Vendée GlobeLa corde raide atlantique de Dick

Tatjana Pokorny

 · 30.01.2013

Vendée Globe : la corde raide atlantique de DickPhoto : J.-M. Liot/DPPI/Vendée
"Le skipper de Virbac Paprec 3, Jean-Pierre Dick, se bat pour avoir une chance de terminer le Vendée Globe.
Kiellos devant San Ciprian : le navigateur solitaire Jean-Pierre Dick attend dans la cache de la tempête au nord de l'Espagne sa chance de pouvoir terminer la course.

Jean-Pierre Dick n'abandonne pas. Le navigateur français en solitaire - en état d'urgence depuis une semaine et plus de 2000 milles nautiques après la perte de sa quille au sud des Açores - attend une météo plus clémente dans la baie de San Ciprian, sur la côte nord de l'Espagne. Ce n'est que ce week-end que Dick compte s'aventurer dans le golfe de Gascogne, qui avait déjà mis Alex Thomson à rude épreuve lors de son sprint final, avec des vents tempétueux atteignant 50 nœuds, avant que le Britannique ne s'assure la troisième place du podium.

  Jean-Pierre Dick aimerait maintenant voler vers son but comme un albatros.Photo : Y. Zedda / Virbac-Paprec Sailng Team Jean-Pierre Dick aimerait maintenant voler vers son but comme un albatros.

Pour Dick, il ne s'agit plus d'obtenir un résultat dans le trio de tête - son plus grand défi est même de terminer la course. L'homme de 47 ans, que l'on surnomme en France le "gentleman marin", a déclaré : "Je veux terminer cette course et pouvoir regarder en arrière sur une aventure. Je voulais porter le maillot jaune, mais j'ai obtenu celui avec les points du meilleur grimpeur. Je voulais profiter des surfs et je dois à la place faire cette ascension stressante. Mon objectif est de terminer le Vendée Globe. Quel plaisir ce sera de croiser cette ligne" !

Jean-Pierre Dick doit dompter son "Virbac Paprec 3", long de 18,28 mètres et large de 5,70, comme un dériveur, avec ce qu'il lui reste de quille en acier, mais sans la bombe de plusieurs tonnes qu'il a perdue. Le risque de chavirer pour le sans-quille est élevé. Comme des vents très violents sont encore prévus aujourd'hui et vendredi dans le golfe de Gascogne, avant que le vent et les vagues ne diminuent un peu le 2 février, Dick ne veut pas relever les défis dans le fameux golfe Atlantique entre la Galice et la Bretagne avant le week-end.

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  A ce moment-là, il naviguait encore avec une bombe de quille : Jean-Pierre Dick et son "Virbac Paprec 3".Photo : Jean Marie Liot/DPPI/Vendée Globe A ce moment-là, il naviguait encore avec une bombe de quille : Jean-Pierre Dick et son "Virbac Paprec 3".

Une fois la décision prise de poursuivre sa route, il doit se dépêcher car la prochaine tempête le guette déjà. Il reste environ 290 milles à parcourir pour cet homme de Larmor-Plage, en Bretagne, très apprécié dans le milieu de la navigation en solitaire et plein d'humour. Ce seront des milles longs et angoissants.

L'avenir dira si le plan de secours de Jean-Pierre Dick lui permettra de conserver sa quatrième place ou si ses poursuivants les plus proches, Jean Le Cam et Mike Golding, parviendront à le rattraper. Jeudi matin, le "SynerCiel" de Le Cam naviguait à près de 16 nœuds et le "Gamesa" de Golding à 14 nœuds vers l'arrivée. Jeudi matin, le duo avait encore environ 1300 milles de retard sur Jean-Pierre Dick et 1600 milles à parcourir jusqu'à l'arrivée. Il pourrait donc y avoir encore beaucoup de suspense et peut-être même une lutte inégale à trois pour la quatrième place avec de meilleures chances pour les poursuivants.

Tatjana Pokorny

Tatjana Pokorny

Reporter sport

Tatjana « tati » Pokorny est l'auteur de neuf livres. Reporter pour le premier magazine de voile européen YACHT, elle travaille également comme correspondante pour la Deutsche Presse-Agentur (DPA), le Hamburger Abendblatt et d'autres médias nationaux et internationaux. En été 2024, Tatjana couvrira depuis Marseille ses neuvièmes Jeux olympiques consécutifs. Les thèmes principaux sont en outre, depuis 1992, l'America's Cup, depuis 1993 l'Ocean Race, le Vendée Globe et d'autres régates nationales et internationales ainsi que leurs protagonistes. Discipline préférée : les portraits et les interviews de personnalités de la voile. Lorsqu'elle a débuté dans le journalisme sportif, elle s'occupait encore intensivement de basket-ball et d'autres sports, mais la voile est rapidement devenue son domaine de prédilection. La raison ? Cette optimiste déclarée déclare : « Aucun sport ne ressemble à celui-ci, aucun n'est animé par des personnalités aussi intéressantes et intelligentes, aucun n'est aussi polyvalent, aucun n'est aussi plein d'énergie, de force et d'idées. La voile est comme une déclaration d'amour à la vie sans cesse renouvelée".

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