé de très bons compromis qui fonctionnent, en s'appuyant sur leur grande expérience dans la construction de voiliers de course au large performants.
En ce qui concerne l'équipement, le chantier naval sait ce qu'il faut faire : une bonne accessibilité, un maniement économe en énergie et la sécurité pour une course exigeante loin des côtes. Sur le Pogo RC, toutes les fonctions sont conçues sans compromis pour répondre à ces exigences. Le matériel de haute qualité et un cordage de pointe avec des noyaux en Dyneema en sont les garants.
Les nombreux réglages parfaitement réalisés permettent d'exploiter de manière ciblée tout le potentiel de performance du Pogo RC. Les points d'amure du génois à chevauchement court sont réglables en trois dimensions (Downhaul, Outhaul, Inhaul) et grâce à des réglages fins supplémentaires, ils sont faciles à régler à tout moment, même sous pression. Il faut toutefois savoir tirer sur la corde.
Sous le pont du Pogo RC, c'est la fonctionnalité pure qui domine. Deux personnes peuvent tout de même dormir assez confortablement à l'avant. Des couchettes tubulaires supplémentaires avec des voiles sous le vent sont disponibles à l'arrière. Deux modules de cuisine à la descente avec réchaud et évier ainsi qu'un WC ouvert et sans séparation à l'avant offrent un minimum de confort pour la croisière. Ces commodités correspondent toutefois moins à une exigence de croisière qu'à une prescription des systèmes de jauge.
Le Pogo RC coûte environ 264 300 euros bruts en tant que bateau standard, départ chantier naval. C'est une somme assez élevée pour un voilier de dix mètres de longueur de coque, mais qui s'explique entre autres par l'équipement exquis et coûteux. Le JPK 10.50, concurrent direct avec un inventaire comparable, reste à la hauteur, il coûte 267 600 euros.
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Comme c'est souvent le cas pour les bateaux de performance, la garde-robe de voile n'est pas encore comprise. Pour un kit complet adapté à la régate (grand-voile, deux génois, deux gennakers, code zéro), les acheteurs doivent ajouter environ 50.000 euros, voire plus. L'électronique avec le pilote automatique n'est pas non plus comprise dans le pack de base. En revanche, le client peut dépenser des sommes insoupçonnées, le pack le plus exclusif coûtant plus de 40.000 euros.
Pogo a construit un bateau qui attirera l'attention en raison de ses nombreuses innovations passionnantes. Et les premiers succès remarquables sur la piste de régate promettent encore plus d'attention - de la part d'acheteurs potentiels comme d'une concurrence éventuellement envieuse.
Orientation sans compromis
Construction innovante
Coûts d'acquisition élevés
Grand potentiel de performance
safrans rattrapables
Insertion dure dans l'arbre
Une fonctionnalité sans fioritures
Une construction légère conséquente
Intérieur austère et inconfortable
lest d'eau en option
Équipement de haute qualité
Pas de moteur électrique en option
Constructions sandwich en PRV avec âme en mousse et résine vinylester. Toutes les pièces sont fabriquées par Pogo Structures selon un procédé d'infusion sous vide. Aileron de quille en fonte, bulbe de quille en plomb.
Les spécifications standard prévoient un mât en fibre de carbone du fabricant AG+. Le client est toutefois libre de choisir. Comme c'est souvent le cas pour les racers, les voiles ne sont pas comprises dans le prix de base. Un jeu de voiles stratifiées du fabricant Incidence (grand-voile et génois) coûte environ 18 000 euros.
En option, le Pogo peut être équipé de réservoirs de lest d'eau sur le côté et à l'arrière. Le supplément pour les trois réservoirs (d'une capacité de 200 litres chacun) avec les systèmes de remplissage et de vidange s'élève à environ 9.400 euros.
SAS Pogo Structures ; 29120 Combrit (France) ; www.pogostructures.com
Monocoque radical de Beneteau avec foils à déploiement latéral. Le Figaro 3 s'est également imposé au niveau international comme une classe monotype forte pour la scène des monocoques et des bicoques.
Bateau de régate à succès, dessiné par l'artiste ORC Matteo Polli. Le IY 9.98 Fuoriserie a déjà remporté deux titres de champion du monde. L'aménagement sous le pont est moderne et adapté à la croisière. Lisez le test ici.
Racer de série innovant et attractif de Jeanneau, optimisé pour une utilisation longue distance avec un équipage réduit. Le design spécial de la coque est le fruit de la coopération Andrieu/Verdier. Vous pouvez lire le test ici.
Concept One Design innovant de Jeanneau et Multiplast. Focalisation sans compromis sur la course au large dans la classe monotype. Intérieur fonctionnel et inconfortable. Cliquez ici pour accéder au test.
Il est le vainqueur de l'IRC-Overall de la classique de haute mer Rolex Fastnet Race 2025 et actuellement le concurrent le plus direct du Pogo RC (3e place). Sa construction est l'œuvre de Jacques Valer. Vous pouvez lire le test ici.
Ensemble sportif bien pensé et donc couronné de succès pour les régatiers actifs de J/Boats. Bateau fortement transformable en fonction de l'utilisation et du système de jauge. Aménagement sous le pont adapté à la randonnée. Vous pouvez lire le test ici.
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Rédacteur Test & Technique