Les voiliers de haute mer doivent être sûrs, aptes à la navigation en mer et faciles à manœuvrer sur de longues étapes. Le Boréal 56, le Kraken 58, le Pure 49, le Stem 50 et le Breehorn 55 répondent à ces exigences de manière très différente.
Si vous recherchez un yacht pour de longues traversées océaniques ou des zones de navigation isolées, vous devez définir vos priorités. Les yachts de haute mer présentés ici offrent de nombreux espaces de rangement, des zones de travail protégées et une construction robuste. En revanche, en matière de quille, de gouvernail, de performances de navigation et de confort de vie, les chantiers navals ont des approches bien différentes.
Le Boréal 56 est un bateau d'exploration en aluminium destiné aux équipages qui souhaitent pouvoir naviguer même dans les hautes latitudes et dans des zones difficiles d'accès. Sa quille pivotante permet de réduire le tirant d'eau de 3,18 à 1,20 mètre. Deux gouvernails auxiliaires latéraux viennent en renfort au gouvernail principal, relativement court, améliorent la stabilité de cap et peuvent être relevés si nécessaire.
Dans le Essai du Boréal 56 Ce yacht de 20,5 tonnes a particulièrement convaincu dans les fortes vagues de la mer du Nord. Par vent de force 5 à 6 sur l’échelle de Beaufort, il naviguait de manière stable au près avec une gîte modérée et ne nécessitait que de légères corrections à la barre. La cabine fermable offre une protection et une vue panoramique quasi dégagée. Les écoutes et les winchs sont disposés de manière à permettre la manœuvre du bateau même avec un équipage réduit.
Sous le pont, le Boréal allie la fonctionnalité bien connue de la marque à un aménagement nettement plus raffiné. De grandes couchettes, des mains courantes, des barres anti-roulis et une salle des machines spacieuse répondent aux exigences de la navigation au long cours. L’énorme volume de rangement est particulièrement remarquable. À eux seuls, le coqueron avant et la partie arrière offrent plus de douze mètres cubes. Lors de l’essai, on a toutefois remarqué que les surfaces des plats-bords du cockpit offraient une adhérence médiocre par temps humide et que les espaces de rangement n’étaient pas encore répartis de manière optimale.
Alors que quatre des voiliers hauturiers présentés sont en aluminium, le Kraken 58 est en PRV. La « quille zéro » fait partie intégrante de la coque et n’est pas vissée a posteriori. Une structure de fond s’étendant jusqu’à la semelle de la quille absorbe les charges. Le gouvernail est protégé par un skeg intégral, tandis que trois compartiments étanches limitent les conséquences d'une voie d'eau.
Le Essai du Kraken 58 mais cela montre aussi le prix à payer pour cette conception rigoureuse. Avec un poids à vide de 29 tonnes et des appendices de grande surface, ce yacht n’est pas un bolide. Par vent faible, il atteignait cinq à six nœuds au largue. Un vent plus fort n’apportait que peu de vitesse supplémentaire. En revanche, le Kraken 58 se comportait avec une douceur inhabituelle sur des vagues pouvant atteindre deux mètres de haut.
Le cockpit central bien protégé et le salon de pont lumineux s’inscrivent dans ce concept axé sur le confort. L’équipement complet et la salle des machines accessible facilitent les longs voyages. On peut toutefois critiquer les couchettes parfois exiguës, la descente raide et le cockpit arrière étroit. En port, le Kraken nécessite également de la prudence. Lors de l’essai, il n’a répondu à la barre en marche arrière qu’une fois en vitesse, tandis que le propulseur d’étrave n’a pas pu maintenir la proue en place par vent de force 6 Beaufort.
La Pure 49 s'adresse aux navigateurs qui ne confondent pas autonomie et robustesse avec une navigation lente et lourde. Coque en aluminium, gréement en carbone, grand-voile Fathead, double gouvernail et barre franche : tous ces éléments font de ce voilier de longue croisière un bateau dont les caractéristiques techniques rappellent plutôt celles d'un voilier de course au large. La quille relevable peut être abaissée jusqu’à 3,20 mètres et relevée à 1,30 mètre pour naviguer en eaux peu profondes. Deux réservoirs de ballast intégrés à la coque ont une capacité de 750 litres chacun. Ils renforcent la stabilité à la voile et peuvent être vidés vers le nouveau côté au vent avant un virement de bord. Les doubles safrans et la longue barre offrent un contrôle et une réactivité immédiate, même par mer agitée.
La timonerie est directement reliée au cockpit et crée un espace de travail protégé. Sous le pont, l’aménagement reste délibérément fonctionnel. Les installations et le moteur sont facilement accessibles, tandis que les surfaces en aluminium apparentes facilitent les contrôles. Ainsi, le Pure 49 est moins une maison de campagne flottante qu’un bateau de croisière rapide destiné aux propriétaires qui privilégient la technologie, la facilité d’entretien et les performances de navigation plutôt qu’un aménagement intérieur sophistiqué.
Stem Marine construit depuis près de 40 ans des bateaux de sauvetage, de patrouille et de pompiers. Sur le Stem 50, cette expérience se traduit par une structure en aluminium soigneusement renforcée, dotée de trois cloisons étanches. Au niveau de la quille, les membrures ne sont espacées que de 35 centimètres. Les deux pilotes automatiques indépendants et le système de double gouvernail sont redondants. Si l'un des gouvernails se bloque, la liaison entre les deux quadrants peut être désactivée. De série, le Stem 50 est équipé d'une quille fixe avec un tirant d'eau de 2,40 mètres. Sa nageoire, usinée dans un bloc d’aluminium massif, s’emboîte parfaitement dans le caisson de quille et supporte une masse de plomb de 3,4 tonnes. Ceux qui ont besoin d’un tirant d’eau variable peuvent opter pour une quille télescopique.
