Riou se trouvait sous le pont à la table à cartes au moment de la collision et s'est précipité vers le haut immédiatement après l'impact. Il pouvait encore voir que "PRB" avait navigué sur le côté tribord contre un tonneau métallique flottant. La coque est déchirée et délaminée sur environ un mètre de long. L'endroit se situe à environ trois mètres derrière la pointe de l'étrave. Le Français veut examiner l'endroit à la lumière du jour et décider avec son équipe si une réparation est possible. Les conditions seraient acceptables pour cela, par beau temps et avec un vent de 12 à 15 nœuds. Riou a également immédiatement informé le Race Office de Vendée et a communiqué la position de la collision afin que les autres concurrents puissent être avertis.
Après une première inspection des dégâts, Riou veut tenter une réparation : "Ce ne sera pas facile, car je n'ai nulle part où m'abriter sous terre, mais c'est faisable. Ce n'est que lorsque je serai sûr que la réparation est suffisamment bonne pour que le bateau puisse naviguer dans l'océan Austral que je continuerai".
Au moment de la collision, Riou était troisième, à seulement 75 milles du leader Armel Le Cléac'h ("Banque Populaire") et naviguait à environ 10 à 12 nœuds. S'il ne parvient pas à réparer l'avarie, il s'agira du septième abandon de la course et du deuxième des principaux favoris à ne pas pouvoir continuer à naviguer, après le skipper de "Safran" Marc Guillemot.
En tête, le trio français composé d'Armel Le Cléac'h, François Gabart ("Macif") et Jean-Pierre Dick ("Paprec-Virbac 3") a pris un peu d'avance sur le peloton, après que le Suisse Bernard Stamm a lui aussi signalé des problèmes à bord hier. Son génois s'étant déchiré dans le Pot au Noir, il est actuellement privé de la voile d'avant, pourtant essentielle pour naviguer par vent arrière. A cela se sont ajoutés des problèmes avec le pilote automatique, qu'il a apparemment pu résoudre. Il a été contraint de prendre un cap plus à l'est et a perdu de précieux milles sur le trio de tête.
Le Britannique Alex Thomson, qui avait d'abord étonnamment bien suivi le groupe de tête, a lui aussi perdu du terrain. Mais avec 140 miles, son retard s'est nettement creusé, notamment parce qu'il était occupé à réparer son hydrogénérateur défectueux. Ce composant très important pour l'alimentation en énergie avait été endommagé à l'arrière il y a quelques jours. C'est la deuxième fois que Thomson répare une barre transversale de gouvernail cassée.
L'écart se creuse également avec le groupe de poursuivants suivant, composé du Britannique Mike Golding ("Gamesa"), du Français Jean Le Cam ("Synerciel") et du Suisse Dominique Wavre ("Mirabaud"). Leur retard est déjà de plus de 300 milles. Une distance critique qui permet aux leaders de se heurter à un tout autre système météorologique dans les Roaring Forties. Pour le classement actuel, voir ici.

Rédacteur Voyage