Il n'y a qu'en France que cela arrive : des centaines de milliers de fans célèbrent un lundi après-midi tout à fait ordinaire aux Sables d'Olonne une personne classée quatrième. Mais la journée n'était pas si ordinaire que cela, car leur héros du Vendée Globe, Jean-Pierre Dick, avait auparavant réalisé un petit miracle de navigation : sur un total de 27.734 milles nautiques dans la course autour du monde, le Breton a parcouru une nouvelle "distance record" de 2.650 milles sans quille ! Avec un temps total de 86 jours, trois heures, trois minutes et 40 secondes, le "Virbac Paprec 3" de Dick se classe quatrième. Sa vitesse moyenne lors de cette course autour du globe, marquée au final par des problèmes de matériel, était de 13,4 nœuds.
Avant sa troisième participation au Vendée Globe, Jean-Pierre Dick avait déjà remporté deux fois la course en double Barcelona World Race, et même trois fois la Transat Jacques Vabre. Avant le départ de la septième édition vendéenne, l'homme de 47 ans faisait partie des favoris. Mais une rupture de l'étai, divers petits problèmes et finalement la perte lourde de conséquences de la quille en forme de bombe ont eu raison de l'homme surnommé "Gentleman Skipper" et lui ont coûté la place qu'il visait sur le podium. "Après la perte de la quille, l'épreuve la plus difficile pour moi a été d'arbitrer en permanence entre la vitesse optimale de la voile et ma sécurité. C'était très dur psychologiquement".
Pendant près de deux semaines, Dick a navigué et vécu sur le fil du rasoir après la perte de sa quille, maîtrisant son bateau de type Imoca Open 60 comme un gigantesque dériveur de haute mer. Pendant 48 heures, le week-end dernier, il s'est mis à l'abri au large des côtes du nord de l'Espagne, se cachant des vents trop violents pour un bateau sans quille. Ce n'est que dimanche que JP Dick, élu navigateur de l'année en France en 2011, a remis les voiles, risqué le dernier coup à travers le golfe de Gascogne encore agité jusqu'à la ligne d'arrivée, puis n'a plus cessé de sourire malgré une grande fatigue. "Aujourd'hui, c'est certainement l'un des jours les plus heureux de ma vie".
Lors des premières interviews, Jean-Pierre Dick n'a pas pu répondre à la question de savoir s'il souhaitait participer à une quatrième édition de la Vendée. "Il faut pour cela apporter un grand désir. Mais peut-être que je le ferai encore une fois". Cette déclaration prudente a déjà incité ses fans à s'enthousiasmer davantage sous une pluie battante. Malgré les circonstances les plus défavorables, Dick a pu s'améliorer en vue de sa sixième place lors de la dernière édition de la Vendée. Lors de sa première édition en 2008/2009, il n'avait pas encore atteint l'arrivée après une collision avec un objet inconnu ("OVNI") et avait déjà dû abandonner en Nouvelle-Zélande.
En même temps que les célébrations aux Sables d'Olonne, le duel entre le Britannique Mike Golding et le Français Jean Le Cam s'est intensifié sur le parcours. Le "Gamesa" de Golding et le "CynerCiel" de Le Cam n'étaient plus séparés que de neuf milles nautiques dimanche après-midi. La lutte entre les deux "Silver Ager" sur les quelque 600 milles restants devrait continuer à tenir les fans en haleine dans les jours à venir. En revanche, l'alerte a été levée dès le début de la matinée après le chavirage de Javier "Bubi" Sanso. L'Espagnol a pu être extrait de son radeau de survie et a été transporté sain et sauf dans une base militaire sur l'île de Terceira, aux Açores.
L'"Acciona 100 % EcoPowered" de Javier Sanso après avoir chaviré. Le skipper peut être hélitreuillé depuis le radeau de sauvetage.

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