Seul ex-vendéen du peloton, le petit Breton aux cheveux gris et aux lunettes d'intellectuel montre qu'il porte bien le surnom que lui avait donné Jean Le Cam lors de l'édition 2004, quand Riou l'avait lancé comme un terrier à l'autre bout du monde, avant de le dépasser juste avant l'arrivée dans l'Atlantique.
C'est exactement de cette manière que Riou et son bateau orange sont revenus sur le leader Armel Le Cléac'h, qui semblait dominer le peloton de la sorte. Riou a saisi sa chance dans les vents légers de ces derniers jours, qui ont avantagé son "PRB" léger comme une plume. Banque Populaire VIII" avec ses foils traîne plus de surface mouillée dans l'eau, car les coques des foilers sont plus volumineuses à l'avant et les dérives plus longues freinent par vent faible. L'avance de 30 milles sur Le Cléac'h s'est ainsi transformée en trois milles à quatre heures ce matin. Riou envisage toutefois les prochains jours avec inquiétude : "C'est maintenant que les conditions des foilers arrivent avec des alizés autour de 20 nœuds".
Le Britannique Alex Thomson, qui navigue avec une bonne dose de colère dans le ventre, l'espère aussi ardemment. Il s'en veut d'avoir laissé filer son avance en donnant un coup extrême à l'est et d'avoir accumulé un retard de près de 65 milles nautiques. "C'était une énorme erreur", a-t-il déclaré hier dans la vidéo.
Mais depuis hier, il rapproche à nouveau son "Hugo Boss" de "Banque Populaire VIII" avec les meilleures vitesses de tous les bateaux, alors qu'il avait encore 56 milles de retard lors de la dernière mise à jour. Il ne reste plus qu'à espérer qu'il ne surchargera pas son bateau si tôt dans la course.
Le grand groupe de poursuivants à l'ouest, composé du "Maitre Coq" de Jérémie Beyou, du "Safran" de Morgan Lagravière, du "SMA" de Paul Meilhat et du "Edmond de Rothschild" de Sébastien Josse, continue de naviguer ensemble. Moins de 6 milles séparent le groupe. Mais entre-temps, leur retard sur la tête de course a déjà augmenté de 45 milles. La performance de Sébastien Josse, issu de la grande équipe "Gitana", qui aurait dû lui offrir un bateau de pointe avec des moyens financiers presque illimités, est un peu décevante.
Le plus grand perdant de ces premiers jours est sans conteste Jean-Pierre Dick et son "St. Michel-Virbac". Autrefois dans le trio de tête, il a lui aussi payé le prix fort pour avoir tenté de trouver plus de vent à l'est de Portuagl. Mais il a perdu 144 milles avec des vitesses parfois basses.
Depuis hier, le peloton est également à nouveau complet : L'Espagnol Didac Costa a repris le départ après avoir dû rentrer à cause d'une fuite.

Rédacteur Voyage