François Gabart est l'un des navigateurs en solo les plus connus de France et jouit d'une renommée mondiale pour sa virtuosité en haute mer. Avec sa victoire record dans le Vendée Globe 2012/13, l'homme qui fêtera son 37e anniversaire le 23 mars prochain, s'était jadis propulsé en tête du groupe de tête des héros de la course au large en France. Alors plus jeune vainqueur de l'histoire de l'épreuve la plus difficile pour les navigateurs en solitaire, Gabart a été salué comme le talent du siècle. Puis le Saint-Michellois a enchaîné les exploits. Le 17 décembre 2017, il a atteint le sommet le plus réussi à ce jour, en établissant sur "Macif" un nouveau record du monde en solitaire pour la navigation autour du monde la plus rapide, en effectuant le tour du monde depuis et vers Brest en seulement 42 jours, 16 heures, 40 minutes et 35 secondes. Gabart a navigué de succès en succès, de prouesse en prouesse, dernièrement dans la classe Ultime avec le "Macif", qui navigue et vole depuis longtemps. C'est avec cette dernière qu'il a disputé le nouveau Brest Atlantiques l'automne dernier, mais il a eu à déplorer une collision avec un "ovni" et une rupture de matériel dans la course en double avec Gwenolé Gahinet, et il a peiné jusqu'à l'arrivée.
Pour la Transat CIC à venir, Gabart a désormais tiré sur la corde, laissant la barre de "Macif" à son collègue Pascal Bidégorry, et a déclaré : "C'est un privilège extraordinaire, un plaisir absolu de naviguer dans la classe Ultime. Mais cela demande beaucoup de vigilance, de concentration et d'engagement. Chez nous, les saisons se succèdent et la fatigue s'accumule. J'ai beaucoup de respect pour cette course et pour mes concurrents, je ressens beaucoup d'amour pour ce bateau et beaucoup de responsabilité envers mes partenaires et mon équipe. Mon corps et mon esprit ne sont pas en mesure de se lancer dans cette course avec l'engagement illimité et sans limite que j'ai l'habitude de déployer. Je pense qu'il est sage et raisonnable d'abandonner pour le moment et de revenir dans quelques mois". Concernant le choix de Bidégorry comme remplaçant, Gabart a déclaré : "L'histoire a commencé par une victoire dans la Transat Jacques Vabre avec Pascal Bidégorry. Je suis heureux que Pascal soit là pour boucler la boucle. Je sais qu'il sera à la hauteur de ce magnifique bateau. Et je serai là pour le soutenir pendant les entraînements des prochaines semaines".
La Transat CIC, dont les racines remontent à 1960 et à la première victoire de Francis Chichester sur "Gipsy Moth II", emmènera les participants à partir du 10 mai dans les divisions Class 40, Imoca, Multi50 et Ultime de Brest à Charleston aux Etats-Unis en traversant l'Atlantique. Les bateaux les plus rapides sont attendus au port d'arrivée après un peu plus d'une semaine. En juin, la course New York-Vendée permettra de revenir aux Sables d'Olonne. Les aspirants au Vendée Globe s'en servent comme dernière grande et bonne régate de préparation.
C'est le cas de Boris Herrmann. Il est au départ avec le "Malizia" alors équipé de nouveaux foils et d'une section d'étrave révisée. Le soliste de 38 ans a déclaré à propos du retrait de François Gabart : "Je pense qu'il l'a bien expliqué lui-même. Lors de la dernière course, beaucoup de choses ont été cassées chez lui, et je pense que c'était vraiment dur. Nous sommes tous comme ça : On brûle. Il faut juste faire attention à ne pas être cramé avant 65 ans". Le retrait de Gabart fait également ressurgir les souvenirs de l'abandon radical d'Ellen MacArthur. L'icône de la voile britannique a jadis détenu pendant trois ans le record du tour du monde en solitaire le plus rapide et a fêté en 2001 l'un de ses plus grands succès avec une deuxième place dans le Vendée Globe. Elle a mis fin brutalement à sa carrière de navigatrice en 2009, à l'âge de 33 ans seulement, et s'engage depuis lors au niveau international, avec sa fondation, en faveur d'une économie circulaire économe en énergie.

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