Dimanche soir, Alex Thomson n'avait plus que 67 milles de retard sur Armel Le Cléac'h, le leader vendéen. Le Britannique, avec 19 nœuds, a pourtant navigué nettement plus vite que le Breton sur "Banque Populaire VIII", avec 13 nœuds. Grâce à son imposant sprint intermédiaire, le skipper de "Hugo Boss" a réduit de moitié son retard sur Le Cléac'h, deux fois deuxième de la Vendée, en l'espace de 24 heures. Parallèlement, un duel pour la troisième place s'est développé derrière les deux bateaux de tête, puisque Jérémie Beyou et son "Maitre Coq" n'avaient plus qu'une bonne centaine de milles de retard sur le troisième, Paul Meilhat, sur "SMA", à la fin de la journée. Pour les deux poursuivants, le troisième dimanche de l'Avent et le 35e jour de mer marquaient la mi-temps de leur course autour du monde.
Une dépression avait contraint Armel Le Cléac'h à empanner et à changer de cap pour se diriger vers le nord-est. Lors de ce retour sur le parcours suivi par Alex Thomson, le Français a perdu une partie de son avance durement acquise. Pour Thomson, ce n'était toutefois pas une raison de se réjouir. Après deux jours brutaux dans la mer de Tasman et l'océan Pacifique, l'Anglais ne voit aucune raison de se réjouir prématurément : "Nous allons devoir attendre et voir comment la situation se présente après le passage de cette deuxième dépression. Armel navigue un peu plus à l'est que moi. Il devrait donc pouvoir passer cette dépression plus rapidement que moi. Mais ensuite, comme moi, il sera bloqué au milieu par des vents légers. Le moment où nous en sortirons dépendra de l'angle du vent. Je pense que l'endroit où nous sommes actuellement n'est pas pertinent. Nous devons regarder vers l'avant".
La vidéo est intitulée "Jour 36", mais celui-ci ne fait que commencer. Un résumé de la Vendée au début de la cinquième semaine en mer
A plus de 1300 milles nautiques des leaders, Paul Meilhat et Jérémie Beyou ont célébré leur fête de la montagne à une centaine de milles de distance, tandis que Jean-Pierre Dick ("St. Michel-Virbac") et Jean Le Cam ("Finistère Mer Vent") ont passé le cap Leeuwin. Etonnant : bien qu'il n'ait atteint le cap Leeuwin qu'en huitième position, Le Cam, avec un temps de navigation de 34 jours, 7 heures et 8 minutes jusqu'à ce moment-là, était tout de même trois heures plus rapide que le dernier vainqueur vendéen hors pair, François Gabart.
Les plus beaux mots de ce dimanche de l'Avent sont venus d'Alex Roura, 16e avec "La Fabrique" : "Je suis au septième ciel ! Je navigue au milieu d'un groupe de marins talentueux, et ça se passe vraiment bien ! L'océan Indien est un peu dur, un peu fougueux, et tu dois apprendre à le comprendre et à jouer avec lui. C'est ce à quoi je m'attendais. À bord, rien n'a changé. C'est toujours comme au départ, et c'est l'objectif que je me suis fixé. Il y a plusieurs courses dans cette course : Entre les leaders, les anciens contre les jeunes. C'est incroyable ! Les skippers choisissent des options stratégiques différentes. Tout cela donne une course insaisissable".

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