Michael Good
· 31.07.2026
Le marché des catamarans de croisière construits en série est plus restreint que ne le laisse supposer la présence croissante des multicoques dans les ports, les bases de location et les salons nautiques. Certes, il existe désormais une multitude de marques et de concepts, mais de nombreux constructeurs ne produisent qu'en petites séries ou s'adressent davantage à des marchés de niche qu'au grand public. Ce segment des catamarans de croisière est essentiellement dominé par quelques chantiers navals. Les poids lourds du secteur sont Lagoon, Fountaine Pajot, Bali, Nautitech et Leopard.
Leopard Catamarans occupe à cet égard une place particulière. Seul constructeur en série de catamarans de croisière parmi les grands acteurs du marché, la marque ne construit pas ses bateaux en Europe, mais en Afrique du Sud, chez Robertson and Caine. Le chantier naval du Cap est le partenaire de construction des catamarans Leopard. Par l’intermédiaire des opérateurs de location The Moorings et Sunsail, ces mêmes bateaux intègrent souvent des flottes de location internationales, parfois sous une autre marque et dans le cadre de formules de location-vente attractives. Parallèlement, ils sont vendus directement à des propriétaires privés sous la marque « Leopard » ; cette part représente environ la moitié de la production totale.
La coque, le pont, la superstructure de la cabine et tous les composants en PRV sont fabriqués chez Robertson and Caine selon le procédé d'infusion sous vide. De plus, le chantier naval intègre, sur tous les nouveaux modèles de la gamme actuelle, une traverse massive en acier dans la poutre avant. Celle-ci est destinée à renforcer davantage la structure et à réduire la torsion entre les coques. Les talons de quille sans lest sont simplement collés à la coque ; ils ne sont ni vissés ni stratifiés. En cas d’échouage, ils sont conçus pour se détacher sans endommager la structure. Ils sont néanmoins suffisamment robustes pour que le catamaran puisse être posé dessus sans problème.
Avec le nouveau Leopard 52, le chantier naval remplace désormais son ancien fleuron, le Leopard 50, dont près de 250 exemplaires ont été construits. L'une de ses particularités résidait notamment dans le fait qu'il était proposé en deux versions : au choix avec un salon sur flybridge ou dans une version légèrement plus sportive sans pont supérieur. Sur le nouveau 52, cet espace de détente spacieux situé en hauteur fait désormais partie intégrante du modèle de base, sans alternative possible. La conception de base de Simonis Voogd Design est par ailleurs conservée, mais elle a été perfectionnée sur les plans hydrodynamique et structurel. Le nouveau catamaran mesure 30 centimètres de plus et 10 centimètres de largeur que son prédécesseur.
Pour cet essai au large de Saint-Raphaël, dans le sud de la France, la zone offre des conditions quasi idéales. Un vent pouvant atteindre la force 4 et une houle modérée constituent une bonne base pour évaluer le potentiel du nouveau modèle. Au largue, le catamaran navigue correctement à 6,5 nœuds, à un angle de 50 degrés par rapport au vent vrai. Le Code Zero déployé apporte davantage de dynamisme. Au vent de travers, on atteint une vitesse de près de 9 nœuds. Pour un catamaran de croisière de cette taille et de cette conception, ce sont déjà des performances solides. Il faut toutefois les relativiser : le bateau d’essai navigue avec un jeu de voiles en laminé haut de gamme, dont une grand-voile à tête carrée.
Le navire sud-africain surprend également par sa vivacité lors des manœuvres. Les virages peuvent être effectués rapidement sans grande perte de vitesse. Et ce navire, relativement lourd avec un poids total de plus de 20 tonnes, réagit avec une rapidité et une réactivité réjouissantes aux commandes. En revanche, la commande mécanique n’est pas très convaincante. La transmission semble dure, et le retour d’information de la barre est quasi inexistant. Le Leopard 52 se maintient certes bien sur sa route, mais le pilotage n’est pas très agréable.
Le foc auto-vireur n'est pas proposé, même en option ; on s'en tient au génois à recouvrement. Les manœuvres et le réglage des voiles s'effectuent néanmoins avec aisance. Les trois winchs grands et puissants du cockpit, ainsi que la disposition bien pensée de tous les accastillages, y contribuent largement. Compte tenu des charges élevées exercées sur les écoutes de ce plan de voilure sportif, il est toutefois recommandé d'opter pour des winchs électriques.
Le Leopard n'est pas équipé d'un traveller pour la grand-voile. Selon les représentants du chantier naval, cela nécessiterait d'importants renforts structurels au niveau du toit, ce qui entraînerait un surpoids. À la place, le catamaran est équipé de deux palanages distincts, qui permettent de régler la grand-voile de manière très efficace. Cependant, la manipulation est nettement plus fastidieuse qu'avec un chariot, car pour obtenir un réglage optimal, les deux palanages doivent être réajustés après chaque manœuvre.
Le mât en aluminium est fourni par le fabricant Z-Spars. Le jeu de voiles simples en Dacron (grand-voile et génois lattés) est compris dans le prix de base. Une grand-voile plus grande de type « squarehead » ou des voiles de performance en stratifié sont disponibles en option, tout comme le beaupré pour le gennaker ou le Code Zero.
La deuxième partie porte sur les nouvelles variantes d'aménagement, la qualité des finitions, les équipements techniques à bord ainsi que le positionnement tarifaire du Leopard 52.
Le Leopard 52 est-il exactement la voie à suivre pour les catamarans de croisière modernes, ou bien l'accent mis sur l'espace et le confort fait-il perdre au bateau son caractère nautique ? Donnez votre avis dans les commentaires.

Rédacteur Test & Technique