Tantôt salée, tantôt sucrée - la Bretagne septentrionale n'est pas seulement un régal nautique : Lorsque le calme règne dans le port à la fin d'une longue journée de croisière, des délices culinaires vous attendent à terre. Partie 1/4 : de Saint-Malo vers l'ouest via Saint-Cast bist à Paimpol.
À partir de Saint-Malo, en direction de l'ouest, commence la côte nord de la Bretagne, le pays des huîtres, des crabes, des crêperies et des innombrables excellents restaurants. Si la France fait grand cas de sa cuisine de poisson, la Bretagne se considère comme son centre. Cela tient aussi à l'image particulière que la région a d'elle-même, à son indépendance. Ainsi, la culture celtique, qui s'étend le long de l'Atlantique, de l'Écosse à la Galice en passant par l'Irlande, les Cornouailles et la Bretagne, est à bien des égards plus proche de la région que de Paris. Cet héritage particulier se manifeste dans les petites choses comme dans les grandes.
Par exemple dans le nom celte et l'aspect caractéristique de son drapeau : Gwenn ha Du, blanc et noir. Il dispute volontiers les meilleures places au drapeau tricolore de la France. Ou, pour s'en tenir au tissu rayé, dans la tenue traditionnelle de ses marins. Mais c'est surtout dans le domaine culinaire que l'attention portée à la mer a toujours été la plus forte. Le chemin entre le pont des pêcheurs et la table n'est jamais très long. La diversité et la perfection ne connaissent guère de limites. C'est la fierté de la Bretagne. Il n'y a guère d'autre endroit où il vaille la peine de manger aussi souvent, surtout si l'on préfère les fruits de mer et le poisson. Les cartes des vins sont remplies de crus de grande qualité, proposés à des prix raisonnables même dans les restaurants, qui ne servent bien sûr que des vins français. Quoi d'autre ? On choisit volontiers un muscadet sur lie pour accompagner les fruits de mer de la Loire, non loin de là.
La sortie de Saint-Malo étant limitée par la marée, il est judicieux de choisir comme prochaine étape un port accessible quelle que soit la marée, comme le Port Jacquet de Saint-Cast, situé non loin de là. Une petite promenade sur la promenade construite sur le rocher jusqu'à la plage et la ville ? Ou bien on s'arrête directement au port, dans le restaurant de poisson qui s'y trouve et où les fruits de mer fraîchement pêchés sont exposés dès l'entrée. Après Saint-Cast, on peut faire une halte à Saint-Quay-Portrieux, également toujours accessible. Ce méga-port de plus de 1.000 places est un bon point de départ pour faire escale, si la marée est suffisamment haute, à l'historique Paimpol, non loin au nord. Celui-ci reste malheureusement fermé à de nombreux bateaux lors de Nipptide, car il s'agit de naviguer à l'approche sur des terres qui s'assèchent jusqu'à sept mètres.
Même les autochtones naviguent ici avec beaucoup de prudence lorsque la marée monte, dans un chenal qui s'étend sur plus d'un mille marin. Lorsque l'on demande au bureau du port à quel point le point le plus bas est sec, la réponse est typiquement française et calme : "Normalement, pas de problème - deux heures avant ou après la marée haute". Mais que signifie "normalement" ? Et qu'en est-il du tirant d'eau ou de la nipptide ? Il s'agit ici de se fier à ses propres calculs et mesures et, en cas de doute, d'essayer lorsque la marée monte. Les propres mesures de -4,5 mètres à mi-chemin et de -5,5 mètres juste avant l'écluse sont maintenant au moins notées dans le journal de bord pour la prochaine visite. L'écluse de 60 mètres de long et 12 mètres de large, qui mène aux deux bassins protégés du port, est remplie de voiliers jusqu'au dernier mètre carré. Ici, rien ne perturbe les Français : "Pas de problème !"
On s'entraide, on discute un peu, jusqu'à ce que la récompense ne se fasse pas attendre derrière la porte de l'écluse ouverte : Le port historique de Paimpol, avec ses vieilles maisons traditionnelles en pierre et ses larges quais, témoigne des grands jours d'autrefois, quand c'était encore la Cité des Islandais, la ville de la pêche en Islande. D'innombrables bars, bistrots et restaurants étaient le lieu de rencontre des grands marins et pêcheurs bretons qui, chaque année à la fin du mois de janvier, remontaient loin jusqu'en Islande pour y pêcher la morue et les baleines pendant tout l'été. Chaque année, en août, la Fête des vieux gréements est l'occasion d'un rassemblement de voiliers classiques. Autrefois, la flotte de pêche de Paimpol comptait 80 goélettes avec 25 hommes d'équipage chacune. Certains ne sont jamais revenus. Entre 1852 et 1935, pas moins de 2.000 jeunes hommes et 83 marins sont restés au fond de la mer autour de l'Islande. L'histoire de leur dur métier est racontée par Pierre Loti dans son roman "Pêcheur d'Islande", qui traite de l'amour de la mer, d'une femme bretonne de Paimpol ainsi que d'un pêcheur d'Islande.

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