Une puissante dépression se développe actuellement à environ 900 miles nautiques au sud de Recife et se déplacera bientôt vers le sud-est. Son bord nord est balayé par de puissants vents de nord à nord-ouest, idéaux pour une traversée rapide vers le Cap de Bonne Espérance. Tous les skippers espèrent maintenant pouvoir naviguer dans cette dépression et saisir avec elle une transition idéale et rapide vers l'Océan Austral. Si cela se produit, les gourous de la météo de la direction de course prédisent un passage extrêmement rapide vers le cap, qui serait alors probablement atteint samedi, soit deux bons jours en dessous du record existant du passage le plus rapide.
En cours de route, une séparation très excitante se dessine : Alex Thomson, en tête de près de 50 milles, opère un virage plus à l'ouest, probablement dans le but d'obtenir des angles de vent idéaux pour une vitesse de bateau élevée. Armel Le Cléac'h suit une trajectoire similaire, tandis que Sébastien Josse ("Edmond de Rothschild") et Vincent Riou ("PRB") naviguent plus à l'est et ont orienté leur étrave directement vers le sud. Comme Thomson et Le Cléac'h naviguent près de 12 à 15 degrés plus bas, leur VMG est similaire, voire légèrement inférieur par endroits, à celui des deux bateaux occidentaux. Si la variante est de Josse et Riou fonctionne, ils pourraient rattraper quelques dizaines de milles sur "Hugo Boss" et "Banque Populaire VIII". Peut-être que les deux poursuivants interprètent différemment la trajectoire de la dépression, mais il se peut aussi très bien qu'ils doivent saisir l'opportunité d'un "raccourci", car ils ne peuvent apparemment pas tous les deux suivre la vitesse de "Banque Populaire VIII" et "Hugo Boss".
La trajectoire plus à l'est de Josse est aussi la raison pour laquelle il a officiellement pris la deuxième place aujourd'hui, car le classement se mesure tout simplement en fonction de la distance la plus courte jusqu'au prochain waypoint, le Cap de Bonne Espérance. La question décisive est toutefois de savoir qui peut sauter sur la dépression et où. Alex Thomson doit encore parcourir près de 750 milles pour attraper la dépression, et ses poursuivants un peu plus. Avec des vitesses de 17 à 20 nœuds, cela devrait être possible. S'ils y parviennent, celui qui profitera le plus sera celui qui aura le meilleur angle d'incidence du vent pour mettre le cap au sud-est.
La manière dont Vincent Riou navigue est également remarquable à ce stade de la course. Il n'a pas commis la moindre erreur tactique jusqu'à présent et tient extrêmement bien la route avec son "PRB" non foil. Ce n'est que dans une zone où le vent est plus fort et où les trajectoires sont rugueuses que les foilers peuvent lui prendre des milles. Dès que le vent faiblit ou que l'angle d'incidence du vent n'est pas idéal pour les foils, il peut toujours gagner des milles. S'il parvient à rester dans le sillage des leaders, il pourra peut-être rebondir plus tard sur le chemin du retour dans l'Atlantique, au vent et par vent faible.
Résumé vidéo du passage de l'équateur par Vendée TV
A moins de 30 milles derrière lui, Paul Meilhat fait un aussi bon travail sur son "SMA", le dernier bateau vainqueur de François Gabart ("Macif"). Il est encadré par l'équipe de Michel Desjoyeaux - et visiblement, on a encore trouvé quelques astuces pour rendre le deuxième non-foiler du groupe de tête nettement plus rapide, selon une méthode qui a fait ses preuves. En effet, il parvient même à maintenir à distance le tout nouveau foiler de Morgan Lagravière ("Safran").
Derrière, l'écart dépasse rapidement les 100 milles avant de laisser place à l'avant-dernière génération de non-foilers, menée par Yann Eliès, qui a entre-temps placé son "Queguiner Leucémie", l'ex "Safran", à près de 150 milles devant le "Finistere mer vent" de Jean Le Cam. Le peloton est de toute façon extrêmement dispersé à un stade aussi précoce de la course. Près de 1500 milles marins séparent le dernier du peloton et environ 700 du milieu. On n'a jamais vu un tel écart.

Rédacteur Voyage