Appel à une meilleure protection des espècesLa population de marsouins sous pression

David Ingelfinger

 · 28.11.2025

Marsouin commun nageant avec son petit dans le parc national néerlandais de l'Escaut oriental.
Photo : dpa/pa

Une nouvelle alliance de huit associations de protection de la nature, dont le WWF et la NABU, met en garde contre un déclin continu de la population de marsouins dans la mer du Nord allemande. Les données montrent une nette tendance à la baisse, en particulier autour de Sylt. Dans un Prise de position les associations demandent maintenant une mise en œuvre plus conséquente des mesures de protection.

Pour de nombreux amateurs de sports nautiques, l'observation d'une nageoire dorsale dans les eaux troubles de la mer du Nord est un rare moment fort. Alors que les effectifs restent stables dans l'ensemble de la mer du Nord, ils sont justement en baisse depuis des années dans les eaux allemandes.

La déperdition devant sa propre porte

Les chiffres sont clairs. Selon la Fondation allemande pour la protection du milieu marin la population de la mer du Nord allemande ne cesse de diminuer. Entre 2002 et 2019, la population a diminué en moyenne de 1,8 % par an. En revanche, la population totale reste stable : le recensement international des cétacés SCANS IV a permis de recenser environ 338.918 marsouins dans toute la mer du Nord.

On observe une tendance claire. Les marsouins déplacent de plus en plus leur habitat vers les Pays-Bas et la Manche, car les stocks de poissons fourrage importants s'y déplacent. Les cétacés suivent le mouvement. Elles se retrouvent ainsi dans une zone où le trafic maritime et la pêche sont intenses, ce qui a un impact direct sur la population.

Signes d'alarme de la pouponnière

La situation est particulièrement critique sur le récif extérieur de Sylt, une zone strictement protégée et une importante zone d'élevage des baleines. Malgré son statut de protection, cette zone perd en moyenne 3,8 % de ses animaux par an, selon la Fondation pour la protection du milieu marin. Les mères marsouins y mettent au monde leur progéniture. La protection n'existe souvent que sur le papier, alors que dans la réalité, la pêche, la navigation et le bruit continuent de peser sur les populations. La situation est similaire sur le Dogger Bank, au nord de la Manche. Bien que cette grande zone de sable soit protégée par l'Europe, la pêche y est toujours intensive. Ce sont surtout les cutters danois et britanniques qui pêchent de grandes quantités de lançons - des proies importantes pour les marsouins - avec des chaluts de fond.

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Le document de synthèse des associations est très clair. Les mesures de protection actuelles ne suffisent pas à assurer la survie de la population. Les habitats marins étant soumis à de fortes pressions dues à une utilisation multiple, il faut une "approche basée sur les écosystèmes". Dans les zones protégées, la préservation de la biodiversité doit clairement primer sur les intérêts économiques, si le Le gouvernement allemand a décidé que le marsouin commun devait survivre au large des côtes allemandes.

Plus de protection pour les marsouins

Les associations demandent une application plus conséquente et un renforcement des règles dans la réserve naturelle au large de Sylt et Amrum. Dans une prise de position, elles critiquent le fait que le statut de protection est insuffisamment appliqué dans la pratique.

Parmi les principales revendications figurent une interdiction totale des filets dormants, y compris pour les cotre étrangers, ainsi que des vitesses maximales réduites. Les couloirs de navigation rapide prévus doivent être supprimés afin de réduire le bruit sous-marin et les risques de collision. En ce qui concerne le développement de l'énergie éolienne offshore, les associations demandent des directives plus strictes en matière de protection contre le bruit lors des travaux de battage, afin que les les animaux sensibles au bruit ne soient pas davantage refoulés.


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