Hier à 22h30, un OVNI (Unidentified Floating Object) a heurté le safran tribord du "Edmond de Rothschild" alors qu'il filait à plus de 22 nœuds de vitesse dans la nuit noire de l'Océan Austral. Le mécanisme de kick-up du safran, conçu pour ce genre de situation et destiné à éviter des dommages plus importants en relevant le safran, s'est immédiatement déclenché. En général, ce genre d'incident se solde par un gros coup de soleil, car le bateau se retrouve soudainement sans barre.
Le Français de 41 ans a toutefois pu rapidement reprendre le contrôle de son bateau et examiner les dégâts. Il s'est alors avéré que le mécanisme qui maintient le gouvernail en bas s'était cassé suite au choc. Après avoir consulté son équipe, Sébastien Josse a réussi à remettre la pale en état de marche après une action de réparation de quatre heures.
Mais cette intervention nocturne a coûté à l'ancien deuxième près de 90 milles de retard sur le leader Alex Thomson, qui accuse désormais 177 milles de retard, soit près de 80 milles de moins que le "Banque Populaire VIII" d'Armel Le Cléac'h. Pire encore, avec cet arrêt, "Edmond de Rothschild" risque de sortir de l'étroite ceinture de dépression sur laquelle les trois leaders "chevauchaient" actuellement à plus de 20 nœuds hier. C'est ce qui est arrivé hier au peloton derrière le trio, qui navigue actuellement presque dix nœuds plus lentement que les leaders. Lors de la mise à jour des positions ce matin, Josse était déjà deux nœuds plus lent qu'Armel Le Cléac'h qui le précédait. Il sera intéressant de voir si les deux leaders parviennent à creuser un peu plus l'écart.
Derrière, de la quatrième à la sixième place, Morgan Lagravière ("Safran"), Paul Meilhat ("SMA") et Jérémie Beyou ("Maitre Coq") naviguent chacun de leur côté avec des écarts plus importants vers la place suivante.
Avec beaucoup de chance, Yann Eliès (Quéguiner Leucémie"), le seul du grand peloton à avoir pu échapper à l'anticyclone de Sainte-Hélène qui tient la flotte derrière lui depuis plusieurs jours, les suit de près. Le retard de Jean-Pierre Dick, qui mène le groupe, s'élève à plus de 1600 milles. Jamais le peloton vendéen n'avait été aussi dispersé à un stade aussi précoce. Le dernier bateau à s'être élancé régulièrement, Sébastien Destremeau, a déjà plus de 3000 milles de retard.

Rédacteur Voyage