Jan-Ole Puls
· 30.04.2026
Le quatre-mâts barque "Pékin" retrouve petit à petit son équipement historique. Mardi, un moteur de travail historique de la marque Gnom a été hissé à bord par une grue. Ce moteur actionnait autrefois les treuils de chargement pour déplacer la cargaison et le guindeau. Il produisait également un peu d'électricité pour l'éclairage du bord. Le groupe électrogène est l'un des trois seuls moteurs de ce type conservés en Europe. A l'avenir, il sera mis en service lors d'occasions particulières.
En plus du moteur, un canot de sauvetage en acier est revenu à bord. Auparavant, il se trouvait dans une casse à Berlin, caché dans les buissons. De plus, une ancre de poupe de 1,2 tonne se trouve désormais sur le bastingage. Cette ancre proviendrait du "Pamir" et était auparavant stockée dans un chantier naval de Lübeck. Pour l'amener à bord, le gréement a dû être partiellement modifié ou gréé. Le grand voilier est amarré depuis près de six ans au quai du musée portuaire dans le port hanséatique. La restauration a coûté environ 40 millions d'euros et a duré trois ans.
L'équipement est encore loin d'être complet. Les lampes datant de la période d'exploitation entre 1911 et 1932 constituent un problème majeur. Les restaurateurs cherchent des modèles corrects pour les lampes à pétrole. Cette période est considérée comme l'époque la plus importante du navire. Le Peking naviguait alors comme voilier de marchandises pour la compagnie maritime hambourgeoise F. Laeisz. Il transportait du salpêtre du Chili vers l'Europe et a franchi 34 fois le Cap Horn.
Lors de sa mise en service en 1911, il était ultramoderne. Il disposait déjà d'un système radio à bord. Le navire mesurait 115 mètres de long et avait une surface de voile de 4.100 mètres carrés. Le grand mât s'élevait à 53,1 mètres de hauteur. Par bon vent, le navire atteignait 17 nœuds. L'équipage était composé d'une trentaine d'hommes. Ils devaient hisser les voiles et les récupérer sans l'aide de machines.
Le "Peking" faisait partie des Flying P-Liners, les voiles de fret les plus rapides de l'époque. Tous les navires de la compagnie portaient des noms commençant par un P. Cela remonte à Sophie Christine, l'épouse de l'héritier de l'entreprise, Carl Laeisz. Son petit nom était Pudel. Quatre de ces quatre-mâts barques avec un P ont été conservés : Le "Peking" à Hambourg, le "Passat" à Travemünde, le "Pommern" à Mariehamn et le "Padua", qui bat aujourd'hui pavillon russe sous le nom de "Krusenstern".
Après la fin de la navigation à voile en 1932, la compagnie maritime Laeisz a vendu le bateau en Angleterre. Là, il a servi pendant 42 ans de pensionnat flottant sur la rivière Medway sous le nom d'"Arethusa". Il est ensuite arrivé à New York. Il a été exposé pendant 43 ans au South Street Seaport Museum. Le bateau s'y est détérioré de manière visible. Le musée n'avait pas les moyens de le rénover.
En 2017, le "Pékin" est revenu à Hambourg. La fondation Hamburg Maritim a organisé le transport et la restauration. Le navire a traversé l'Atlantique sur un bateau à quai. La rénovation de base a été effectuée dans le chantier naval Peters à Wewelsfleth. Environ un quart de la substance a dû être renouvelé. Dans la partie visible, les coutures ont été conservées. Le gréement a été entièrement reconstruit.
Le "Peking" peut déjà être visité à Hambourg. L'accès se fait par le musée portuaire de Hambourg. Le navire est ouvert aux visiteurs depuis le printemps 2021. L'aménagement intérieur est complété progressivement. La plus grande partie doit être reconstruite. Les travaux sont en cours et peuvent être observés par les visiteurs.
Une équipe de quatre personnes s'occupe du bateau à plein temps. S'y ajoutent des bénévoles de l'association "Freunde der Viermastbark Peking". L'association compte 350 membres. Ils s'occupent de l'entretien et proposent des visites guidées. La ville de Hambourg alloue chaque année près de quatre millions d'euros pour l'exploitation. Sur cette somme, trois millions sont consacrés aux investissements. Les frais courants s'élèvent à 878.000 euros par an.
L'équipe technique est composée d'un ingénieur et d'une gréeuse. Tous deux ont participé à la restauration. Ils connaissent chaque détail du navire. L'entretien est fastidieux, mais réalisable. Le navire est pratiquement comme neuf. Il n'y a pas de navigation et donc moins d'usure. Néanmoins, le grand gréement doit être entretenu régulièrement. Les haubans sont galvanisés et épissés. Ils ont été étirés et smillés de manière traditionnelle.

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