Tatjana Pokorny
· 19.03.2023
Un rasage de près, un petit bain de soleil sur le pont et une navigation globalement calme des Imocas : il est rare que l'Ocean Race soit aussi douce dans les "cinquantièmes furieux" des mers du Sud qu'en cette fin de troisième semaine de l'étape reine de l'Ocean Race. "Les conditions ne sont pas normales pour la zone de navigation dans laquelle nous nous trouvons actuellement", explique le skipper de 11th Hour Racings, Charlie Enright.
En ce 21e jour de mer, les équipages respirent dans le grand froid du sud du monde. Les équipages naviguent en quatuor en attente, parfois à portée de vue les uns des autres. Seuls six milles marins séparaient l'ensemble de la flotte dimanche matin à 9 heures, heure française. L'étape mammouth de l'Ocean Race connaît un véritable redémarrage environ deux semaines avant sa finale à Itajaí, au Brésil.
Les conditions plus légères qui ont conduit à la compression de la flotte laissent aux équipes l'espace nécessaire pour effectuer des travaux d'entretien et de réparation indispensables. Cela vaut autant pour les bateaux que pour les personnes. Les navigateurs rattrapent leur sommeil et trouvent le temps de faire quelques soins personnels. Un vent plus frais est attendu en début de semaine. Le passage du Cap Horn est prévu entre le 26 et le 27 mars.
"L'anticyclone a fait en sorte que nous nous sommes tous regroupés", explique Will Harris, "nous recommençons pratiquement la course, ce qui est à la fois bon et mauvais. Nous pouvons nous battre pour la tête, mais en même temps, nous avons perdu notre avance sur nos poursuivants". L'équipe Malizia de Boris Herrmann avait pris la tête du classement pendant quelques heures vendredi soir. Mais maintenant, les quatre équipes ont à nouveau de bonnes chances de débuter avec succès la quatrième semaine de l'étape reine de l'Ocean Race.
Avant de passer à nouveau à l'action, Boris Herrmann et Rosalin Kuiper ont envoyé leur dernier podcast "Nicknames" (fr : Surnoms) de la mer. Il en ressort surtout une ambiance décontractée à bord. Le skipper et la Néerlandaise donnent un aperçu de leur monde de la voile dans l'Océan Austral, racontent avec beaucoup de plaisir comment le reporter à bord Antoine Auriol a envoyé son drone à la concurrence sur "Bio Boutique" et comment l'équipe de Paul Meilhat a réagi avec plaisir sur le pont au petit tournage. Boris Herrmann raconte joyeusement : "C'est un tel contraste avec notre vie jusqu'à présent. Nous sommes assis sur le pont. Il fait certes très froid, mais nous sommes assis dehors au soleil. C'est incroyable !"
Herrmann et Kuiper révèlent qu'ils appellent Team Holcim - PRBs Team et le skipper Kevin Escoffier "Les bétonneurs" (Herrmann) et "Popeye le marin" (Kuiper), en référence à leur sponsor. Il reste même du temps pour un petit jeu radio : "Boutique bio, ici le bus de la fête Malizia, qu'est-ce qu'on mange chez vous aujourd'hui pour le déjeuner ? Et quelle est l'humeur à bord sur une échelle de un à dix ?".
La navigatrice "Biotherm" Sam Davies répond par radio : "Je suis en train de préparer le déjeuner. Chez nous aujourd'hui, c'est curry vert et poulet. Je viens de me réveiller après une très bonne nuit de sommeil. Aujourd'hui, je suis d'humeur à faire neuf. Juste un neuf parce que je ne me suis pas encore lavé les cheveux. Dès que je l'aurai fait, ce sera un dix". Davies révèle ensuite que ce jour-là, elle pourra utiliser un peu de l'eau douce à bord pour se laver les cheveux.
Le 21 mars, la flotte devrait atteindre Point Nemo, le point le plus éloigné de toute civilisation humaine. "On ne peut pas être plus éloigné de tout sur la planète qu'à cet endroit", explique Boris Herrmann. L'endroit le plus éloigné du monde se trouve entre le Chili et la Nouvelle-Zélande, à près de 2700 kilomètres chacun de l'île Ducie, de Moto Nui, qui fait partie de l'île de Pâques, et de Maher Island, dans l'Antarctique.
La fin de la phase de vent léger, qualifiée de "pause très bienvenue" par Boris Herrmann, est déjà en vue. "Ce week-end est encore calme. Ensuite, nous mettrons les gaz", a annoncé Rosalin Kuiper. Les choses vont reprendre dès le début de la quatrième semaine dans la course aux deuxièmes paquets de points de cette étape à double classement.

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