Le cockpit est conçu pour un équipage réduit. Les winchs principaux situés à l’intérieur des postes de barre facilitent la manœuvre, tandis que le renvoi des écoutes génère une charge et des frottements supplémentaires. Le hardtop en option offre une protection et peut être associé à des fenêtres de capote escamotables électriquement. Lors des essais, les dossiers presque verticaux et les marches trop étroites entre le cockpit et le pont latéral lorsque le bateau est mouillé ont posé problème. Dans le Essai du Stem 50 Le yacht tient bien le cap et se maintient facilement en route grâce à de légères corrections. Par vent de force 4 sur l'échelle de Beaufort, il atteint une vitesse moyenne de 5,6 nœuds au près. Au largue, il peut atteindre 8 nœuds et plus. Même en cas de rafales pouvant atteindre 30 nœuds et d'une mer agitée, il reste stable et facile à contrôler.
Sous le pont Le Stem 50 allie une construction robuste à un aménagement en chêne clair et à de grandes fenêtres. Parmi les détails pratiques, on note les coffres en aluminium conçus comme des bacs, dont le contenu ne tombe pas à l'ouverture. Chacun de ces huit coffres de rangement est conçu pour supporter une charge allant jusqu'à 20 kilogrammes. Sur le prototype testé, la cuisine installée dans le sens de la longueur et les couchettes arrière trop étroites laissaient encore place à des améliorations. Le niveau sonore élevé lors de la navigation au moteur devrait également être réduit grâce à une meilleure isolation de la salle des machines.
Le Breehorn 55 associe une coque en aluminium à un pont en fibre de verre de construction sandwich. Sa coque élancée, sa quille fixe soudée et son gréement de cotre classique témoignent d'une approche traditionnelle. Avec ses 22 tonnes, il est plus lourd et moins maniable que le Stem ou le Pure, mais il offre en contrepartie beaucoup de stabilité et une bonne tenue de cap.
Dans le Test du Breehorn 55 Elle maintenait une vitesse constante de 7,2 nœuds au près, par vent de 4 à 5 Beaufort. Au vent de travers, le loch indiquait 8 nœuds. Le voilier effectue les virements de bord et les empannages avec une certaine lenteur. À la barre, il reste équilibré et ne nécessite que peu de corrections. Le système de pilotage mécanique ne dispose toutefois pas d’une redondance complète. En cas de défaillance du câble de commande, le pilote automatique, qui agit directement sur l’arbre du gouvernail, sert de solution de secours. La timonerie, qui peut être fermée de manière étanche, forme un passage protégé entre le cockpit et le salon. Le bateau d’essai était aménagé avec deux banquettes et une table centrale. Un double vitrage en verre véritable offre une belle vue ; en option, un deuxième poste de navigation et une timonerie intérieure seraient également possibles.
L’aménagement, avec ses meubles en teck et ses revêtements de siège bleu foncé, se veut délibérément traditionnel. En l’absence de fenêtres dans la coque en aluminium et les ouvertures de la superstructure étant plutôt petites, l’intérieur reste relativement sombre. En revanche, toutes les fenêtres de la superstructure s’ouvrent. Chaque espace de vie dispose d’au moins deux possibilités de ventilation. Les acheteurs peuvent en grande partie déterminer eux-mêmes l’agencement. L’une des deux cabines arrière peut par exemple être aménagée en atelier, bureau, vestiaire ou espace de rangement accessible. Entre les cabines arrière s'étend un couloir technique de 66 centimètres de large destiné à accueillir le moteur, le générateur, le dessalinisateur et les installations électriques. De grandes trappes d'inspection facilitent les travaux d'entretien.
Le Boréal 56 est recommandé aux équipages qui souhaitent allier des zones de navigation extrêmes, des mouillages peu profonds et une praticité maximale. Sur le Kraken 58, la sécurité passive, la souplesse des manœuvres et un confort élevé priment sur les performances pures à la voile.
Le Pure 49 est le modèle idéal pour les navigateurs ambitieux qui souhaitent barrer activement et naviguer rapidement, même lors de longues traversées. Le Stem 50 allie une construction solide en aluminium à un aménagement lumineux et confortable, ainsi qu’à des caractéristiques de navigation simples. Le Breehorn 55 mise sur des lignes classiques, la personnalisation et un style de voyage serein.
Le choix dépend donc moins de la taille du bateau que de l’itinéraire prévu. Pour les hautes latitudes et les baies peu profondes, les tirants d’eau variables constituent un argument de poids. Ceux qui naviguent principalement en mer et dans des zones côtières plus profondes peuvent gagner en poids, réduire l’équipement technique et limiter les besoins d’entretien grâce à une quille fixe. Performance, protection contre les intempéries, redondance technique et confort de vie ne peuvent être totalement dissociés sur aucun de ces cinq voiliers.
Le navigant au large en bref L'ouvrage de Sönke et Judith Roever répond à des questions pratiques concernant le choix et la préparation d'un voilier de longue croisière. Il aborde notamment la coque, le gréement, les voiles, l'équipement, la gestion de l'énergie, la navigation, la sécurité, les assurances, l'approvisionnement et la vie quotidienne à bord.
voile en haute mer L'ouvrage de Bobby Schenk met davantage l'accent sur les exigences d'un long voyage à la voile. Outre les techniques de navigation en haute mer, ce livre aborde la vie à bord, les problèmes techniques, les conditions météorologiques difficiles, les questions d'assurance et la communication depuis des zones isolées.