Jean-Pierre Dick n'abandonne pas. Le navigateur français en solitaire - en état d'urgence depuis une semaine et plus de 2000 milles nautiques après la perte de sa quille au sud des Açores - attend une météo plus clémente dans la baie de San Ciprian, sur la côte nord de l'Espagne. Ce n'est que ce week-end que Dick compte s'aventurer dans le golfe de Gascogne, qui avait déjà mis Alex Thomson à rude épreuve lors de son sprint final, avec des vents tempétueux atteignant 50 nœuds, avant que le Britannique ne s'assure la troisième place du podium.
Pour Dick, il ne s'agit plus d'obtenir un résultat dans le trio de tête - son plus grand défi est même de terminer la course. L'homme de 47 ans, que l'on surnomme en France le "gentleman marin", a déclaré : "Je veux terminer cette course et pouvoir regarder en arrière sur une aventure. Je voulais porter le maillot jaune, mais j'ai obtenu celui avec les points du meilleur grimpeur. Je voulais profiter des surfs et je dois à la place faire cette ascension stressante. Mon objectif est de terminer le Vendée Globe. Quel plaisir ce sera de croiser cette ligne" !
Jean-Pierre Dick doit dompter son "Virbac Paprec 3", long de 18,28 mètres et large de 5,70, comme un dériveur, avec ce qu'il lui reste de quille en acier, mais sans la bombe de plusieurs tonnes qu'il a perdue. Le risque de chavirer pour le sans-quille est élevé. Comme des vents très violents sont encore prévus aujourd'hui et vendredi dans le golfe de Gascogne, avant que le vent et les vagues ne diminuent un peu le 2 février, Dick ne veut pas relever les défis dans le fameux golfe Atlantique entre la Galice et la Bretagne avant le week-end.
Une fois la décision prise de poursuivre sa route, il doit se dépêcher car la prochaine tempête le guette déjà. Il reste environ 290 milles à parcourir pour cet homme de Larmor-Plage, en Bretagne, très apprécié dans le milieu de la navigation en solitaire et plein d'humour. Ce seront des milles longs et angoissants.
L'avenir dira si le plan de secours de Jean-Pierre Dick lui permettra de conserver sa quatrième place ou si ses poursuivants les plus proches, Jean Le Cam et Mike Golding, parviendront à le rattraper. Jeudi matin, le "SynerCiel" de Le Cam naviguait à près de 16 nœuds et le "Gamesa" de Golding à 14 nœuds vers l'arrivée. Jeudi matin, le duo avait encore environ 1300 milles de retard sur Jean-Pierre Dick et 1600 milles à parcourir jusqu'à l'arrivée. Il pourrait donc y avoir encore beaucoup de suspense et peut-être même une lutte inégale à trois pour la quatrième place avec de meilleures chances pour les poursuivants.

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