Pascal Schürmann
· 31.07.2019
L'annonce de Greta Thunberg, 16 ans, de naviguer avec les professionnels de la voile hauturière Boris Herrmann et Pierre Casiraghi sur l'Imoca 60 "Malizia" pour se rendre au sommet de l'ONU sur le climat, afin de voyager de l'Europe vers les États-Unis sans impact sur le climat, a fait sensation dans le monde entier. L'idée de traverser l'Atlantique à la voile plutôt que de prendre l'avion n'est pas nouvelle.
36 jeunes militants pour le climat de toute l'Europe, dont sept d'Allemagne, ont l'intention d'embarquer en octobre sur la goélette à trois mâts "Regina Maris" naviguer vers l'Amérique du Sud. Leur objectif est la conférence mondiale sur le climat qui se tiendra en décembre à Santiago au Chili. Afin de réunir l'argent nécessaire à l'affrètement du Windjammer et aux autres frais de voyage, les participants ont commencé à chercher des soutiens il y a un an déjà et Actions de crowdfunding de mettre en place un projet. Ils profitent de l'agitation actuelle autour de Greta Thunberg pour attirer encore plus l'attention sur leur projet.
Parmi eux, la juriste de 25 ans Clara von Glasow. Elle a déjà participé aux précédentes conférences sur le climat à Bonn et Katowice et sera présente à Santiago en tant que représentante de l'organisation allemande Klimadelegation e.V..
Lorsqu'on lui demande pourquoi elle a décidé de faire ce long voyage, qui plus est en voilier, elle répond : "Pour montrer qu'il est possible de voyager loin en produisant peu d'émissions et pour s'assurer que la voix des jeunes sera entendue lors des négociations sur le climat". Grâce à leur voyage en bateau, les participants économiseraient environ 4700 kilogrammes de CO2 par personne, soit l'équivalent d'un vol entre Amsterdam et le Chili.
Von Glasow : "Nous demandons ainsi aux politiques nationales de responsabiliser davantage les secteurs aérien et maritime pour leurs émissions massives et de ne plus subventionner le secteur aérien par l'absence de taxes". Au lieu de cela, les voyages adaptés aux ressources doivent devenir plus attractifs et plus abordables.
Les jeunes gens, dont la plupart sont encore étudiants ou viennent de terminer leurs études, veulent profiter de leur longue période en mer pour élaborer ensemble des analyses et des solutions pour l'avenir du voyage. Le bateau doit devenir un "think tank naviguant".
Il n'est toutefois pas encore clair combien de temps il leur reste pour discuter et analyser en cours de route. "Le bateau a certes un équipage permanent de cinq personnes. Mais nous sommes bien sûr aussi impliqués dans le rythme de veille", rapporte von Glasow. A l'exception de deux courtes sorties en mer, elle n'a pas encore d'expérience de la voile, contrairement à beaucoup d'autres membres de l'équipage. "Mais nous avons prochainement une réunion préparatoire plus longue, notamment pour nous préparer à la croisière".
Au total, le voyage en mer est estimé à six semaines. Au départ des côtes néerlandaises, il s'agit d'abord de traverser la Manche et le golfe de Gascogne pour rejoindre les Canaries et le Cap-Vert. Vient ensuite la longue traversée vers le Brésil, prévue pour neuf jours. Le port d'arrivée est Rio de Janeiro. "De là, nous poursuivrons notre voyage en bus jusqu'au Chili", explique von Glasow.
Le "Regina Maris" est une goélette à trois mâts de 41 mètres de long, construite en Pologne en 1979 et entièrement révisée en 1991, dont le port d'attache est Amsterdam. Le bateau est chaque année l'invité des grands rassemblements de yachts à voile comme le Hansesail et effectue régulièrement des croisières dans les eaux européennes et jusqu'outre-mer.

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