Vendée GobeLe peloton se désagrège

Andreas Fritsch

 · 13.12.2012

Vendée Gobe : Le peloton se désagrègePhoto : F. Gabart
La Macif et la Banque Populaire ont navigué hier à vue
"Banque Populaire" et "Macif" s'éloignent. Des petits groupes se forment et naviguent dans des systèmes météorologiques différents.

Pour le duo de tête François Gabart et Armel Le Cléac'h, leur échange de coups à des vitesses record de ces derniers jours se traduit maintenant par une belle avance. Ils sont les seuls à avoir attrapé le bord de la grande dépression sous l'Australie, qui leur donne un bon vent et de la vitesse et leur permet de s'éloigner à pas de géant. En troisième position, Jean-Pierre Dick ("Virbac Paprec 3") a manqué la jonction d'un cheveu, Alex Thomson ("Hugo Boss") et Bernard Stamm ont dû faire un énorme détour pour contourner l'anticyclone qui les précédait.

La conséquence est évidemment toxique pour le suspense de la course : Gabart et Le Cléac'h ont désormais presque 280 milles de retard sur Jean-Pierre Dick, Thomson et Stamm sont déjà à environ 500 milles. Et il est à prévoir que l'écart se creusera encore nettement dans les prochains jours - une phase de la course très critique pour les poursuivants. La "bande des vieux", Jean Le Cam ("Synerciel"), Mike Golding ("Gamesa") et Dominique Wavre ("Mirabaud"), est encore plus mal en point : avec plus de 1300 milles de retard et trois systèmes météo entre eux et la tête de course, ils ne peuvent en fait revenir à portée de main que par une chance météorologique extrême ou des problèmes techniques des leaders.

  Le point sur la course de ce matin.  On voit bien que les leaders se détachent avec la grande dépressionPhoto : F. Gabart Le point sur la course de ce matin. On voit bien que les leaders se détachent avec la grande dépression

Une petite indiscrétion du grand maître vendéen Michel Desjoyeaux a été intéressante hier. Lors d'un entretien avec l'organisateur, il a révélé ce qui rend apparemment le "Macif" de François Gabart un peu plus rapide que "Banque Populaire" - du moins dans certaines conditions : un "blast reacher", une voile d'avant qui est utilisée dans des conditions de vent extrêmement fortes, de l'ordre de 35 à 40 nœuds et avec un angle d'incidence de 120 degrés, et qui permet surtout de garder le bateau très calme et équilibré. Gabart avait raconté lors d'une émission en direct pendant le Paris Boat Show que son record de 24 heures dans de telles conditions était en fait une navigation plutôt reposante. "J'étais assis sous le pont et le pilote automatique faisait tout le travail. J'ai enfin beaucoup dormi !", a-t-il raconté à un public visiblement interloqué.

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Andreas Fritsch

Andreas Fritsch

Rédacteur Voyage

Andreas Fritsch est né en 1968 à Buxtehude et navigue depuis son enfance sur l'Elbe, puis sur la Baltique, d'abord en dériveur, puis sur ses propres quillards. Après des études de sciences politiques, de littérature allemande et d'histoire à Münster, il a commencé à travailler comme journaliste et a rejoint la rédaction de YACHT en 1997. Depuis 2001, il se concentre sur les thèmes du voyage et du charter, ce qui l'amène à naviguer dans presque toutes les zones de navigation du monde et à affréter régulièrement des bateaux, surtout en Méditerranée, où sa zone de prédilection est la Grèce. Il a écrit deux guides de navigation pour la Méditerranée (Guide de la mer Ionienne et Guide de la côte turque). Outre les voyages, il est fan de la scène Open 60 et Maxi Tri et écrit régulièrement sur ces sujets dans YACHT. Depuis quelques années, il navigue sur la mer Baltique avec un classique en fibre de verre de type Grinde.

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