GroenlandLe fjord de Sermilik, sur la côte est – de Kulusuk vers la banquise

Christian Tiedt

 · 12.07.2026

Groenland : le fjord de Sermilik, sur la côte est – de Kulusuk vers la banquisePhoto : Heinz Klausmann
À pas de tortue, le skipper Lionel manœuvre le « Varuna » à travers la glace. L'eau limpide permet de se rendre compte de la taille de ces blocs.
La côte est du Groenland, très peu peuplée, offre un vaste espace propice à la solitude et à des expériences uniques, notamment dans le fjord de Sermilik. Partie 1/2 : Arrivée et départ vers la glace.

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Texte : Heinz Klausmann

Nous sommes à la mi-août. Chez nous, la canicule fait perler la sueur sur le front et pousse les enfants vers la piscine en plein air. Nous devons nous habiller chaudement lorsque nous partons en exploration depuis l’hôtel Kulusuk, le seul établissement de la ville. Des nuages épais, un vent modéré, une température de 8 °C. « Tout va bien », répond Jakob, le directeur danois de l’hôtel, lorsqu’on l’interroge sur les ours polaires. La dernière observation remonte à l’été dernier, près de l’aéroport, où une ourse accompagnée de son petit a été aperçue.

Kulusuk : arrivée au Groenland oriental

On fait rapidement le tour de ce village de 195 habitants. C'est la deuxième plus grande localité de la côte est du Groenland, longue de 2 700 kilomètres. Des maisons en bois colorées, une crèche, une école, un dispensaire rudimentaire, un petit embarcadère. Des routes en gravier, empruntées en été par des quads, et en hiver par des motoneiges et des traîneaux à chiens.

Quelques enfants qui jouent et plusieurs chiens polaires enchaînés qui hurlent. Près de l'épicerie, un panneau annonce quatre jours de marché entre le 31 juillet et le 29 mai. L'ambiance est très calme ici. Idéal pour ralentir le rythme. L'acclimatation est terminée. Nous embarquons désormais sur le « Varuna ». La croisière commence.

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C'est l'embarquement à bord du « Varuna »

À bord, on parle français : « Mangez-vous tout ? », « Avez-vous des allergies ? » Luse veut tout savoir dans les moindres détails. C’est elle qui sera chargée de veiller à notre bien-être culinaire pendant notre voyage de dix jours dans l’archipel glacé de l’est du Groenland. Gianluca, un Tessinois originaire de Lugano, a déjà été invité à bord. Lors du cocktail de bienvenue, il ne tarit pas d’éloges sur l’excellente cuisine.

La première preuve ne tarde pas à arriver sur la table. Du cabillaud pêché par nos soins « à la brésilienne », un clin d’œil au pays natal de notre cuisinière. Pendant le repas, le capitaine Lionel présente Ronan, guide de montagne originaire de Grenoble, à notre groupe de cinq personnes. Il nous accompagnera lors des excursions quotidiennes dans les montagnes autour des lieux de mouillage.

À travers le fjord d'Ammassalik

« Vers le soleil », tel est le mot d’ordre au moment de partir pour Tiilerilaaq le lendemain matin. Des nuages sombres planent au-dessus de la côte. Le skipper explique que ses nombreuses années d’observation l’auraient incité, dans de telles conditions météorologiques, à se diriger vers la proximité de la calotte glaciaire, avec son microclimat stable.

En traversant le fjord d'Ammassalik, le soleil scintille au loin à travers la grisaille monotone. Avec ses deux espaces de repos situés sous de grandes fenêtres, le rouf offre un abri idéal lorsque la température extérieure avoisine les cinq degrés. En cas de léger vent contraire, le pilote automatique prend le relais à la barre lorsque le bateau navigue au moteur.

Tiilerilaaq : la première sortie

Les voiles restent baissées dans l'étroit détroit d'Ikaasattivaaq. Peu avant d'atteindre notre destination du jour, Tiilerilaaq, le ciel s'éclaircit. À bord du canot pneumatique, Lionel nous emmène, nous les passagers, à terre. Sa combinaison épaisse en néoprène, dotée de bottes en caoutchouc intégrées, fait forte impression. Indispensable pour survivre lorsque la température de l'eau est de 3 °C.

Bien équipés, nous partons en exploration. Ronan porte son fusil de gros calibre à portée de main, fixé sur son sac à dos. Après plusieurs rencontres avec des ours polaires, il reste toujours sur ses gardes. Le groupe reste toujours groupé. Quelques enfants jouent dans la lumière chaude du soleil de l'après-midi tandis que nous traversons le village et sa poignée de maisons.

Les premiers icebergs en vue !

Sur une butte située derrière l'héliport, le spectacle s'offre enfin à nos yeux : des icebergs. Des monstres blancs aux formes et tailles les plus variées recouvrent les eaux bleu foncé du fjord de Sermilik. Impressionnant. On a du mal à imaginer comment le « Varuna » pourrait se frayer un chemin entre ces monuments de glace.

Plus haut, depuis les hauteurs rocheuses, le regard porte vers la baie isolée où nous avons jeté l'ancre et vers notre demeure flottante. Sur les rives d’un lac de montagne aux eaux cristallines poussent de nombreuses plantes. L’oseille cueillie ici viendra agrémenter notre dîner. L’eau recueillie dans des gourdes est également destinée à Luse. Vivre en harmonie avec la nature.

Sur le fjord de Sermilik

Sous un soleil radieux, nous nous approchons le lendemain matin des blocs de glace flottants. Ils nous apparaissent dans de fascinantes nuances de bleu et de blanc. Gianluca est tout excité. Ce photographe naturaliste passionné parcourt l'Arctique depuis des décennies. Armé d'un objectif à longue focale, il est à l'affût de formations étranges. « Trop de soleil pour des clichés nets », se plaint-il. Son heure viendra. Ariela et Suzann profitent quant à elles de cette lumière éblouissante.

Le skipper Lionel a fort à faire. Il passe sans cesse de la barre de bâbord à celle de tribord, et vice-versa. Il faut éviter les glaces qui, sous la surface, s’étendent parfois très loin. Les chocs causés par de petits morceaux de glace secouent parfois la coque. Mais cela n’affecte guère ce navire de 40 tonnes. Par temps calme, il glisse lentement en slalom à travers ce paysage glacé qui semble s’étendre à l’infini.


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Christian Tiedt

Christian Tiedt

Editor Travel

Christian Tiedt was born in Hamburg in 1975, but grew up in the northern suburbs of the city - except for numerous visits to the harbor, North Sea and Baltic Sea, but without direct access to water sports for a long time. His first adventures then took place on dry land: With the classics from Chichester, Slocum and Co. After completing his vocational training, his studies finally gave him the opportunity (in terms of time) to get active on the water - and to obtain the relevant licenses. First with cruising and then, when he joined BOOTE in 2004, with motorboats of all kinds. In the meantime, Christian has been able to get to know almost all of Europe (and some more distant destinations) on his own keel and prefers to share his adventures and experiences as head of the travel department for YACHT and BOOTE in cruise reports.

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