L'envasement du plan d'eau de Basse-Saxe se poursuit. C'est ce que confirment les dernières mesures effectuées par l'association pour la préservation du lac Steinhuder Meer (VESM) : selon ces données, le fond du lac recèle désormais entre 15 et 16 millions de mètres cubes de boue. Lors de la dernière mesure comparable, réalisée en 2019, ce volume s'élevait à 14,4 millions de mètres cubes. La quantité de vase aurait donc augmenté d'environ 1 à 1,5 million de mètres cubes en l'espace de sept ans.
Les mesures ont été effectuées de fin mars à début juillet 2026. Selon les informations fournies par l'association, près de 1 000 kilomètres de parcours ont été relevés à l'aide d'un échosondeur et d'un GPS, grâce à environ 1 000 heures de travail bénévole. Plus de 1 100 sondages de contrôle supplémentaires, effectués manuellement, ont été réalisés afin de valider les résultats. Plus de 90 % de ces mesures de contrôle auraient confirmé les données de l'échosondeur. Le cabinet SPE Dredging Solution GmbH, qui avait déjà réalisé la dernière mesure en 2019, a fourni l’équipement de mesure (le même qu’à l’époque) et a analysé les résultats de la même manière qu’il y a sept ans afin de garantir une comparabilité directe. Selon la VESM, le résultat est sans équivoque : « Les opérations de dragage de ces dernières années ont clairement été insuffisantes. Les problèmes d'utilisation s'en sont trouvés aggravés. »
Parallèlement, les autorités compétentes ont, dans le cadre de du nouveau plan de développement du lac Une nouvelle mesure de profondeur a également été effectuée. Les résultats sont globalement similaires : dans de vastes zones, « l'épaisseur de la couche de boue » aurait augmenté. Parallèlement, on a également constaté des zones où la quantité de sédiments était moindre. La structure des chenaux plus profonds, appelés « Deipen », serait restée largement inchangée.
Mais c'est en examinant le bilan annuel que le véritable problème apparaît clairement. Selon les données fournies par le Land, on estime qu'entre 52 000 et 64 000 mètres cubes de nouvelles boues se forment actuellement chaque année dans le Steinhuder Meer. Or, depuis 1980, seuls 30 000 à 40 000 mètres cubes en moyenne ont été retirés chaque année. L’augmentation constatée aujourd’hui n’est donc pas surprenante. Le nouveau plan de développement du lac II prévoit donc de prendre des mesures plus énergiques à l’avenir. Le dragage devra désormais s’aligner sur la formation effective de nouvelles boues et être effectué de manière ciblée là où les sédiments entravent particulièrement l’utilisation et l’entretien du lac. Cela signifie toutefois, dans un premier temps, que l’objectif est simplement de compenser la formation annuelle de nouvelles boues. Le mont de boues existant, qui peut atteindre 16 millions de mètres cubes, ne diminuerait pas pour autant.
Mais la région ne mise pas uniquement sur le dragage. Selon les calculs du plan de développement du lac, les apports en nutriments constituent une part importante du problème. Environ 2 000 kilogrammes de phosphore se déversent actuellement chaque année dans le lac. L'objectif est de ramener ce chiffre à environ 520 kilogrammes seulement. Pour y parvenir, différentes mesures sont prévues au niveau des affluents. La logique sous-jacente est la suivante : à long terme, une réduction des nutriments devrait également freiner la formation de nouvelles boues. Pour la VESM, cela ne va pas assez loin. Au vu des nouvelles valeurs mesurées, l’association réclame un dragage nettement plus intensif et des solutions supplémentaires pour le stockage des déblais de dragage.
Les boues extraites doivent être acheminées vers le bassin versant de la mer afin de permettre leur rejet dans la mer. Toutefois, selon la VESM, un agrandissement du polder de Kolkdobben ne suffirait pas. C'est pourquoi, dès l'année dernière, l'association a proposé une zone située dans le Toten Moor. Une grande partie de cette zone aurait déjà été pré-asséchée et ferait actuellement l'objet d'une exploitation de tourbe. Selon l’association, on pourrait commencer par une petite surface qui serait remplie de boue jusqu’à environ un mètre de profondeur. Après quelques années de croissance végétale, des mousses de tourbière pourraient s’y implanter. L’association en est convaincue : ce n’est qu’avec un dragage annuel nettement plus important que la mer pourra être sauvée pour les générations futures.
Le lac de Steinhude ne deviendra sans doute pas impraticable du jour au lendemain. Les autorités soulignent que la structure des principales digues a été largement préservée. Cette évolution reste néanmoins importante pour la voile. Le lac de Steinhude est de toute façon extrêmement peu profond. C’est pourquoi même des variations relativement faibles de la profondeur de l’eau peuvent déterminer quelles zones restent navigables en toute sécurité avec un voilier à quille et si, par exemple, des régates sont possibles. Ernst Greten, président de l’association pour la préservation du lac de Steinhude (VESM) : « Si cela continue ainsi, nous ne pourrons plus organiser de régates équitables ici. Ce serait une catastrophe pour la voile dans la région. »
Le nouveau plan de développement du lac tient également expressément compte des sports nautiques. L'objectif est de préserver le Steinhuder Meer à la fois en tant qu'espace naturel précieux et en tant que plan d'eau exploitable. Il reste à voir si la combinaison prévue de dragage et de mesures contre les apports de nutriments sera suffisante à cet effet.

Rédacteur voyage