Rêve de vieTraverser l'Atlantique à deux - vive les Açores

Morten Strauch

 · 05.04.2026

L'Atlantique Nord se montre sous son plus beau jour. Naviguer ici et maintenant.
Photo : Morten Strauch
La deuxième étape de la traversée de l'Atlantique Nord commence par un changement de plan : au lieu de l'Algarve, ils visent une autre destination. Mais pour l'instant, ce sont les Açores qui attendent les deux navigateurs.

Sujets dans cet article

  • La première partie du voyage, au départ de la Floride vous trouverez ici.
  • La troisième et dernière partie du voyage avec l'arrivée suivra prochainement !

Lentement, à la lumière de sa lampe de poche, "Canard" s'avance à tâtons dans le port sombre de Lajes das Flores. Il n'y a pas âme qui vive, tout semble se passer lors de la fête populaire qui se déroule en haut de la petite ville. Entre deux bateaux, nous trouvons un espace bien ajusté sur le mur du quai, dans lequel nous nous engouffrons. La première sortie à terre après trois semaines en mer est une expérience bancale, et je dois faire attention à ne pas basculer du quai lors de l'amarrage. Après une rapide gorgée d'amarrage, nous nous précipitons nous aussi, ravis, en direction de la musique. Nous voulons faire la fête !

Flores : Arrivée aux Açores

Le lendemain, la première étape est le café : croissants, pastéis de nata et café au lait portugais enchantent le palais. Seule une petite île au milieu de l'océan peut dégager une telle paix. Mais il y a six ans, l'ouragan Lorenzo a balayé l'avant-poste le plus occidental d'Europe. Des vagues de vingt mètres de haut ont détruit une grande partie du port et l'ancienne jetée extérieure est toujours en ruines.

Juste devant notre bateau, un beau Hallberg-Rassy. Comme par hasard, deux connaissances en eau bleue de Timo sont en train de transférer ce bateau de Grenade en Espagne. Les garçons se sont rencontrés il y a un an et demi lors du carnaval de Trinidad. Leurs propres bateaux ont été vendus entre-temps, mais ils ne peuvent pas laisser passer l'occasion d'une nouvelle croisière longue durée payée. La joie des retrouvailles est grande et, comme par hasard, Carl fête son anniversaire le lendemain. Ensemble, nous nous replongeons dans la festa, pour laquelle une superstar de la ballade, Tony Carreira, est venue du continent pour mettre l'ambiance sur les îles.

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Jusqu'aux nuages

Après une fête bien arrosée, nous partons en auto-stop vers les cascades de la Ribeira do Ferreiro. Après quelques minutes d'ascension, la route traverse des nuages bas et les vues spectaculaires ne se laissent qu'entrevoir. Les seules touches de couleur dans la bouillie blanche et grise sont les hortensias bleus omniprésents au bord de la route. Depuis le parking, la montée de 20 minutes se fait par un sentier de pierre glissant à travers une végétation semblable à la jungle.

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Arrivé en haut, on est inévitablement submergé par une atmosphère magique, presque spirituelle. À nos pieds, la Lagoa dos Patos ("lagune des canards" en portugais), se dresse une immense paroi verte dont la crête rocheuse est noyée dans les nuages et d'où jaillissent une vingtaine de cascades. Nous savourons ce spectacle avec respect, accompagné d'une ambiance sonore composée de bruits d'eau et de chants d'oiseaux. Le temps semble s'être arrêté à cet endroit.

Un changement de plan impromptu

De retour à bord, mon frère me confronte à une question surprenante : "Que dirais-tu de naviguer directement vers Cuxhaven ?" Le plan initial était de déplacer le bateau jusqu'à Faro, sur la côte sud du Portugal, puis de rentrer en avion. Mais Timo a mûri la décision de vendre son fidèle "canard", et devant sa porte, c'est naturellement plus pratique.

De plus, ce serait une manière digne de conclure son tour de l'Atlantique. "Je trouve ça super, fais-le", est ma réponse spontanée. L'attrait de s'épargner le billet d'avion et de prolonger au passage l'aventure atlantique est grand. Seul problème : la distance restante double pour atteindre plus de 2200 miles nautiques et il ne reste qu'un peu plus de trois semaines avant que le travail et le quotidien ne mettent un terme à notre escapade. L'anticyclone des Açores porte bien son nom, il ne faut guère s'attendre à du vent dans les prochains jours.

Un arrêt à Faial s'impose

En d'autres termes, il faut : Nous devons partir. Dire au revoir aux amis voiliers, ravitailler et faire le plein. Le format du voyage change, passant d'une croisière de découverte à un convoyage avec le tic-tac de l'horloge sur le dos. Mais pas sans une escale à Horta, sur l'île de Faial. En effet, rien ne peut se faire sans un passage obligé au Peter Café Sport, le bar à voile le plus célèbre du monde.

Les 130 miles nautiques qui nous séparent de l'île principale des Açores sont marqués par une accalmie plombante, si bien que le vieux moteur Mercedes du Hanseat peine à se reposer. Malgré les ondes sonores, un banc de dauphins de plus de 30 individus vient nous rendre visite, tandis que dans la nuit, des micro-organismes phosphorescents et des méduses dessinent le cap dans le sillage.

Comme nous n'arrivons plus à joindre le capitaine du port de Horta par radio, nous cherchons notre chance le soir dans le port bondé. Nous trouvons effectivement une place exclusive sur le ponton - presque trop beau pour être vrai. Lors de la déclaration, on nous conseille toutefois de nous présenter à la capitainerie à huit heures du matin.

Échange de drapeaux au Peter Café Sport

Le Peter Café Sport est à la hauteur de sa réputation légendaire. L'ambiance y est très chaleureuse, au milieu des innombrables fanions et drapeaux des équipages qui y ont fait escale, et le personnel prend tout son temps pour répondre aux questions.

Bien sûr, nous voulons accrocher un fanion YACHT signé. Le serveur nous conduit directement chez le propriétaire "Peter" Azevedo et, dans un acte solennel, l'échange de drapeaux a lieu. Nous recevons en effet un drapeau bleu orné d'un cachalot blanc. Notre fanion peut à présent être épinglé au mur. Bernard Moitessier était là, tout comme Éric Tabarly ou Sir Francis Chichester.

Nous aussi, maintenant ! Cet honneur ne protège toutefois pas d'une réprimande du maître de port : "Vous auriez dû jeter l'ancre dans l'avant-port et déclarer votre arrivée au moyen d'une annexe. Je suis le seul à décider des places libres, et en plus il y a une liste d'attente !" Mais pitié pour le droit : en raison d'une petite fenêtre de vent, nous voulons repartir dès le lendemain et pouvons exceptionnellement rester à quai.

Un "canard" pour l'éternité

Avant le départ, malheureusement trop tôt, il y a encore une chose importante à faire : notre signature sur le mur du port. Chaque bateau qui a traversé l'Atlantique jusqu'à Horta peut y être immortalisé sous forme de dessin. Selon la superstition des insulaires, cela porte même malheur d'ignorer cette tradition.

Équipés de pinceaux, de peintures et d'une bombe aérosol, nous cherchons un endroit non peint sur le mur multicolore. Ce n'est pas si facile, car il ne faut pas endommager une autre œuvre. Dans les dernières lueurs du jour, Timo embellit un espace entre les œuvres d'un équipage hollandais et d'un équipage français avec un canard jaune qui couine. Avec nos noms, notre itinéraire et l'année. Pas de doute, SY "canard" a laissé des traces ici.

  • La première partie du voyage, au départ de la Floride vous trouverez ici.
  • La troisième et dernière partie du voyage avec l'arrivée suivra prochainement !
Morten Strauch

Morten Strauch

Rédacteur News & Panorama

Morten Strauch est né en 1977 à Schleswig, mais a grandi en grande partie à Lüneburg. Pour pouvoir participer à un camp de voile pour jeunes dans l'archipel de Stockholm, il s'est spécialement engagé chez les scouts. Il interrompt ses études de design en communication après un stage au magazine BOOTE ; suivent 13 années en tant que photographe et auteur indépendant pour BOOTE, BOOTE Exclusiv et YACHT. En 2019, Hanseyachts l'embauche pour servir d'attaché de presse et de directeur marketing. En toute logique, le premier bateau tant attendu sera un Hanse 291. Trois ans et demi plus tard, il retourne chez Delius Klasing, cette fois en tant que rédacteur pour YACHT dans la rubrique Panorama. Quand il n'est pas (aussi) sur l'eau à titre privé, on rencontre Morten en plongée sous-marine ou en train de ramasser des fossiles sur la côte.

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